Tirage en 6 cartes pour l’estime de soi

Voici un tirage de l’équipe de Labyrinthos (développeurs du Golden Thread Tarot (leur plus connu)). Ce thème de l’estime de soi est pour moi très important dans une société où les critiques fusent de toutes parts. Certaines personnes n’ont pas de problème avec ça, pour d’autres c’est une réelle rééducation.

  1. What makes you amazing?
  2. What is a past accomplishment you can be proud of?
  3. What do you bring to others?
  4. What are you skilled / talented at?
  5. Why are you feeling down about yourself?
  6. How should you show yourself love?
    [Cliquez pour la source originale]

Traduction proposée :

  1. Qu’est-ce qui vous rend extraordinaire ?
  2. De quelle réalisation passée pouvez vous être fier(e) ?
  3. Qu’est-ce que vous apportez aux autres ?
  4. Dans quel domaine êtes-vous doué(e)?
  5. Qu’est-ce qui déprime à votre sujet ?
  6. Comment devriez-vous vous montrer de l’amour à vous-mêmes ?

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Quelques rééditions à venir en 2019

Plusieurs jeux épuisés très importants pour l’histoire du tarot récente vont être réédités dans l’année à venir. C’est une affaire à suivre, j’ai glané seulement quelques graines à droite et à gauche.

The Intuitive Tarot de Cilla Conway.

Un tarot coloré mais pas trop contrasté, aux formes à la fois géométriques et sinueuses, bourrées de symbolisme. Merci à @Tarotmap sur Instagram de nous avoir prévenus. Pour l’instant je n’ai rien trouvé sur le site de l’artiste.

Source photo : https://tabi.org.uk/2018/08/interview-with-my-deck-the-intuitive-tarot/

Le Slow Holler Tarot

Un tarot queer du sud des USA, présentant une vision non binaire et des représentations complètement originales et renouvelées du Rider Waite Smith. Tarot répété « cru », « brut », je ne saurais pas le résumer… Il ne camouffle ni la nudité du corps, ses poils, son sang, ni la matérialité de la Terre et ses créatures, etc. Quatre teintes dominent le visuel du jeu : le blanc, le rouge, le doré et le noir.
Source : photos officielles du site.

Le Thea Tarot

Merci Cathou d’avoir relayé cette info. Un grand classique du milieu féministe et lesbien, publié en 1984. Je ne suis pas la meilleure personne pour en parler, mais c’est un pilier de ce milieu.

Source : précommandes sur https://littleredtarot.com/product/theas-tarot/

 

(Review) Revue du « Universal Wisdom Oracle »

(photo officielle de Blue Angel Publishing)

Auteur : Toni Carmine Salerno
Illustrateur : Toni Carmine Salerno.
Editeur : Blue Angel Publishing.
Année : 2004
Type de jeu : Oracle, 45 cartes.
Prix : 29.95 AUD. En France entre 22 et 24 euros selon les enseignes.


(photos officielles de Blue Angel Publishing)

La revue écrite en bref

J’avais toujours observé de loin les travaux de Salerno, et j’y voyais pas mal de soucis et d’ambiguïté. Certaines toiles me renversaient complètement, d’autres étaient brouillons, naïves. Lorsque j’ai eu l’occasion, sans faire de gâchis, j’ai voulu voir par moi-même de quoi il retournait plutôt que de critiquer de loin. Je me suis laissée la possibilité de me rendre compte que j’avais tort, que je me trompais sur des impressions non renseignées. Au final, il s’est avéré que mes impressions étaient plutôt justes :

  • une hétérogénéité dans l’exécution des toiles, certaines bien travaillées, d’autres beaucoup moins ;
  • une omniprésence des femmes, essentiellement nues, assez dérangeante ;
  • beaucoup de répétition de thèmes à traiter et de motifs ;
  • des thèmes New Age de bas étage ;
  • un livret inégal.

Et pourtant, ce jeu possède aussi des qualités :

  • il y a des toiles abstraites somptueuses, et des toiles dont la matière artistique (couleurs et textures) me chamboule ;
  • la qualité de cette publication Blue Angel est vraiment correcte (boîte très solide, bonne impression des cartes, livret correct).

En résumé : je suis coincée entre deux chaises car j’aime beaucoup l’art de cet homme, mais il travaille des thèmes (new age) qui sont à l’opposé ce mes croyances ou de ce que je suis. Probablement qu’il faudrait plutôt pour moi acquérir des lames à l’unité (cartes postales par exemple), pouvoir sélectionner uniquement celles qui me plaisent, et pas les autres… Mais pour l’instant je n’ai jamais trouvé cette possibilité.

La revue en détails

Accrochez-vous car on va tout décortiquer. Je me sens d’autant plus tenue de le faire que je critique ce jeu, et que je cherche à démontrer tout ce qui ne va pas. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pu prendre le temps d’aller aussi en profondeur, mais c’était ce qui m’intéressait le plus quand j’ai commencé à écrire des reviews en 2012-2013.

1°) L’objet carte :

- La taille : les cartes grandes, en ce qu’elles sont plus larges que des cartes de tarot, mais demeurent assez classiques pour des cartes d’oracles. Elles sont également plus épaisses que des cartes standard de tarot, mais pareillement, c’est assez classique pour des cartes d’oracle. Rien qui ne sortent de l’ordinaire.
- L’impression : de type glacée / vernie
- Le dos : ce papillon assez classique dans sa représentation, assez étrange pour le thème du jeu. A mon avis assez inapproprié (en termes de logique, par rapport au thème du jeu et des cartes), en tout cas ça ne correspond pas à mon goût. Ne se retournent pas pour celles et ceux qui aiment employer des cartes renversées.
- Qualité de mélange/ glisse : leur taille ne pose pas de soucis particulier à mélanger, côté texture par contre, ça n’est pas spécialement agréable non plus. Les cartes ne collent pas exactement entre elles, mais ça adhère très légèrement, ça ne glisse pas particulièrement.

2°) Le contenu du livret :

- L’introduction (message de l’artiste) : on nous propose ici une introduction vraiment courte, qui nous explique rapidement comment utiliser les cartes ; cette partie est rédigée par Denise Harradine, dont le nom n’est cité nulle part sur le site de Blue Angel et sur tous les autres sites de vent… ça n’apparaît pas non plus sur la couverture, pour moi c’est un peu irrespectueux. Ensuite 4 petits tirages sont proposés.
- Le traitement des cartes : assez succinct. Chaque carte possède une double page, mais pas toujours. La taille et de la police et les grandes marges font que ça n’est pas non plus très dense en texte.
- La facture du livret : Il est plutôt bien imprimé, ce n’est pas une agrafe comme un livret blanc, mais bien une reliure au dos « carré-collé » (broché). L’impression de l’encre est correcte et propre. Les pages sont bien numérotées (jusqu’à 110 environ), et c’est un détail que j’apprécie toujours personnellement, sans trop m’expliquer pourquoi ; les livrets sans numéros de page me perturbent. Dois-je le préciser aussi, il est intégralement en noir et blanc.

- Que dire de la qualité du contenu ? Honnêtement c’est très moyen… Irrégulier, voire incohérent.
Si la qualité matérielle du livret est plutôt bonne, son contenu laisse franchement à désirer selon moi. Il est entièrement inégal, toutes les cartes ne reçoivent pas le même traitement et la même profondeur, sans parler du fait que la typographie et la mise en page accentuent des confusions. En effet, les petites phrases poétiques sont tantôt en premier, tantôt en dernier ; et elles sont de la même forme de police que les simples phrases résumées. Visuellement il n’y a aucun moyen de faire la différence ! (tout est en gras italique) Du coup, on peut s’attendre à une phase poétique, et recevoir un simple résumé plat de la carte en deux lignes. Aussi, les messages sont trop génériques, pas toujours en profondeur par rapport à la carte ; on ne sait pas pourquoi cette illustration spécifiquement, ni ce titre de carte. Personnellement je trouve ça absolument frustrant, car cela n’apporte… pratiquement rien. Du coup à quoi bon avoir un livret ?  Une note importante : cela n’est expliqué nulle part dans le livret ni sur la boîte, et pourtant j’ai lu parfois en ligne dans des reviews qui disaient que c’était un jeu d’affirmation, qui proposaient des exercices quotidiens et des mantras… C’est tout simplement faux en fait. C’est fastidieux à faire, mais j’ai pris le temps de faire, regardez avec moi. Quand on prend le temps de regarder le livret et de compter, on peut classer les cartes dans les catégories suivantes :

Recensement des cartes qui possèdent un mantra – affirmation, seulement 2 au final !

  • 1. Abundance
  • 2. Magic Tree

Recensement des cartes qui possèdent quelques lignes poétiques :

  • 1. Blue Angel (pronom « I »)
  • 2. Butterfly Wings (pronom « you »)
  • 3. Compassion (pronom « you »)
  • 4. Earth Song (impersonnel)
  • 5. Healing (pronom « you ») – cette carte est un OVNI d’ailleurs, car le texte n’est pas descriptif, c’est une lettre qu’un être supérieur vous adresse directement, vous parle ;
  • 6. Luna (pronom « you ») : n’a pas de texte descriptif ! C’est la seule carte qui ne comprend que des « vers » poétiques
  • 7. Raphael  (pronom « you »)
  • 8. Rest (impersonnel)

Il faut faire la différence entre les lignes poétiques, et les introductions de cartes. Elles n’ont pas été marquées différemment dans le livret, tout est uniformément en gras et en italiques, alors que ça ne remplit pas du tout la même fonction. C’est pour cela que je trouve le livret incomplet et confus. Les cartes suivantes possèdent bien énoncé en italiques, mais il ne propose aucune poésie ou méditation, il s’agit d’une sorte de phrase qui résume le sens de la carte :

  • 1. Dreaming Heart  (pronom « you »)
  • 2. Magic Tree
  • 3. Meditation
  • 4. Music of the Spheres
  • 5. No More Wounds
  • 6. Om
  • 7. Release
  • 8. Rose Quartz
  • 9. The Universe

Les cartes qui proposent réellement des exercices :

  • 1. La carte »Abundance » propose un exercice de respiration ;
  • 2. La carte « Aradia » propose des lectures ;
  • 3. La carte « Blue Angel » propose de prier et parler à l’archange Michaël ;
  • 4. La carte « Creativity » propose de tenir un journal, voire un journal créatif ;
  • 5. La carte « Lady of the Rose » propose un exercice de respiration / méditation… au final c’est toujours la même chose en fait ; une méditation qui consiste à respirer et faire le vide ;
  • 6. La carte « Love » demande de visualiser / ressentir la connexion à tous les êtres vivants, la pulsation de vie, et les éléments ;
  • 7. La carte « Om » possède une courte méditation guidée ;
  • 8. La carte « Release » possède une visualisation guidée et une prière à Michaël

Outre ces problèmes de forme, on continue dans l’inégalité de traitement et l’insuffisance. Je disais plus haut que les messages explicatifs des cartes sont vagues, et en regardant le détail pour la revue, je me rends compte que c’est encore plus problématique : au final, quand on prend le temps de regarder le jeu carte après carte, page après page, il y a trop de répétitions dans les thèmes et les exercices. C’est trop général, et le jeu a l’air de dire toujours la même chose !  En gros, tout n’est qu’amour et lumière ; il faut se libérer de ses peurs ; nous sommes des êtres créateurs, … C’est cela que j’ai évoqué dans la vidéo, et que je vais détailler plus bas, quand je parle du problème des âneries New Age sur la guérison et l’excès de positivité. Regardez les introductions de carte comme celle de « Lilac Mist » : « Your life is always perfect ; you are always at the right place at the right time. » Tout va bien dans le meilleur des mondes, que vous avez des dettes ou le cancer, tout va pour le mieux… Quant aux exercices, la phrase qui accompagne « Lost in Your Own Equations » résume très bien le problème : « Meditate and focus on the beauty inside you. Open your heart and experience the overwhelming love that exists within and around you. » On vous dit « méditez » mais on ne vous dit pas comment ; on vous dit directement quoi ressentir, « amour », mais pas vraiment à quoi ça ressemble. C’est une forme d’injonction creuse. Aussi, le titre de la carte était pour une fois intéressant, plutôt original (« vous êtes perdus dans vos propres équations »), mais le message du livret lui va complètement à rebours de cela, et retombe sur un message d’amour New Age planplan, sans aucun rapport.

3°) Le problème de l’ambition du jeu

Je crois que certains auteurs et éditeurs sous-estiment énormément les implications de détails autour d’un jeu : son thème général, et son titre. Est-ce que c’est parce que Blue Angel Publishing considère que plus c’est vaste, plus ça attirera d’acheteurs ? Je trouve personnellement que c’est se tirer une balle dans le pied… Mais peut-être que je sous-estime la politique New Age de Blue Angel ? (ça me demanderait de faire des recherches approfondies sur BA, et ça demanderait un temps fou, que je n’ai pas en plus de cette review ^^’) Un thème et un titre, cela crée nécessairement quelque chose dans l’imaginaire de votre consommateur, et donc des projections, des attentes. Même si on part du principe que l’achat ne va pas être compulsif, juste à la vue de la couverture et de quelques cartes, il faut avoir une quatrième de couverture (le texte au dos d’un livre, ou d’un jeu) très explicite et précise, pour donner au lecteur futur acheteur un complément d’information qui va confirmer ou infirmer les impressions du titre et de la couverture. Ici pour moi c’est l’ensemble du produit qui est raté : titre + couverture + thème + dos des cartes.
 
Parlons-en.
 
A) Le titre : « Universal Wisdom Oracle », que veut-il dire ? C’est très vaste (universel, sagesse), donc très vague et confus, mais aussi très pompeux. La sagesse universelle vraiment ?
 
Le terme universel : son sens premier veut dire qu’une chose est valable en tout lieu et en tout temps. Applicable à tout le monde aussi. Prenons un exemple simple. Oui, certains « symboles » peuvent être universels : le symbole du soleil se retrouve partout dans toutes les cultures. Parce qu’ils n’est pas abstrait, il recoupe une réalité tangible : un astre, sa lumière, et sa chaleur. Il n’y aura pas de culture où le soleil va signifier le froid, ça serait absurde. Par contre, est-ce que c’est positif ou négatif le soleil ? Et bien on ne pourra pas trouver de signification universelle ! (c’est à dire valable partout) : dans les pays du nord, qui ont parfois très peu de soleil au cours de la journée en saison froide, sa venue sera très très appréciée. Le soleil, la chaleur, nous réchauffe, réchauffe la terre, les plantes, et permet les cultures. Mais dans les régions tropicales ou désertiques, le soleil peut être dangereux : on peut faire une insolation, mourir de soif, voir brûler les cultures…   Notez ici que j’ai été plutôt conciliante. J’ai parlé de « symbole » universel (parce qu’on est ici dans un domaine visuel, cela me semblait s’imposer). Or un symbole ça n’est pas la même chose qu’une « sagesse », qui est censé être quelque chose d’abstrait, qui a trait à la « vérité ». Et là je pense qu’avec ce terme vous vous souviendrez aisément du fait que la notion de « vérité » est extrêmement problématique. Une vérité ou la vérité ? des vérités ? On baigne dans la question de l’unique vs le multiple, et de la notion de relativité. Comment est-ce qu’une vérité pourrait être applicable partout dans le monde, à toutes les langues / cultures / religions ? Je pense que vous saisissez le problème. Par conséquent, choisir un tel titre, cela revient à prétendre qu’une sagesse universelle existe, et, doublement, que l’on va réussir à la dépeindre. Donc c’est ambitieux au mieux, mais selon moi plutôt prétentieux et mensonger.
 
On pourrait objecter qu’un deuxième sens possible à « universel » serait ce qui a trait au cosmos. Mais comment définir le cosmos ?  le ciel ? Un peu restreint s’il s’agit de notre ciel bleu et de ce qui s’y rapporte (les nuages ? les oiseaux ? le vent / la météo ? ). Alors plutôt la galaxie ? les corps célestes, planètes, étoiles, et divers phénomènes ? Mais qui de sagesse + universelle dans ce cas-là ? Je trouve que le sens du jeu n’en serait pas plus clair. C’est tout aussi flou et inapproprié. Finalement, on emploie parfois le terme universel / cosmos comme un raccourci pour parler de ce qui touche à la terre. Et là, on aurait pu déjà être plus concret. Sauf que je pense qu’il demeure nécessaire de définir par des mots un champ d’action précis. Sagesse de la terre ? A ce moment-là, on ne dit pas que ce sont des vérités de terre valables partout pour tout le monde, mais bien que ce sont des valeurs et vérités qui sont empruntées à toutes les cultures sur terre ? Ca serait plus clair, mais ça reste ambitieux.
 
En conclusion, il y a un travail d’édition à faire. Une quatrième de couverture au minimum. Au mieux : une quatrième de couverture ET une introduction en règle au jeu. Là on a littéralement aucune explication nulle part du titre… ni de l’éditeur, ni de l’auteur. On dirait qu’il a juste peint n’importe quelle image, dans aucun ordre ni but précis, et qu’il a apposé dessus un titre sans aucun but. Pour moi… ça n’est juste pas sérieux.
 
B) L’autre souci qui se dégage du titre, à mon avis, c’est que l’équipe a conservé le flou pour éviter d’employer un terme problématique. On a écrit « universel » pour cacher « New Age ».
 
Il y a bien des thèmes qui agissent comme des « warnings » pour repérer le phénomène new age : le karma, les chakras, le Nouvel Age (l’évolution de l’humanité), la Terre Mère / Gaïa, les Anges, … Cependant, pour cela, encore faut-il pouvoir observer le détail des lames (illustrations, titres, et / ou explications du livrets). Sauf qu’à l’époque, je crois que j’avais trouvé peu de cartes et pratiquement aucune reviews pour aller plus loin.
 
Qu’est-ce que le New Age ? Pourquoi ça me pose problème ? On pourrait disserter des heures là-dessus… c’est un travail à part entière, je ne peux pas le faire ici. Je vais résumer les aspects qui me paraissent marquants. Ce « mouvement » se dit libre et éclectique, mais il est en réalité plutôt synonyme de bricolage. En effet, il correspond à une attitude de consommation capitaliste (voire colonisatrice…) : on prend chez autrui tout ce qui nous intéresse pour en faire sa propre sauce – d’où le jaillissement du concept d’appropriation culturelle aussi. On extrait des concepts qui sont partie intégrante à de grandes traditions culturelles ou religieuses, brisant ainsi leur sens, pour en faire autre chose ; on les dit « universels » (jer vous renvoie à ce qui a été dit plus haut) même quand ça n’est pas le cas, on fait des amalgames et des généralités. La preuve en est, même les anges chrétiens sont sortis de leur contexte de départ, pareil pour le Christ, et Madeleine. Très souvent on associe ainsi ces figures « dominantes » (pour qui ? pour les occidentaux souvent) avec des divinités « indigènes » (Bouddha, Ganesh…) et des phénomènes « spirituels » et « païens » (la guérison par les pierres, le travail avec la Lune, la Terre, les vies antérieures, les anales akhashiques…). Ex de lames complètement dans cette mouvance : le Bouddha, le Om, les chakras, la guérison par les pierres, la montagne sacrée Uluru.
 
Une autre idée extrêmement répandue par le New Age est que la spiritualité est synonyme de guérison et/ou qu’elle a pour but premier la guérison. Ce n’est pas le cas, c’est un abus de principe (et probablement un principe de vente marketing et capitaliste). Bien entendu, vous pouvez choisir, à titre personnel, de faire de votre spiritualité une guérison. Mais la spiritualité est avant toute chose une recherche de sens. Il s’agit d’un ensemble de croyances, non forcément rattachées à une tradition. Elle distingue la matière (corps) et de l’esprit, et réfléchit à tout ce que cela implique, acceptant que l’homme possède une âme (ce qui reste à définir). L’âme est-elle première sur le corps ? En termes de temporalité, en termes d’importance (hiérarchie). Qu’arrive-t-il à l’âme quand le corps meurt ? Meurt-elle avec lui ? Poursuit-elle sa vie ? Si oui, comment et où ? Y a-t-il dans notre monde d’autres âmes non humaines ? etc. Pourquoi je parle d’abus et de phénomène de vente ? Parce que dire qu’une idée, qu’un principe, va vous guérir, ça fait vendre. Du coup, on parle partout de votre bien être et de votre guérison, comme si c’était LA solution, et LE but premier. Utilisez-vous des tarots et des oracles pour guérir ? Vous le pouvez. Mais est-ce qu’un tarot ou un oracle est par essence ou avant tout un outil de guérison ? non. Sauf que dans ce type de communication d’édition, et de jeu, on vous bassine avec ces idées. Guérissez-vous, guérissez-vous, guérissez-vous. Vous êtes malades. Vous êtes souffrants. Etc. C’est malsain.
 

4°) Ce qui me pose problème avec les illustrations

Comme je le disais, pour moi le jeu est répétitif et inapproprié. Après avoir expliqué le problème de fourre-tout new age qui s’approprie des thèmes et les mélange, voici les thèmes majeurs du jeu qui me posent problème esthétiquement, parce qu’ils produisent une grosse répétition visuelle :
a – Cartes à thématiques chrétiennes : 8/45.
- ailes tout court  (ange + papillon)
- ailes & ange
- Christ & personnages (Madeleine, Raphaël etc)


b – De grosses répétitions thématiques voire de motifs entiers :
- le cas des femmes à fleurs + papillons (3/45)
- le cas des femmes allongées (6/45)
- les femmes arbres (plutôt d’un jeu à l’autre qu’à l’intérieur d’un jeu), ici une seule carte

Trois illustrations pratiquement identiques : un centrage sur le visage de la femme, une grosse fleur collée à son visage, deux ou trois papillons au vol similaire (même type de papillon, même nombre de points sur les ailes, même traits sous le papillon pour marquer son mouvement), même goutte d’eau / lumière sur le 3e oeil de chaque femme…

Six femmes allongées, et vous noterez donc que toutes sont nues. Les neuf autres femmes nues :

c – Le problème de Toni Salerno et du corps des femmes (15/45).
Les symboles chrétiens, ça ne me branche pas de façon général. Pourtant, je peux en faire fi c’est esthétique. Cela serait probablement passé si cela avait été traité de façon originale. Le souci c’est que là on n’a seulement pompé la thématique des anges, d’ailleurs uniquement réduits à leurs ailes. Donc on a un motif d’ailes qui se répètent partout, doublé du problème papillon. Certaines scènes sont visiblement identiques, comme un étudiant qui s’entraîne à travailler certaines postures : le cas de la femme allongée qui vous regarde ; le cas de la femme-fleur ; le cas des femmes-arbres. Et alors les femmes nues, vraiment, je ne m’explique pas…
 
Pour cette raison, j’ai longtemps hésité à écrire à propos de ce jeu car je n’ai jamais trouvé personne qui en parle… Personne ne mentionne les répétitions, le new age évidemment, et, vraiment, ça me choque que personne n’évoque le problème de Toni et du corps des femmes. Ni en anglais, ni en français, les reviews n’abondent pas, et tout le monde encense l’artiste sans se poser de questions. Je ne comprends pas cette unanimité. ll y a quand même 15 cartes de femmes nues sur 45, ce qui fait plus d’un quart ! Sur un jeu qui se prétend de la « sagesse universelle ». Pour moi ça n’avait ni queue ni tête, et vraiment aucun sens intellectuellement parlant. Réflexions en vrac :
- Pourquoi associer la sagesse et la femme uniquement ?
- Pourquoi la sagesse, et la femme nue à chaque fois surtout ?
- Pourquoi représenter toujours des femmes nues ? Qu’est-ce que cela implique ?
- Une femme est-il seulement belle quand elle est nue ?
- Que signifie choisir une carte pour représenter la « pureté » et d’y dépeindre une femme nue ?
- Quid de l’absence totale d’hommes dans les représentations, en dehors du Christ ? (ou d’un Bouddha ici)
 
Et alors le pire… Le pire ! Je suis franchement étonnée que personne n’ait mentionné cela jusqu’ici : oser mettre dans un jeu de la sagesse universelle une carte directement érotique et masculiniste dans les termes et la représentation (j’explique le concept du « male gaze » dans la vidéo).
- Pour commencer, nous nous retrouvons avec une carte nommée « Dreaming of You« . Qu’est-ce que ça vient faire dans un jeu sur la sagesse « universelle » ? Vous voyez ce que je souligne depuis le début comme énorme problème de choix de titre, de flou du thème, et d’incohérences diverses ? En quoi le titre de cette carte, « rêve de toi », relève de la sagesse ??? Pour moi c’est incompréhensible que ça ait une place ici.
- Maintenant, si l’on met cela entre parenthèse, si on accepte ce principe pour x raison, demeure le problème. Réfléchissez juste quelques instants : que vous attendez-vous à voir, visuellement, sur une carte qui porte un tel titre ? Quelles images vous viennent à l’esprit ?
- Thématiquement parlant, à la limite, il y aurait eu plusieurs possibilités d’interpréter une telle idée. Ce texte aurait pu parler du lien fort qui unit deux personnes, quelle que soti la relation. Bien que je n’y crois pas, cela aurait pu concerner les âmes sœurs ; mais cela aurait pu aussi évoquer les relations platoniques (non physiques et romantiques, mais intellectuelles) ; cela aurait pu également parler des amis qui rêvent l’un de l’autre. On aurait pu parler de communion, de fusion, d’échange, de manque… plein d’idées auraient pu faire leur apparition ici. Mais non, le texte est complètement hypocrite à ce sujet ! Elle mentionne la tristesse de perdre des proches (« friends and loved ones »), des amis (« friends ») mais sa représentation correspond au désir charnel (pour être vulgaire comme dans la vidéo : c’est un cul en gros plan là, pas une silhouette souriante). Puis elle affirme que « le corps n’est qu’une coquille qui abrite l’esprit » (« the physical body is but a shell that houses our spirit »), comment affirmer un truc pareil, et représenter un fessier en gros plan ? Pourquoi ne pas appyuyer l’illustration sur l’esprit ?
- Pour terminer, plus que toute autre carte du jeu déjà inappropriée, elle présente donc une femme nue. Et là le problème se dédouble. Dans un premier temps, quid des femmes et des hommes qui utilisent ce jeu, et ne désirent pas d’autres femmes ? Quid des personnes (hommes, femmes, ou autres) qui désireraient plutôt des hommes ? Dans un deuxième temps… le regard de cette carte est obscène, typique du « male gaze » : la carte est directement centrée sur les fesses nues de la femme. Les proportions sont déformées, comme lors d’une contre-plongée ou d’un « fisheye », et les fesses se trouvent donc en gros plan au centre de la carte, beaucoup grandes que les autres parties (effet de zoom). Une femme se résume-t-elle à ses fesses ? Le désir se résume-t-il à une seule partie du corps ? (pour information, ça frise en principe le fétichisme, même si c’est plus complexe que ça). Autre ambiguïté pour le moins : la femme dort. Autant, la femme aimée qui dort fut un cliché positif dans l’amour courtois (Moyen-Age), et plus tard dans la poésie romantique, autant une femme nue qui dort est extrêmement vulnérable. Ce regard qui se fixe sur son postérieur alors qu’elle n’en est pas consciente et qu’elle ne peut pas donner son consentement, c’est voyeur.

 
Si cette carte était isolée dans un jeu sans aucun autre problème de représentation, je l’aurais probablement prise différemment. Mais dans un jeu, créé par un homme, qui présente 15/45 cartes avec des femmes dénudées, plus ou moins zoomées, quelque soit le thème, avec aucun homme sauf le Christ ? C’est de mauvais goût. Ça ressemble à une obsession. (Et je radote, mais, ça n’a rien à voir avec la sagesse selon moi. On n’attend pas cette carte dans un jeu de ce type). Prenez d’autres exemples. Réfléchissez juste un petit peu. Il faut considérer ce dont on veut vous parler, et observer comment on vous le montre, comprendre la corrélation avec les symboles choisis. Quels rapports entre le titre du jeu, le titre de la carte, et les symboles représentés ? Les choix ne sont pas gratuits, ils veulent dire quelque chose.
== Quand on vous propose « Butterfly Wings », les « Ailes de Papillon » (déjà, c’est qui le rapport avec sagesse universelle? bon…) qu’est-ce qui va être porté comme message au centre de la carte ? Les ailes non ? Ou au moins le mouvement du vol ? Ou la délicatesse des ailes ? Dans le cas présent, la carte « butterfly wings » vous place au centre de la carte, pas à gauche, à droite, en haut ni en bas, non, au centre, c’est à dire le coeur du sujet : une femme et ses seins nus. Les ailes sont périphériques. Si elles étaient centrales, alors la femme aurait dû être de dos (ou de 3/4), et là on aurait pu admirer les ailes. Si vous placez un sujet au centre, c’est que c’est lui qui compte le plus. Donc encore du nu. Ça n’est juste pas possible.
== Idem pour la carte du quartz rose : quel rapport entre « quartz rose » et la sagesse ? Aucune explication. Quel rapport entre la sagesse du quartz rose et une femme nue ?

Le sexe nu de la femme est pratiquement au centre… Il y a même un trait blanc qui représente la séparation des lèvres. Et les textures à cet endroit, par hasard me dira-t-on, évoquent le toucher du poil pubien..
 

Les questions que je me pose en parallèle

Comment on explique tout cela ?

1°) Qui choisit les lames qui vont entrer dans le jeu ? Est-ce Toni lui-même, ou bien la maison d’édition a-t-elle le dernier mot ? Peut-être qu’elles ne sont pas choisies pour leur cohérence visuelle, ni par ordre chronologique, ce qui pourraient expliquer l’hétérogénéité que je vois. Mais alors comment est-ce qu’on ose vendre un tel produit ? comment peut-on espérer qu’il marche ? … probablement parce qu’on vend un nom (Toni C.S.). Mais dans ce cas-là, c’est doublement malhonnête. Ca n’est pas professionnel (pas du travail sérieux, j’ai fait tout ce que je pouvais pour le montrer), mais en plus c’est vraiment prendre les acheteurs pour des jambons…
2°) De quand date ce jeu ? Quelle est sa place dans la chronologie des jeux Toni C.S ? Ainsi, est-ce que cette hétérogénéité serait corrigée dans les jeux « suivants » ? J’attends de récupérer l’Oracle Gaia, et l’Oracle de Madeleine pour le savoir. A priori, leurs thèmes sont plus lisibles / clairs, et le travail visuel plus homogène. Mais je ne suis pas sûre que cela respecte une chronologie.
3°) Pourquoi j’ai acheté un tel jeu si j’ai autant de problèmes avec ?
- pourquoi j’ai acheté le jeu si j’avais autant de réticences au niveau du New Age ?
- pourquoi j’ai acheté le jeu sans me renseigner avant ?

Alors d’une part, pour ce que j’en avais vu, j’apprécie beaucoup le travail pictural de Toni Salerno. J’aime sa matière visuelle, ses couleurs, ses textures, sa luminosité. Par exemple, j’ai aimé l’Oracle de Gaïa, qui a dû être mon premier jeu de Toni. Dans ce jeu-ci, comme je le mentionne dans la vidéo, il y a des cartes abstraites que je trouve somptueuses (exemple ci-dessus). De mémoire je n’ai pas voulu m’arrêter à quelques lames qui me parlaient moins. J’ai voulu tester par moi-même, et non juste critiquer de loin. D’autre part, j’avais fait des recherches en réalité. Cependant, on ne trouve pratiquement rien en termes de photos et de reviews sur les jeux autres que l’Oracle de Gaïa. Il m’était impossible de me faire un avis décent sans avoir le jeu entre les mains. Donc malgré mon hésitation, je voulais vraiment « voir des mes propres yeux » avant de critiquer quoi que ce soit, et c’était un gros choc de m’apercevoir que je ne m’étais pas trompée en ouvrant la boîte.

La revue en vidéo

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Réflexions du moment sur mes possessions

(post Instagram original)

(English Follows)

J’explore de vieux jeux de ma collection ces derniers temps, et je réévalue ce qu’ils représentent pour moi. Est-ce qu’ils résonnent encore pour moi ? Pour mes clients ? Est-ce qu’ils sont en accord avec mes croyances et valeurs actuelles ? Est-ce que leur esthétique me parle toujours ? J’ai une longue longue réflexion sur les collections de jeux qui pousse depuis des mois mais ça n’est toujours pas prêt… En revanche, travailler sur ma « collection » est vraiment intéressant, et ça nourrit cette réflexion. Ça serait joli d’ouvrir 2019 avec ça, mais je ne sais pas si je pourrais.

Jeu dont je vais recommencer l’étude : « Art Through the Eyes of the Soul », Cheryl Yambrach Rose.

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Exploring old decks from collection and reevaluating what they mean to me. Do they still resonate with me? With my clients? Are they still relevant to my beliefs? Is the art still resonating with me? I have a long reflection on deck collections coming, but I’m still not ready to write it. But browsing through my decks is really meaningful, and giving me food for thought. It would be lovely to open 2019 with this, but I’m enot sure I’ll be able to.

Deck I am about to study again : « Art Through the Eyes of the Soul », Cheryl Yambrach Rose.

De la difficulté de créer du contenu

J’écoutais quelques fragments de live de Julia Boschiero ces derniers jours, et je découvre sa fraîcheur et son honnêteté. J’entendais ainsi pour la première fois depuis longtemps quelqu’un qui parle des difficultés de créer du contenu, (et ce encore plus pour du contenu original), du temps énorme que ça peut demander, aussi quand on rajoute photos, visuels etc., et des déceptions quand le travail n’est pas respecté à la fin.


Vous rappelez-vous du temps où vous écriviez des articles ? des réponses de forum ? Des devoirs à la maison ? Combien de temps mettiez-vous pour écrire quelques pages ?


Il est très frustrant pour moi de ne pas pouvoir trouver assez de temps pour alimenter le site et la chaîne Youtube. J’ai tellement d’idées, il faudrait que cela soit mon activité principale pour tout faire, que je puisse « en vivre » (gagner de l’argent). Et même à plein temps, je ne pourrais probablement pas tout faire. Depuis 2012 que je parle de cartes sur mes blogs, j’aime méditer, j’aime aller au fond des choses, c’était mon truc. Ma curiosité à moi, ce que j’avais envie de partager avec d’autres (parce que ce que vous en pensez ça m’intéresse, j’aime le dialogue). Or c’est ce qui demande le plus de temps, surtout à l’écrit (on essaie de laisser le moins de fautes possibles, de ne pas trop se répéter, d’être dans un français correct et lisible, d’être structuré…).


Pour vous donner une idée, voici deux exemples. Cette semaine, j’ai eu un sursaut d’efficacité et de temps. J’ai procédé à deux immenses chantiers : la review du Crow Tarot, et la review du Universal Wisdom Oracle (à venir mi décembre). Lorsque mes reviews sont complètes, elles comprennent :

  • la vidéo (entre 25 et 35 minutes)
  • et un gros article complet, avec
    - informations d’édition
    - informations matérielles
    - analyse détaillée du livret, des cartes, et du contenu
    - appuyée par une partie photographique carte à carte (trouver la bonne lumière, prendre des photos claires et nettes, les charger sur l’ordinateur, les trier, les recouper, les réduire, les héberger en ligne…)

===> Si je mets bout à bout le temps de travail que cela représente, je pense qu’on atteint une journée miminum pour une review.


Comme vous l’avez vu, le Crow Tarot n’est pas terminé, je suis dans la phase photo, et je dois rédiger la fin de l’article. Pour la vidéo, j’ai besoin d’un coup de main au montage et je vais devoir attendre lundi prochain (et ça va prendre du temps aussi). Grâce à la lumière suffisante, au temps que j’ai dégagé et à l’inspiration du moment, j’ai réalisé en parallèle la review du Universal Wisdom Oracle, or ce jeu étant extrêmement problématique, il y a beaucoup plus de choses à dire et c’est ma review la plus détaillée depuis de nombreuses années. Pour moi quand j’appose le mot « review » c’est vraiment ça que j’attends, ce niveau de profondeur. D’où l’impression que j’ai de toujours courir et de toujours proposer du contenu approximatif quand je n’ai pas pu détailler autant. Mais cette semaine je réalise pourquoi je n’arrive plus à ce niveau de détails : pour pouvoir le faire, j’ai besoin d’une à deux journées de travail. « Tout ça pour » un seul article / contenu.


Le saviez-vous ? Le temps que cela nécessite pour créer un contenu ?


Il va être dans longtemps le moment où je pourrais faire mieux : où je pourrais corriger les erreurs du site, remplir les pages en jachère, créer des visuels qui me sont propres aux couleurs du site, trouver du meilleur matériel vidéo (ça coûte) et apprendre à créer un set-up de vidéo (lampe, centrage etc), apprendre à monter des vidéos pour qu’elles soient mieux (une intro? une musique par moment?), etc etc… Puis alors les projets complémentaires à côté (version pdfs des reviews, méditations, exercices, ebook, livre, …) n’en parlons pas.