Pistes de réflexions posées en 2013, sur le blog originel “La Voie des Dieux”. Je commence à trier et importer les archives.

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Je remercie Péma pour avoir jeté un pavé dans la mare, et contre toute attente, je me suis sentie « piquée » pour écrire un petit morceau ici. Je vous conseille de lire d’abord son article, surtout que je vais en dériver pour exprimer d’autres idées qui me sont venues en lisant le sien.

En fait la question d’un appel spirituel est particulièrement dense. Il y a plein de petites idées ici et là qu’il faudrait défricher, et je vais balancer ici des pistes, quitte à ce que ça soit très schématique. Mais en gros, c’est un mythe : le terme est inadéquat, et les conceptions qu’on s’en fait aussi.

Il y a de nombreux types d’Appel, et pas qu’un seul :

  • Si vous êtes une personne spirituelle, que vous cherchez à développer une relation à une transcendance, à la nature, au sacré…. Vous pouvez considérer que c’est déjà un appel. Vous êtes déjà « éveillés ». Pas au sens « vous êtes la frange supérieure de l’humanité qui va nous guider vers la prochaine ère » (connerie New Age en vue), mais tout simplement au sens plein et matériel : vous vous êtes réveillés à votre propre sensibilité. Vous sentez des choses immatérielles, ou vous sentez une attirance pour d’autres questions, d’autres paradigmes.
  • Il y a bien des gens qui sont choisis par des entités (dieux, esprits), qui ont une marque particulière sur leur chemin et leur vie. Oui, ça fait d’eux des êtres « à part », mais ça n’est qu’une catégorie de plus, de la même façon qu’ils seront blancs, noirs, grands, petits… Et ça n’est pas soudain comme un éclair, un matin on passe d’un athéisme pur à une croyance en Dieu, ou devenir en une seconde un dévot de la Déesse alors qu’on était chrétien…
  • Il n’y a pas que des gens élus. Nous sommes tous là, et nous pouvons tous faire nos choix. Sari soulèvent un point très important : l’action. Il faut travailler, et de la même façon que les élus ne se sont pas révélés en un jour, ils étaient probablement déjà engagé sur une voie, les autres aussi, tout le monde cherche. Cherchez ce qui vous fait vibrer, et suivez le. J’aime sa notion « d’appel du coeur ». Comme une passion profonde.
  • D’ailleurs il y en a forcément d’autres, des catégories, des définitions.

Personne n’a donc besoin d’être Appelé d’une façon spéciale pour être et vivre. Nous le sommes tous en fait, chacun à notre façon. On peut penser que certains auront une foi et des alliés plus « puissants » (je dirais plutôt plus efficaces) parce qu’ils ont été appelés au sens le plus commun (celui du centre, l’élection). Mais ça n’empêchera personne d’autre de marcher dans une voie si elle lui plaît et si les divinités répondent.

Il est important de noter aussi que tout le monde ne sait pas lire les signes, tout le monde n’entend pas les dieux… Comment faire alors ? Et bien on revient au problème de la définition : vous saisissez un appel plutôt que de le recevoir. Vous pouvez choisir, et avancer de façon volontaire. Le problème vient pour moi de confusions et de préjugés sur la tension réceptivité, passivité / action.

  • D’une part, tout le monde doit faire son boulot, la spiritualité n’est pas être assis sur un rocher et attendre. Même dans les formes les plus épurées de spiritualité qui n’impliquent pas de divinités etc… il y a une recherche. Intellectuelle, émotionnelle, etc. Il s’agit de se connaître (« connais-toi toi-même », et oui!), de trouver ce qui résonne en nous, ce qui nous correspond, et donc de chercher des voies. Ce qui ne correspond pas on le retire, ce qui nous correspond on le garde.
  • D’autre part, dans le paganisme, il y a un culte de la réceptivité et des facultés extra-sensorielles… mais ça veut dire quoi, ceux qui n’en ont pas sont condamnés à ne jamais pouvoir rien faire ? Ben non, ils font ce que bon leur chante ! ^^ Si on ne ressent pas les Dieux, ça ne pose pas de souci. Aux dernières nouvelles, à moins d’être amputé ça n’empêche personne de rendre un culte, de dresser un autel, de faire des offrandes, si c’est ce qu’il souhaite et ce qui lui parle. Ni à quelqu’un de se dire que si le chamanisme résonne avec lui, il va aller fouiller dans cette direction. Et s’il n’a pas entendu l’esprit du loup lui dire… Ben, on s’en fiche !

J’aime la conclusion de Péma aussi, qui rejoint quelques idées soulevées sur un autre blog, et un gros débat actuel sur la sphère anglophone : tout ça manque franchement de liberté et d’assurance. Chercher à faire comme autrui, pourquoi faire ? Chercher à être légitime… pourquoi faire, pour qui ? Soyez vous, et seulement pour vous.

EDIT : pour les courageux qui veulent explorer la question encore un peu plus avant, un autre point de vue sur la question qui me rejoint totalement.