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Questionner la figure de la sorcière avec le Literary Witches Oracle

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Catégories: Parcourir les séries vidéos

Introduction

Je poursuis la réorientation des ma chaîne avec des vidéos qui ne nécessitent pas de posséder les jeux pour en comprendre le contenu ou pour en tirer quelque chose. Les jeux sont un support qui me sert à réfléchir et à aborder des sujets transversaux. Dans l’avenir j’aimerais donner un titre à cette série, mais pour l’instant je n’ai pas encore trouvé.

C’est la première de cette série, et contrairement à une review où je sais exactement de quoi je dois parler (tailles des cartes, textures, boîte, livre, défaut, sérieux, thème, …), celle-ci par d’idées principales, mais je développe en improvisation à partir du support. Cela produit deux effets : c’est difficile de me cadrer au niveau du temps (limiter la durée), et c’est très difficile de ne pas faire de blancs (hésitations, « euh », etc). J’espère faire mieux dans l’avenir, ça demande beaucoup de travail sur soi. Mais je ne me sens vraiment pas de rédiger un script entièrement et de le lire en vidéo ou de le réciter, ça perdrait le côté vivant que je souhaite justement garder sur ma chaîne.

Dans cette vidéo, je vais donc  :

  • rester sur le sentier offert par le livre, et non débattre TOUTES les définitions de la sorcière ;
  • réfléchir au sens des mots et des métaphores employés ;
  • questionner et non donner un avis définitif.

Informations techniques

  • Je m’appuie ici sur le livre publié en 2017 « Literary Witches », dont est tiré l’oracle (2019).
  • L’autrice est Taisia Kitaiskaia, et l’illustratice Katy Horan.
  • Lire des extraits du livre sur Lithub.
  • Bonne nouvelle pour la communauté ! Il a été traduit en français aux éditions Autrement : « Les sorcières de la littérature« .

English-speaker ?

I’ll post a summary of the video in my English section in a week or so.

 

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Ressources fiables sur les Oghams

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Catégories: Banques de ressources thématiques

Un premier mot un peu sombre : je suis navrée mais je ne connais à l’heure actuelle aucune ressource sérieuse en langue française. Beaucoup trop de livres traduits sont des livres pseudo-païens, à tendance New Age, remplis de fausses idées (ex: les ogams correspondent uniquement à des arbres) et d’aberrances (ex: le « calendrier celtique des arbres » qui n’existent pas, au sens où il n’a aucun fondement historique, c’est une invention du 20e siècle ; un article de Peter B. Ellis à ce sujet). Les articles et livres que je suis allée chercher qui partent vraiment de la matière historique et culturelle, qu’ils soient contemporains (païens) ou universitaires, sont tous en langue anglaise.

1°) Source numéro 1 : Erynn Rowan Laurie.

Erynn est une américaine de la côte ouest des USA, qui est à la fois une polythéiste majeure de notre époque, et une chercheuse indépendante. Elle est à l’origine du mouvement reconstructionniste celte. Elle écrit depuis de nombreuses années autant sur la phisophie, la théologie, les pratiques religieuses Celtes, ainsi que certaines divinités (Brigid), la poésie celte, et autres thèmes spécialisés. Elle a énormément d’expériences et de corde à son arc, mais je me suis arrêtée à ce qui concerne directement les ogams. Pour en savoir plus sur Erynn, je vous renvoie à sa biographie. (Vous trouverez notamment plusieurs articles majeurs sur son site)

Erynn a donc écrit LE livre à mettre en toutes les mains, moderne et païen. Il est recommandé par les polythéistes irlandais y compris reconstructionnistes : « Ogam: Weaving Word Wisdom« . Ce qui est doublement important, c’est qu’une personne de cette rigueur cite ses sources, donc on a bien entendu à la fin du livre une bibliographie sérieuse et complémentaire. Notez que l’autrice vous encourage vivement à boycotter Amazon pour soutenir les petites libraires indépendantes ; en ligne, orientez-vous directement vers le site de sa maison d’édition « Immanion Press« . Contrairement à ce que les gens pensent, ce livre est également une excellente illustration du fait qu’être reconstructionniste ça n’est pas reconstruire le passé à l’identique : toute la fin du livre proposer une méthodologie de travail moderne à partir des sources du passé.

Notez qu’elle a également publié un « petit » pdf de 42 pages sur son site : « Not Your Mama’s Tree Ogam« . C’est le prélude au livre qui précède, qui se concentre sur la divination avec les Ogams. Il est disponible tout en bas de cette page (cliquez sur l’image pour aller vers un lien paypal).

2°)  Autre source contemporaine majeure : Lora O’Brien.

Prêtresse de Morrigan et « draoi » irlandaise, c’est une autre des personnes à l’approche réellement historique et rigoureuse. Elle s’est mise à rassembler ses recherches et à les proposer sous forme de formations en ligne, avec à la fois supports écrits et vidéos (Irish Pagan School). De fait, ses meilleures ressources (les plus approfondies) payantes, mais elle passe également une grande partie de son temps à donner des ressources gratuites en ligne, dont voici quelques exemples qui nous intéressent :

Je sais que ses ressources vidéos ne seront pas accessibles à tout le monde car elles demandent d’avoir un bon anglais oral, pour comprendre son accent et ce qu’elle dit. C’est pour cela que j’ai placé le livre d’Erynn en premier, support qui est généralement plus accessible.

[Dernière mise à jour : 19 février 2020]

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Cross + Heart, Croix et Coeur

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Catégories: Fragments poétiques

[You’ll find here just below the photo the fragment in English. Click here for the text’s English introduction on Instagram.]

Parmi les textes qui sont dans mes tiroirs depuis des années, il n’y a pas que des essais ou des témoignages sur le polythéisme. Il y a également des fragments poétiques thématiques, plus ou moins évidents. J’ai un recueil entier qui est déjà rassemblé, mais qui n’est pas achevé car je sais que l’anglais n’est pas accessible pour tout le monde, donc le projet est de proposer une version entièrement bilingue (et ce d’autant plus qu’une partie de mon public polythéiste est plutôt anglophone). J’en ai publié quelques extraits sur Patreon. Aujourd’hui une publication ici, d’abord dans sa langue d’écriture (anglais). Mais la traduction française a été ajoutée en dessous.


Deck: Story in Color Lenormand by @thetruthinstory.

A trail on my heart
The dark viscousness of melancholy
A cross in my back
Why do I keep this burden?
But the shadow behind my back
Is alive
And looks back at me
I get a glimpse of Her face
But already She is gone

Red is the explosion within my heart
Red my blood pumping
Red the blood flowing
The life, the joy

« Give me your fears »
She once said
And She is there in the shadow
She is my Shadow
Light and shadow dance
The warrior’s dance
Red black red
Red red red
Follow the Heart
Always follow the Heart.

***

Une trace sur mon cœur
La poisse sombre de la mélancolie
Une croix dans mon dos
Pourquoi est-ce que je garde ce fardeau ?
Mais l’ombre derrière moi
Est vivante
Elle me regarde
J’aperçois son visage un instant
Mais déjà elle est partie

Rouge est l’explosion qui jaillit dans mon cœur
Rouge mon sang qui pompe ?
Rouge le sang qui coule
La vie, la joie

« Offres-moi tes peurs »
A-t-elle dit un jour
Et elle est toujours là dans l’ombre
Elle est mon Ombre
Lumière et Ombre dansent
La danse guerrière
Rouge noir rouge
Rouge rouge rouge
Suit le cœur
Suit toujours la voie du cœur

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Présentation du White Fox Oracle

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Catégories: Présentations de jeux, White Fox Oracle

Pour celles et ceux qui me suivent depuis un peu plus d’un an, vous n’aurez probablement aucune surprise dans cette vidéo sur le White Fox Oracle, qui vient répondre à la demande d’un autre public, avec un autre support de contenu. Mais c’était l’occasion de répondre à la demande des abonné.e.s qui aiment l’audio/la vidéo. Pour les autres, vous pourrez au moins apercevoir le jeu dans sa version définitive kickstartée ! (et puis dans ma version bêta imprimée).

Pour retrouver tout ce que j’ai pu écrire sur ce jeu, vous avez une catégorie intégralement réservée au White Fox par ici.

**English** Note that if you follow the link above, inside the articles in French, you’ll always find links to my Instagram post about the deck which are written in English. EDIT: Also! I had forgotten, I’ve written a review here in English for you!


(photo officielle)

Informations techniques

Année de création : 2019.
Campagne Kickstarter : octobre 2019.
Date de parution : Janvier 2020.
Editeur : jeu indépendant.
Artiste et auteure : Sabine Cazassus, aka « Zedoras ».
Langue : bilingue fr-eng
Type de jeu : oracle propre à l’artiste ; 50 cartes ; petit livret broché avec couverture couleur + petit guide en ligne.

Page de la campagne kickstarter : https://www.kickstarter.com/projects/sabcazas/the-white-fox-oracle
Page officielle : https://www.zedoras.net/whitefoxoracle

Vidéo de présentation

Résumé des informations principales de la video :

Positionnement éthique

Pour rappel, j’en avais parlé ici et sur Instagram, j’ai collaboré avec l’artiste sur ce jeu, mais notez bien la chronologie :

1°) je ne suis pas co-créatrice du jeu, Sabine est venue vers moi quand elle l’avait déjà entièrement créé. Ce qui m’a été demandé comme travail est un « bêta-test », une analyse du jeu, de ses possibilités, de ses réponses, de sa structure, de sa personnalité, etc.

2°) Je n’ai pas été rémunérée pour ce travail. Nous sommes venues l’une vers l’autre d’un commun accord, parce que nous adorons nos travaux respectifs. Je l’ai fait par plaisir et avec honneur. Je n’ai obtenu aucune contrepartie pour ce travail, ni pour parler du jeu lors du kickstarter au lancement, ni à la sortie du jeu ce début 2020. J’ai acheté ma copie du jeu avec mes propres deniers, parce que je crois fort en ce projet et que je voulais le soutenir absolument. Je vous en parle parce que j’ai envie de vous en parler, pas comme un travail déguisé (au sens où je n’ai rien à gagner dans le fait d’en parler, de diffuser etc).

Résumé des observations matérielles sur le jeu

1°) La boîte.

Elle se présente comme une simple boîte en carton de cartes à jouer, donc elle sera plutôt fragile (pourra être rayée, coins enfoncés, etc). Cependant, je note beaucoup de soin apporté dans les choix esthétiques et matériaux de la boîte. A) Le carton est à l’image de celui des cartes : il est épais, et donc plus résistant qu’une boîte en carton standard. B) Il est mat et au toucher de pêche. C) Il comporte des détails esthétiques beaux pour un rendu plutôt sophistiqué : les titres, les yeux de la Renarde, la clé au dos, et le numéro du jeu, sont réalisés en relief, dans une finition brillante. C’est extrêmement agréable à prendre en main, et cela procure vraiment au regard une belle accroche visuelle.

2°) Les cartes.

Elles sont imprimées en 310 gsm. Pour celles et ceux qui n’ont jamais eu la curiosité de chercher ce que cela veut dire, gsm = « grams per square meter ». C’est donc l’épaisseur du papier, qui se mesure au poids. Nous sommes donc ici en présence de cartes bien épaisses, et donc résistantes ! Tout comme la boîte, un toucher pêche et un fini mat ont été retenus, ce qui les rend très agréables à manipuler.

Petit détail qui tue aussi, Sabine a décidé de nous proposer une tranche colorée ! C’est devenu très en vogue il est vrai, mais souvent c’est un choix laissé au consultant, dans l’édition, on a les fameuses tranches dorées, parfois argentées, mais sinon c’est encore assez peu travaillé. Je dois dire que cela renforce deux dynamiques distincts : le côté facétieux et coloré du jeu, puis la cohérence extrême de la charte graphique.

Parlons-en, justement, de la charte graphique. Dès l’aperçu de la boîte l’artiste vous livre tout ce dont nous allons avoir besoin : du crème, du jaune d’or / orangé, du rouge, du bleu, du turquoise. C’est la palette qui s’étend sur toutes les cartes, avec bien évidemment des différentes nuances de ces teintes, et un mélange de bleu et de rouge (mauve), ainsi qu’un peu de noir. Cela donne un rendu extrêmement lisible et minimal, donc clair pour le regard, en plus d’avoir une ambiance plutôt homogène du coup.

3°) Taille.

Les cartes sont faciles à prendre en main car plutôt petites. Vous avez ici une taille standardisée que l’on appelle « poker size », soit 63mm x 88mm. Pour vous donnez une idée, les jeux « minis », que l’on trouve autant chez les indépendants que dans les grandes maisons (US Games ou Grimaud), sont plus petits que la poker size. Peut-être avez-vous déjà vu des mini Marseille ou des mini Rider Waite ? La Poker size est plus confortable, légèrement plus large. Cela permet de bien profiter des illustrations malgré tout.

A titre personnel, j’aurais justement préféré une taille un chouilla plus petite, comme ma version d’essai. Je la trouvais encore plus facile à mélanger et à tirer, plus facile à mettre dans mes poches. Je l’ai vraiment trimballé partout ce jeu-là. Pour tirer dans un café, sur un banc, dans un parc, dans le train… c’était plus facile.

Compléments non présents dans la vidéo :

Une petite note car je n’ai pas été assez claire dans la version finale de la vidéo que j’ai publiée (je l’avais dit dans d’autres essais T_T).

Ce jeu a vraiment une qualité d’impression professionnelle, et son prix est hyper correct malgré l’auto-édition (quand on achète pas « en gros » comme les éditions de masse, on ne peut pas faire descendre trop le prix). Il faut bien noter cependant qu’il y a des accrocs, cela arrive toujours : la tranche colorée des cartes a souvent « bavé » sur les faces ou le dos ; et à d’autres endroits, j’ai d’autres tâches qui ne sont pas vert-turquoise, donc il y a également d’autres encres (jaunes dans mon cas) qui ont déteint ou bavé. Peut-être une question du refroidissement des cartes avant la coupe ou autre. Ca reste un jeu indé, pas parfait ! Mais en même temps, vu ce qu’on voit de plus en plus dans les éditions grands-publics imprimées en Chine qui nous proposent carrément des cartes décentrées et mal imprimées….

Autre revues francophones

Une revue écrite par Phro Nesis.
Une revue vidéo de Majora.

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Qu’est-ce que la dévotion ?

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Catégories: Définir les concepts

J’inaugure avec cet article la difficile transition qui me mènera vers la réalisation d’un seul site central « Sur le Seuil », pour accueillir non seulement les activités tarot, mais aussi les dossiers païens, créatifs, et potentiellement anglophones. Je m’excuse d’avance de proposer un site non fini, mais la réalisation de la nouvelle architecture est très technique, et pas du tout terminée. En tout cas, voici le premier article païen sur ce site.

Ouverture

Avec ce post, j’effectue ici une transition entre la sphère Instagram, où pas mal de choses arrivent dans des stories éphémères ou épinglées, et une sphère plus durable, que je préfère situer sur les blogs. Ma consoeur Phro Nesis (NoxLux) a ouvert une série de question sur la dévotion, et pour moi cela méritait d’avoir plus d’espace pour y réfléchir. Voici en guide d’introduction ce qui lui a été demandé :

« Comment sait-on si on doit se dévouer à une divinité ? »

Extrait de la réponse de Nox : « tu peux tout à fait passer une vie heureuse de païenne sans jamais servir un dieu ou une déesse. La voie de la dévotion, c’est spécial et ça demande un engagement profond. »

A la lecture des échanges qui ont eu lieu, je me demande s’il n’y a pas une confusion parmi les nouveaux païens. Je crois qu’encore et toujours cela nous ramène vers les questions fondamentales que j’ai exposées dans l’article sur le travail sombre : avez-vous une spiritualité ou une religion ? quelle différence ? Comment les concevez-vous par rapport à ce que peut vous donner un dictionnaire et une encyclopédie ? Qu’est-ce que vous cherchez en étant païen, quel est votre but ?

Rappel de positionnement : comme je pars d’un prisme polythéiste strict (hard polytheist), forcément, pour moi la dévotion est fondamentale, et je ne vois pas comment le paganisme peut être autre chose que « dévotionnel », même si techniquement je peux imaginer qu’il existe cette option. Mais revenons-en à nos moutons.

Qu’est-ce que la dévotion ?

Si l’on reste très simpliste et terre à terre, la dévotion peut recouper deux choses : elle est à la fois une forme de ressenti intérieure (pieux / religieux) et une pratique. Dans le premier cas, il s’agit de la dévotion comme « attachement » (synonyme de piété). Nous ressentons un attachement et du respect envers des Entités (divinités). En français, on pense souvent à l’expression « piété filiale » pour illustrer ce point. Dans le second cas, au-delà du sentiment intérieur, il s’agit bien d’actions : la dévotion correspond le plus souvent à un acte de déploiement religieux. Dans le christianisme, on participe (par exemple) des messes et à divers rites religieux (culte public). Mais l’on peut aussi avoir un culte privé chez soi (un autel sur une table de nuit, des prières avant le repas, le coucher, etc). Les païens ont l’embarras du choix pour leur culte privé, sur la définition du terme « offrande », etc.

Pour moi, le paganisme est bien cela : la reconnaissance d’Entités extérieures à soi-même, envers lesquelles nous ressentons un attachement intérieur puissant, qui nous pousse à ne pas juste reconnaître leur existence mais à les honorer. Comme j’ai peur de n’être pas assez claire, je vais me répéter beaucoup : il s’agit bel et bien de mon prisme personnel polythéiste (donc une forme de biais), et pas d’une définition unique du paganisme. Je conçois le et mon paganisme comme fondamentalement religieux. Je reconnais et je vénère des Divinités.

[Note 1 : comme dictionnaires en ligne rigoureux (et gratuits), je vous recommande le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), et on trouve également le Littré en ligne.]

Se dévouer ou non ?

J’ai l’impression que la question posée par cet.te inconnu.e révèle un flou sur la définition de base, c’est pour cela que j’y reviens. Il ou elle n’est d’ailleurs par le/la seul.e puisqu’une autre personne a posé une question qui a les mêmes implicites : « Comment est-on choisi par un Dieu ?  Ou comment la dévotion se présente à nous ? »

Pour moi (selon mon prisme restreint), à cause de ce que je viens juste d’expliquer au-dessus, tout païen est forcément dévoué aux divinités, parce qu’il les reconnaît, et ressent ce sentiment interne. Je sais bien que al mise en pratique d’une routine de pratique dévotionnelle n’est pas évidente à mettre en place, certain.e.s n’y arrivent pas, mais c’est souvent le but. Il n’y a aucune nécessité d’en faire « plus », d’aller se « dédier » particulièrement à une divinité pour être païen. Dans cette question, je vois un mélange entre le terme dévotion, et l’expression « être à la dévotion de » ou « être dédié à ». C’est uniquement dans le second cas qu’émerge la notion de service. Êtes-vous là pour simplement développer votre vie en tant que païen dans le monde ? Ou êtes-vous là pour offrir des services aux divinités ?

Évidemment, ce sont des simplifications, car chaque mot possède différents degrés de signification. La piété peut contenir l’idée d’attachement aux pratiques religieuses, et cela peut ressembler donc à une « dévotion servile ». Je crois que c’est le placement d’intention qui fait la différence. On a le droit d’être un fervent dévot, d’être attaché aux pratiques religieuses, sans pour autant être au service. On le fait pour soi, parce que notre sentiment d’affection/respect déborde, mais on ne le fait pas forcément pour servir.

Personne ne « doit » rien à l’origine. Chacun fait son chemin, selon ses besoins et envies. Après, selon que vous êtes plus ou moins sensibles, plus ou moins polythéistes (les divinités sont « réelles », externes et avec une volonté), vous pouvez ressentir un besoin qui vient de l’extérieur de vous. Mais tout cela se nuance et s’étudie. C’est un autre tiroir que l’on pourrait ouvrir sur le sujet des perceptions extra-sensorielles dans le paganisme (qui a eu lieu à l’époque dans la sphère anglophone notamment avec les débats sur « lay pagan » ou « blind pagan« ). Tout le monde n’entend pas, ne voit pas, etc., les Dieux dans la vie courante. Est-ce nécessaire pour être païen ? Bien sûr que non.

Je pense qu’il est intéressant de rappeler ainsi qu’une divinité peut avoir un rôle particulier dans votre cheminement ou dans vos croyances, mais que ça n’est pas obligatoire. L’idée de se dévouer / dédier à une divinité est plutôt à rapprocher des concepts de « divinité patronne » (très à la mode en 2010) ou « tutélaire » (moins chargé). Cependant, ici on ouvre encore un très vaste débat, attenant à la dévotion, mais qui doit être tenu pour lui-même.

Aller chercher des ressources

En réfléchissant sur les stories de Nox, pas mal de souvenirs me sont remontés en tête. Je ressens une forme de perplexité face au gouffre qui sépare les païen.nes en ligne de 2010 et celles et ceux d’aujourd’hui. Ces questions avaient été largement explorées par la communauté sur les blogs, forums, listes de diffusion etc. Comment se fait-il que l’on redécouvre ces questions aujourd’hui comme si elles n’avaient jamais été posées ? Cela m’intrigue, me perplexifie même souvent, face à la pérennité des informations et des supports. On pouvait trouver plein de choses en ligne gratuitement, sans avoir à acheter des livres. On trouvait des témoignages variés, pour avoir différents prismes. J’ai l’impression qu’une partie des ressources sur la dévotion païenne s’est perdue avec les années, et que les personnes qui arrivent à la sorcellerie, la wicca, le paganisme aujourd’hui ne pensent plus à aller chercher sur les supports spécifiques employés pour débattre il y a 10 ans : les blogs. Ou alors elles sont introuvables ?

A titre d’exemple, autour de 2010 avait été lancé depuis la sphère anglophone le « Pagan Blog Project » : chaque semaine ou chaque mois une lettre, je ne sais plus. A chacun de choisir un terme qui lui plaisait. Et souvent, les gens se répondaient par blog interposé autour de la même lettre ou du même concept, c’était assez extra. Je pense qu’on a dû avoir moult « D is for Devotion » et définir chacun à sa façon la dévotion. Mais je ne crois pas avoir gardé les liens de tous les posts que j’ai lus. (Malheureusement, le site qui centralisait les thèmes, les années, les posts, a été supprimé depuis.) Chose importante, ce challenge avait été importé dans la pagano-sphère française, et je pense qu’il serait possible de réaliser une recherche pour déterrer tout ça. Le seul exemple dont je me rappelle est celui du Cairn : voyez ici l’article sur la dévotion. Voyez également son article sur les divinités patronnes ou non.

Je m’interroge sur la possibilité de retisser du lien entre deux mondes qui sont pourtant tous les deux virtuels, et qui devraient pouvoir se toucher. Notez également que cet article aura vocation à être complété avec le temps, c’est uniquement un premier pavé lancé dans la marre.

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