8 novembre, 2019 by

Culte des Ancêtres (1) : impressions, bilan, deuil

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Catégories: Suivre Freyja, Voie des Dieux, Voie des Esprits

(For a short English version, click here)

Sometimes all you got to do is cry.

Cela faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. D’avoir une phrase très précise qui me tourne dans la tête au sujet de quelque chose de spirituel. Est-ce que c’est un message ? Une coïncidence ? Mon autre Moi qui me parle ? Ma Brochette ? (Bien que je crois ne jamais avoir utilisé ce mot-là publiquement ici avant ; ceci vous donnera une idée) Je ne sais pas. Le temps me manque pour demander les 3 signes de confirmation requis. Pas le temps d’attendre un rêve, pas l’énergie de me faire un tirage, ni de demander à quelqu’un un tirage complémentaire… Je crois qu’en fait peu importe d’où ça vient. Je prends cette phrase et je la place sur mon cœur. Je la ressens, je la laisse se diffuser, pour saisir son message. Et je médite.

Parfois on n’est que l’ombre de soi-même. Avec les années qui passent, on évolue, on a de nouvelles priorités, on a moins d’énergie ou pas pour les mêmes choses… Si mes croyances n’ont pas changé, mes pratiques « religieuses », elles, sont très dématérialisées, voire « désintégrées » même. D’autres choses ont pris la place. J’ai dû freiner, économiser mes forces. La croyance, l’amour (pieux), restent dans mon coeur, dans cet espace intime. Mais en termes d’action, je suis limitée. En fait, avoir des pratiques mystiques ce n’est pas juste avoir des pratiques. C’est tout un mode de vie. J’avais clairement adapté ma vie pour y creuser une part non négligeable et dédiée. Mais si je n’ai pas plus ni cet espace, ni ce temps… Ça n’est pas tellement possible de maintenir ni un rythme, ni des pratiques de cette fréquence et de cette intensité. Le spirit-work c’est une forme de vocation (ou, comme dit, de style de vie).

Les temps changent. Je dois faire le deuil de cette vie-là. Le temps que je peux prendre pour moi, je le passe énormément à créer et à écrire, des choses qui sont en partie dédiées aux Esprits et aux Dieux de toute façon. Cela a toujours été une offrande pour Eux. Si je peux rouvrir la porte, leur accorder plus de temps, je le ferais… mais tout est une question de dosage. Ça serait peut-être plus sage de prioriser certaines questions de santé par exemple. Et ma vie professionnelle requiert toutes mes forces actuellement, et encore pour un temps. Alors les choses sont… réduites au minimum. Je dois gérer d’être en décalage avec cette autre image de moi, ce que j’ai pu être dans le passé. Ils sont loin les mois de Novembre où je faisais une cure de silence, des cycles quotidiens de prières, de pratiques d’écriture avec les Ancêtres, des fêtes des morts collectives et personnelles, des associations avec la lune… La transition octobre / novembre était souvent mon mois le plus chargé et le plus intense de l’année.

Sometimes all you got to do is cry.

Aujourd’hui, « je n’ai plus que mes yeux pour pleurer ». (Une phrase à prendre dans un sens métaphorique.) Aujourd’hui, meurtrie en différents endroits, il faut accepter une phase de vulnérabilité et de transition (ce qui n’est pas vraiment valorisé dans le milieu païen en ligne). Alors ce que je peux faire… est très peu. Soit. Mais je peux le faire, je peux prendre 10 minutes. M’assoir devant l’autel plein de poussière et m’y connecter. Être présente et m’ouvrir, le regarder vraiment. En jauger les équilibres et les déséquilibres, et modifier les placements. Faire circuler un peu d’énergie, et infuser chaque geste que je fais avec une intention marquée. Pour que chaque geste soit chargé, que chaque geste compte, puisque je dois les économiser. C’est être plantée là, et réfléchir à qui je souhaite appeler, honorer, et ce que je pourrais leur offrir. Alors, remplir quelques bols d’offrande, allumer deux bougies avec parcimonie (je vous renvoie ici à ce sujet), allumer un peu d’encens. Et regarder encore pleinement, sentir, voir briller.

Prendre ce temps et l’offrir, prendre notre énergie et la dédier à ce moment. Ça compte. Offrir sa concentration, et pratiquer sa présence dans l’instant. Être ouvert. Ca n’a l’air de rien, mais c’est un retour à la base. Aussi, il faut accepter que parfois rien de « constructif » n’en ressortira. Mais on a pris le temps, et on a fait. Il y a effectivement des choses qui se passent une fois rendue là. Mais… ce qui remonte est très flou. De la tristesse, de la peur, de la confusion ? Un maelström d’émotion qui vient des tripes, masse informe ou inconnue, dont je n’arrive pas à identifier la forme. Mais la première étape c’est déjà d’être justement, de prendre le temps de faire cette pause, et de ressentir ces choses. De les accueillir, même quand c’est flou, même quand c’est désagréable. Même si ça n’ira pas plus loin cette fois. Même si ça ressemble à une forme deuil de personnes disparues depuis plus de 15 ans et que c’est derrière nous. Même si c’est le deuil d’une forme de soi-même a l’air débile (au pire), ou immature (moins de jugement).

Après tout… j’en connais Une qui m’interpellerait à l’idée que les larmes ne sont pas des offrandes précieuses qui peuvent transmuter ou être transmutées. Freyja m’a mieux appris.

[Jeu sur la photo : l’Oracle des Runes de Gulliver l’Aventière et Lyra Ceoltóir]

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