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La personnalité du White Fox Oracle en quelques mots

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Catégories: Présentations de jeux

Je rattrape en retard ce message que j’avais rédigé sur Facebook, mais qui a sa place ici. J’ai tenté de mettre en mots rapides mes sensations sur le White Fox pour résumer son caractère, afin de vous donner une idée de quoi vous attendre pour celles et ceux qui voudraient rejoindre la campagne kickstarter :

Un nouveau tirage avec le White Fox Oracle aujourd’hui, qui me démontre encore une fois à quel point il est pertinent. Malgré son aspect mignon, il n’a rien de culcul ou d’immature. Il propose toujours un nouveau regard sur la situation donnée. Il a une personnalité et une âme très fortes, quand je tire je l’entends dans ma tête qui me répond, comme un compagnon de route. En toute franchise toujours, il est aussi capable de toucher les nœuds et les plaies du passé, mais il a cette qualité incroyable de ne jamais rajouter de la violence au processus. J’espère tellement que le jeu va trouver son public, intriguer les utilisateurs, et se répandre dans les foyers et les poches. Il a le potentiel pour aider des tas de gens.

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Another fascinating reading with the White Fox Oracle. It baffles me because I don’t like cute decks, they really don’t attract me, and I can’t use them. But this one? This one has a personality and a soul of its own. I can feel it respond in my mind when I draw. It *is* really like having a companion (or familiar, as the artist @zedoras says). It can tackle deep, wounded topics, without it ever lashing out. It shows you in all honesty, but without violence. It is excellent at giving you another perspective on any situation you present to it. It is so flexible. I really hope the Kickstarter succeeds, and The White Fox reaches the home of many people that it can help. It would be so great to welcome a new French artist in the tarot community. . Check @zedoras profile if the deck calls to you. Join the campaign. Spread the love. <3 . #oraclecards #cardlover #oracledeck #cardcollector #cardreadersofinstagram #oraclereader #oracle #whimpsical #whitefoxoracle #frenchartists #frenchdeck #tarot #tarotcommunity #tarotreadersofinstagram #tarotdeck #tarotcollector

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Si le jeu vous intrigue, rendez-vous sur la page kickstarter. N’hésitez pas à me poser des questions, voire à demander un micro tirage test si vous hésitez encore. (On verra si j’ai le temps)

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Impressions sur le Wooden Tarot après… 6 ans

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Catégories: Présentations de jeux

Auteur : Andy Swartz
Illustrateur : Andy Swartz
Éditeur : autopublié grâce à Kickstarter (lien de la campagne)
Année : 2013
Langue : anglais
Type de jeu : Tarot ; seulement les 22 arcanes majeurs + les 4 as. => Je parle donc ici de première parution, édition collector limitée à 1000 exemplaires.
Prix : environ 23 euros à l’époque.
NB: Vous trouverez [ici] l’ancienne review réalisée sur mon premier blog.
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Depuis plusieurs mois je me suis mise à parcourir ma collection pour la purifier, quels jeux n’étaient plus du tout utilisés, pourraient l’être ou bien ne me correspondaient plus etc. J’ai du établir une liste d’une grosse dizaine de jeu (peut-être 15?). L’un a déjà été vendu, deux sont en liste de vente / troc, d’autres sont en réflexion, d’autres en attente… Il m’est revenu à l’idée de travailler avec le Wooden Tarot grâce à Cathou, car j’ai vu de beaux tirages réalisés avec, mais vraiment, en ressortant l’édition originale, quelque chose ne passe pas…

1°) La taille des cartes.

Elles sont vraiment immenses. Je n’ai pas la possibilité de vérifier au moment où j’écris, mais si je ne me trompe pas elles sont même plus grandes que les cartes des Druid Animal et Druid Plant Oracles, réputés dans le domaine comme étant le plus grands. Voyez la seconde photo avec une petite carte taille « poker » en comparaison (avec le White Fox Oracle). En conséquence, ce n’est donc pas un jeu facile à manipuler du tout, ni pour mélanger, ni pour étaler les cartes. Quand je me pose et que j’observe les cartes, j’ai plutôt l’impression d’avoir affaire à des cartes postales en réalité. Ou des petits tableaux portatifs que l’on peut contempler. Mais pas de cartes « à jouer » (ou à « diviner »). Il me semble me souvenir que dans le passé, quand j’ai essayé d’utiliser ce jeu, je ne piochais qu’une seule carte et je la laissais poser sur mon autel pour méditer. Ce n’était pas une pratique divinatoire.

2°) La qualité des images.

Ici, j’ai comme un petit doute, j’ai du mal à affirmer quelque chose fermement. Mais l’impression qui se dégage pour moi est que la qualité des fichiers image n’était pas très bonne en réalité. Ce n’est pas systématique, certaines cartes sont tout à fait correctes. Mais d’autres ont un côté… flou ? Comme un manque de piqué, comme un micro effet de pixels ? Six ans après avoir acheté ce jeu, et en avoir eu entre les mains tellement d’autres, y compris des jeux auto-édités, quand je reprends ce jeu-là il y a un fossé. Nous avons clairement été habitués à avoir de meilleurs scans, à ne pas laisser échapper une « erreur » à l’impression. Comme dit, certaines des majeures ont une impression nickel, d’autres par contre me donnent cette sensation de flou.

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3°) Les bordures.

Esthétiquement, à l’époque j’étais peut-être moins difficile car ce choix était tout à fait courant : les bordures étaient souvent grosses et larges. D’ailleurs à mon avis, le phénomène « borderless » (sans bordure) est justement arrivé à cette période pour répondre à une envie commune de supprimer ces terribles bordures blanches, voire d’enlever tous les cadres qui entouraient les illustrations. En regardant la carte aujourd’hui par contre, je me rends donc bien compte que ces bordures blanches ne sont pas vraiment belles, et surtout, pas utiles. (On notera que l’artiste, dans son édition finale complète, a retiré tout cadre et toutes bordures.) Une fois de plus, 6 ans après cet achat, bientôt 8, j’ai vu passer tellement de jeux différents que j’ai développé des préférences, et peut-être même un « oeil ». On va beaucoup plus facilement et rapidement ce qui fonctionne ou pas avec une bordure. Je pense que sur ce jeu-là, ce choix des grandes bordures blanches n’était pas une bonne idée. A) Ca produit un effet figé, carte postale, qui entrave l’utilisation pratique du jeu. B) Ca dessert totalement le propos esthétique de la peinture sur bois, puisque l’oeil est totalement distrait par ce cadre. C) A titre personnel, j’ai l’impression que cela bloque l’énergie des symboles en présence et les empêche de s’exprimer.

En conclusion

Si je suis honnête avec moi-même, je ne devrais pas garder ce jeu. Je ne pense non seulement pas l’utiliser, mais il a perdu totalement sa valeur esthétique également. Il serait tellement plus logique, plus agréable, qu’il gagne un foyer qui lui fera un bel accueil et qui le mettre en pratique. Ce qui est délicat, et qui m’a retenue notamment jusqu’ici, c’est la valeur sentimentale de l’objet : cela doit être un des premiers (sinon LE premier) jeux indépendants que j’ai soutenus, et, surtout, mon nom est donc mentionné à l’intérieur du livret. Bien que cela soit devenu un classique des campagnes « crowdfunding » (y compris pour les vidéastes, podcasts etc), à l’époque c’était assez nouveau (je crois). Et je n’étais pas du tout sûre de savoir qu’Andy prendrait autant son envol à l’époque. J’avais vu sortir ce jeu un peu de nulle part, je ne pensais pas du tout qu’il irait au bout du projet complet.Pour moi c’était l’idée de soutenir un artiste matériellement et de l’aider à matérialiser son projet dans le monde. Comme dit, aujourd’hui c’est devenu monnaie courante, mais à l’époque ça l’était moins, et du coup je suis plus marquée par cette campagne-là, qui me donnait l’impression de lui donner sa chance, de lui permettre de poursuivre sa quête, de faire d’autres choses plus tard. Mais aujourd’hui, garder le jeu pour cette raison ne résonne plus, ça ne me semble pas « juste ».

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La question qui demeure pour moi, c’est comment lui trouver un nouveau foyer ? Qui voudrait d’un jeu avec seulement les 22 majeures ? Est-ce que quelqu’un serait intéressée par ce format aux bordures blanches ? A cette première édition, alors qu’une nouvelle existe, plus complète et plus esthétique ?

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Découvrir le Luminous Void Tarot

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Catégories: Les jeux du moment, Présentations de jeux

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Voici un jeu dont je n’ai jamais parlé car je n’ai que très peu pratiqué avec lui, du coup je ne me sentais pas à l’aise pour en faire une review. J’aurais pu mentionner uniquement les aspects matériels du jeu… mais je ne le ressentais pas comme ça. J’essaie d’avoir toujours des impressions en plus à livrer dans mes reviews, et là je ne pouvais pas. Je reviens aujourd’hui pour partager quelques impressions sur un jeu que je n’ai croisé nulle part dans la sphère francophone. On en profite pour sortir de la zone de confort et tester un nouveau type d’article pour présenter des jeux !

(photo officielle)

Auteure / artiste : Laura Zuspan (USA).
Éditeur : autopublié après une campagne kickstarter.
Année : 1ere édition 2018, appelée désormais « Collector’s Edition » ; 2e édition 2019, appelée « Shuffle Edition ».

Qu’est-ce qui m’a attirée dans ce jeu ?

Il y possède une place particulière dans ma « collection » – ce qui me fait penser qu’il faudrait que je reprenne ce dossier-là aussi… pour expliquer pourquoi je mets toujours des guillemets à « collection », et pour illustrer mes réflexions et analyses après toutes ces années. Damn, encore un truc à faire qui attend dans les cartons. x)  Qu’est-ce qui motive l’achat d’un jeu chez un praticien ? Qu’est-ce qui nous motive pour ne pas l’acheter ? Où se fixe-t-on une limite ? Un budget ? un nombre de jeux par mois ? un nombre de jeux total ? Est-ce qu’on se limite à un thème ? Est-ce qu’on essaie aussi des jeux qui nous rebutent pour comprendre pourquoi ? Une collection est une entité multiple et complexe, réellement vivante. Je trouve le sujet tellement passionnant ! Bref.

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J’ai découvert le Luminous Void Tarot bien après sa campagne kickstarter. Il m’a intrigué tout de suite. Je l’ai trouvé sans autre pareil. Bien que j’ai découvert plus ou moins en même temps le Lefty Oracle Deck qui a également des représentations naïves et enfantines, avec une vocation très créative (voire créatrice), il y avait dans celui-ci quelque chose de graphique qui m’appelait encore plus, là où je n’ai pas franchi le pas pour le précédent. Depuis des années, je suis asse vendue à l’aquarelle et aux techniques à l’eau, c’est ce qui parle le plus à ma sensibilité. Bien que je la pratique peu, c’est ce qui m’attire le plus en terme graphique, ces jeux d’eau et de lumière… Du coup, quand j’ai découvert le Luminous Void, j’ai flashé. La réalisation matérielle du jeu avait également l’air exceptionnelle, ce qui me semblait justifier son prix et les frais de port toujours cher depuis les USA.

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Du coup, bien que j’en parlerai plus tard dans un article dédié de la série « Le sens de nos collections », en résumé les jeux que j’achète peuvent avoir des usages ultra spécifiques, comme c’est le cas ici. Au moment où je l’ai acheté (je crois que j’ai réussi à attendre quelques mois histoire de ne pas faire un achat complètement irréfléchi, car je n’étais vraiment pas sûre de résonner avec le jeu en terme de pratique de tarot), j’envisagerais que ce tarot aurait une place plutôt créative et pas du tout « divinatoire » dans ma pratique (Notez ici que le terme « divinatoire » devrait être défini car il a plein de sens différents, c’est un autre dossier en cours…). J’ai accepté qu’il y a une petite fraction de ma collection qui soit d’usage artistique et non pas divinatoire : j’ai réalisé ça après plusieurs années que certains jeux sont là plutôt pour nourrir mes énergies et mon inspiration, pour écrire ou pour créer, et non pas pour réaliser des tirages. Parfois, ils peuvent me servir quand des artistes viennent demander des conseils en tirage. Mais quand je ne me sens pas à l’aise avec un jeu dans son application « divinatoire », j’ai tendance à ne pas l’utiliser même dans ce cas-là, donc c’est vraiment plutôt pour ma pratique solitaire.

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En tout cas voilà, je venais d’acquérir un jeu qui me renvoyait des énergies étranges, que je ne me voyais pas utiliser pour répondre à des questions, mais que je me suis autorisée à acheter pour répondre à des besoins créatifs.

Quelques impressions

Le Luminous Void Tarot m’évoque plusieurs choses au premier abord : la rêverie, la douceur, la créativité et l’Enfant Intérieur. Ses illustrations « floues »  et aqueuses sur un fond tout blanc produisent sur moi cette impression de regarder un rêve qui se déroule, de visualiser des apparitions. Cela me parle de notre inconscient et de notre subconscient. J’y ressens une certaine liberté aussi, à la fois dans la liberté et le côté « aléatoire » du travail mouillé-sur-mouillé et dans la liberté de cette esthétique « naïve » (au sens artistique). Au départ le jeu me semblait plus accessible pour méditer qu’autre chose. Les cartes sont très grandes d’ailleurs, j’ai apprécié d’en laisser une sur un autel ou une table de nuit pour commencer. Mais j’ai mis du temps avant d’oser tirer avec. D’ailleurs, je crois que je ne l’ai fait que 3 fois en tout, ce qui est très peu.

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Les représentations choisies sont parfois clairement inspirées du Rider Waite, on peut les reconnaître aisément. D’autres fois je me sens plus perdue dans une sorte de « surface » directe et son énergie. Je ne crois pas que cela soit un jeu facile pour les débutants, mais je peux me tromper. Il est possible que cela soit un ressenti entièrement personnel et biaisé, car je suis comme « trop » inspirée par la patte artistique de la créatrice, et que je me retrouve absorbée par cela, et pas tout à fait capable de retrouver le sens « tarotique » des lames. Il y a quelques jours, j’ai décidé de prendre le jeu pour réaliser un test d’interprétation, et voir ce qui pouvait en ressortir, et je me suis dit que j’allais vous le présenter pour illustrer l’esprit du jeu (bien qu’évidemment cela soit totalement impossible à résumer à travers une seule carte, c’est juste un exercice, un exemple).

Le cas du Cavalier de coupes

Plusieurs divergences s’offrent à moi pour m’emmener sur d’autres sentiers que celui du Rider Waite Smith.

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Déjà, le cavalier est une femme et pas un homme. Est-ce que l’artiste a effectué des lectures qui suggèrent que le cavalier de coupes est le cavalier le plus féminin de tous ? (Comme sur Labyrinthos). Ensuite, la coupe se situe sur sa tête et non pas dans ses mains, ce qui ne résonne donc pas comme un message à délivrer ou une invitation. Puis, plus de monture ici… A sa place un chien, qui est plus un compagnon qu’un moyen de déplacement. Domestique au sens de présent dans le foyer, le chien m’évoque un intérieur et non un extérieur. Ici c’est presque un espace intime pour moi. Le chien, un mélange de rouge et de marron, est loin du blanc pur de la monture du Rider original. Par contre on y retrouve bien de la lenteur et du calme, traditionnelles pour cette carte.  Ce qui m’a perturbée ici, c’est que je ne perçois pas de personnage qui arrive dans notre comme c’est le cas du Rider. Tout est très intérieur, très intimiste ici. Comme je le disais au-dessus, j’ai l’impression de me tourner vers un être vivant de mon foyer (et pas forcément un humain), pas de voir débarquer dans ma vie l’âme sœur comme c’est souvent décrit en ligne. L’amour peut être aussi fraternel, filial, etc.

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Je serais curieuse de savoir : vous, que vous évoque ce cavalier de coupes ?

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Le dérapage de l’édition de l’Oracle des Runes chez Trédaniel

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Catégories: Présentations de jeux

Préambule :

Cet article n’engage que ma petite personne. Je l’ai écrit moi-même, pour mon propre compte. Il est le reflet d’une grosse exaspération vis à vis de certaines grosses entreprises, ici une maison d’édition, qui sont tellement fructueuses et anciennes qu’elles se croient parfois au-dessus de tout. Attention, je ne dis pas que ça leur arrive tous les quatre matins. Mais quand même bien une fois, ça reste assez grave, surtout en l’absence totale d’action. Il serait bon que ce genre de pratiques disparaissent du milieu de l’édition et fassent l’objet d’un mea culpa systématique. Et oui, comme j’ai râlé, moi j’ai été dédommagée : j’ai reçu gratuitement une nouvelle version du jeu. Mais ça a été le fruit d’un énervement et d’un stress de plusieurs mois (au moins 8). Et ça ne corrige pas tout ce qui est expliqué plus bas, encore moins le fait que tous les  autres clients n’aient pas eu réparation et qu’on continue d’entretenir le flou, probablement pour ne pas perdre de l’argent sur le stock raté.

Entrons dans le vif du sujet

Voilà un sujet qui m’a frappée de pleine fouet. Un truc inadmissible à tout niveau, dont personne n’a parlé. Du coup, je pense qu’en lisant le titre plein de personnes vont se demander de quoi je parle. Qu’est-ce qui ne va pas avec l’Oracle des Runes ? Que s’est-il passé ? Et bien si vous l’avez raté, sachez que Trédaniel a publié l’Oracle des Runes avec une carte « défectueuse », passée totalement à la trappe par l’éditeur, et donc on la découvre en ouvrant le jeu : la carte Eolh est décentrée. Décentrée, juste ça ? Oui, » juste ça ». Vous avez une carte dont l’illustration a techniquement « glissé vers le bas », mais là en l’occurrence elle est carrément coupée en bas.

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Comparez le centrage normal d’une carte sur « Ass » avec le raté de la carte « Eolh » :

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Un problème en soi plutôt banal, qui peut arriver techniquement. Mais je tiens à souligner qu’il y a plein de paramètres qui soulignent que cet accident est particulièrement problématique et grave, dans son déroulement et sa (non) gestion a posteriori. Personnellement j’ai été saisie, perplexe, et choquée.

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1°) Premièrement, la taille du jeu. Lorsqu’un jeu possède 78 cartes, on peut imaginer qu’il est facile qu’une petite erreur s’y glisse, et que cela soit plus dur de la repérer. Mais quid du jeu de l’Oracle des Runes, qui ne comporte que 24 cartes !?! Quand tu passes ta maquette en revue, ça va, niveau charge de travail, on est loin des 78 ! (Et personne ne se serait attendu à ça chez Grimaud sur un tarot à jouer je pense; une erreur pareil d’une maison professionnelle, ancienne, c’est juste hallucinant). Alors oui, il faut relativiser : y a probablement plusieurs contrats en même temps, la personne qui revoit tout ça a plusieurs projets sous le coude, et pas juste les 24. Mais malgré tout, sur le projet donné, y a plus de facilité qu’un autre jeu.

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2°) Deuxièmement, une autre propriété spécifique à ce jeu-ci : une régularité visuelle à toute épreuve qui permet de déceler tout de suite un problème (ce qui n’aurait pas été le cas sur un autre oracle). En effet, les 24 illustrations sont toutes dessinées à l’intérieur d’un cadre noir. Et pas juste une bordure en haut et en bas, mais bien un cadre ; c’est comme de regarder un tableau déjà encadré. Toutes les cartes ont la même structure visuelle, elles sont toutes centrées sur le rectangle de papier de la même façon, etc. Du coup, si une des illustrations se décale, soit sur la maquette informatique, soit à l’impression, normalement tu le vois tout de suite vu que toutes les cartes sont « identiques » visuellement ! Il ne s’agit pas de repérer dans une oracle avec 62 cartes entièrement différentes où sont les petits décalages… Cette erreur est donc juste énorme, et tellement visible !

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3°) Troisièmement, la taille et l’expérience de cette maison d’édition. Ce jeu n’a pas été auto-éditée par les artiste et auteure, qui n’avaient pas d’expérience. Il a été édité par des professionnels du livre qui ont un catalogue immense et une grande ancienneté. Contrairement à une petite maison d’édition, chaque employé aura son rôle précis, et ne va pas cumuler les casquettes, ce qui a tendance à surcharger et à faciliter les erreurs en période de « rush ». Non, vous avez un maquettiste et probablement des superviseurs. Il y a l’avant, la préparation ; il y a l’impression, qui est normalement réalisée par un imprimeur, en contact avec les employés de le maison d’édition ; et il y a l’après, normalement un « test run », c’est à dire une impression test, pour avoir un exemple du produit fini et de vérifier que tout est en place ; et c’est seulement ensuite, il me semble, qu’on lance les impressions en grand nombre. A mon niveau, je ne peux pas dire si c’est à l’étape de la maquette qu’il y a eu une erreur, ou si le problème est arrivé du côté de l’imprimeur. On n’a pas moyen de le savoir. Mais toujours est-il qu’une chaîne de production est en place, avec ses acteurs, ses responsables, ses vérifications, etc. Là il y a eu rupture dans la chaîne pour obtenir ce résultat.

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4°) Quatrièmement, pourquoi n’a-t-on rien entendu après la publication ? A partir du moment où la maison d’édition, qui est en tort, s’en rend compte, pourquoi ne fait-elle pas un communiqué ? Si on part du principe qu’ils sont un peu « vieux jeu » (façon de parler), et qu’ils ne sont pas présents sur les réseaux sociaux (Instagram inexistant alors que c’est le support majeur avec Facebook dans notre milieu ; ils ont un twitter, mais poster là-bas ne nous touchera pas, etc). J’ai regardé hein, j’ai cherché, sur google et pas seulement, mais il n’y a eu aucune communication à ce sujet, ni pour prévenir les utilisateurs, ni pour s’excuser aux gens qui l’avaient acheté, rien… C’est juste une absence totale de professionnalisme à mes yeux. Le message envoyé est : « on s’en fout en fait ». Tu nous as donné ton argent et on a merdé ? Ah bah c’est pas grave, on a l’argent, c’est bon pour nous… J’exagère exprès pour souligner l’absurdité du phénomène. Le petit accident qui aurait dû être évité dès le départ, au moins il aurait pu avoir sa petite gestion de crise de base. Il aurait pu vite être oublié par des excuses ! Juste le processus normal de communication quand on a fait une erreur.

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5°) Cinquièmement, une absence de gestion du problème généré pour l’utilisateur. Non seulement il n’y a pas d’excuses, mais on fait comme si le problème n’existait pas ; tous les acheteurs qui ont été lésés n’ont aucune solution qui leur est proposée ! On ne les contacte pas, on ne s’excuse pas, on ne leur propose rien. Pardonnez-moi d’insister, mais même des créateurs indépendants, qui débutent sur kickstarter ou autre structure, se seraient déjà fait insulter des centaines de fois alors que ce sont des débutants et pas des professionnels experts ! Et là personne ne fait rien.

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6°) Sixièmement, si je n’exagère pas, je dirais que la passivité totale continue vis à vis du traitement de l’information et de l’action de correction. Si j’étais sceptique, je dirais qu’on nous prend pour des jambons, et que l’étiquetage est carrément malhonnête, car on ne nous oriente même pas en terme éditorial. Bah oui, si jamais vous ne faites pas de communiqué, et que vous ne rappelez pas à vos frais tous les jeux perdus… bah vous ne perdez pas d’argent. Les gens ne sont pas au courant, ils vont continuer d’écouler tout le premier stock défectueux chez les revendeurs !

Quand je dis qu’en termes éditorial rien n’a bougé, de quoi je parle ? De l’objet en soi, de la réimpression. En imaginant que chacun se débrouille tout seul pour obtenir la nouvelle version… Comment fait-on ? Comment le sait-on ? Comme je le relève dans la vidéo, cela n’a pas été acté en terme d’édition, d’impression : quelle différence entre les deux boîtes ? aucune. Y a-t-il un libellé ? Bah non. Ils n’ont changé ni le titre, ni la couleur de la police, ni le dos, … rien. Ils auraient pu ajouté juste un bandeau, ou même une ligne d’écriture quelque part indiquant « réimpression », mais rien. En quoi est-ce que c’est normal cette démarche, sincèrement ? Est-ce honnête ? Sérieusement, j’ai été obligée de faire une vidéo pour prévenir les viewers, et d’y observer par moi-même la boîte sous toutes ses coutures pour lui trouver un micro détail qui puisse nous renseigner ! Car il y en a eu un, rikiki, au final : ça se joue au niveau du chiffre du prix et de l’IBSN (même pas du code barre). Le prix est devenu légèrement « en gras », et jaune. Mais j’ai dû l’observer vraiment bien pour m’en rendre compte, car les autres fois que j’ai regardé la boîte en solo, je n’avais pas trouvé ce détail. Et ce qui me gêne ? Il est discret. Il n’est pas inexistant, donc cela veut bien dire que quelque chose a été très légèrement modifié. Mais pourquoi seulement très légèrement modifié, plutôt que clairement modifié ? Mon scepticisme me dit qu’on l’a rendu discret… pour que ça ne se voit pas. Franchement c’est carrément douteux (pour rester polie).

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7°) Et ça ne s’arrête pas là ! Quand j’ai fini par recevoir mon jeu par la poste après avoir fait la chiante par email 3 à 4 fois, je me doutais qu’ils n’auraient pas encore modifié leur site (bien que ça ne soit pas professionnel non plus), surtout que je n’avais toujours rien entendu. « C’est trop tôt » je me suis dit. Alors par curiosité, quelques jours après la vidéo, il m’a pris de retourner sur leur propre site pour vérifier si quelque chose avait été mentionné. Après tout, il faut leur laisser le temps, et le bénéfice du tout. Mais non ! Comme vous pouvez le voir, non seulement on ne mentionne pas l’erreur, mais en plus on n’a même pas changé les images de prévisualisations du jeu ! On a laissé les anciennes…. dans le genre, ça ne vous crie pas « on s’en fout » ça ? Ah ouais, on a dû refaire imprimer le jeu, on a même modifié le design, mais sur le site où vous le vend, on l’a pas dit, quand vous voulez voir la tête du jeu, c’est toujours l’ancienne… Et je serais vraiment curieuse de savoir laquelle ils vendent sur leur site ! Vu que les images sont les anciennes… est-ce qu’ils écoulent leur vieux stock mal imprimé aussi ? Ou bien est-ce que vous recevez la nouvelle, qui ne correspond pas à ce que vous avez vu ? Sans rire, c’est vraiment minable…

Admirez-donc l’ancien design avec son bandeau blanc + ses runes rouge en haut à gauche et en bas à droite des illustrations.

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Comparaison entre l’ancienne impression et la nouvelle :

Comme je le disais dans la vidéo (pour ceux qui regardent avant de lire; voir plus bas), visuellement on a modifié peu d’éléments. Mais retirer les runes rouges qui accrochaient le regard, et surtout la question du bandeau blanc qui défigurait les illustrations, ça change tout ! Vous pouvez observer toutes les lames une à une dans la vidéo, l’effet de ces modifications est radicale. Je ne veux pas prévisualiser un jeu (la version 1) sur un site de vente et obtenir un autre produit (v2). Et je ne veux pas chercher un produit (le 2) et obtenir en fait la v1, parce que ça n’était pas écrit sur la boîte !
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8°) Au passage, la maison d’édition a également laissé sur le carreau 2 de leurs artistes et une auteurs. Un manque de franchise, de transparence, de communication, de service… Une mise en danger même ? Elles auraient potentiellement pu être la cible des consommateurs alors qu’elles n’y sont pour rien. Elles n’ont pas été intégrées dans cette chaîne de vérification, elles n’ont pas été prévenues, et elles n’ont même pas pu le vérifier par elles-mêmes, puisqu’elles m’ont dit qu’elles ont reçu leurs exemplaires de jeux au moins une semaine après la vente en magasin ! Les acheteurs ont eu le jeu dans les mains avant elles…

Le mot de la fin

Le tableau dressé ici est très noir, parce que je pense que le problème est grave. Mais nous pouvons relativiser en se rendant compte que ces pratiques se corrigent selon moi très facilement. Une fois de plus, pour une maison de cet ordre cela ne devrait pas être compliqué, ils ont tous les outils en main pour ce faire. Surtout que cela requiert des actes très simples (écrire aux auteures, écrire aux clients, écrire sur leur site (excuses) ; refaire les captures de la nouvelle édition et changer les images sur le site de vente ; revoir leur organigramme et la chaîne de vérification des maquettes…), franchement rien de sorcier. La confiance des clients cela se mérite et se gagne. Or il nous ont quand même montré qu’ils sont capables de faire mieux, de produire un bon travail : la nouvelle version est tout simplement meilleure que la première, mieux designée, plus juste visuellement, et dans le respect de ce que les auteures avaient demandé.

 La vidéo :

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(Review) Revue des Cartes Oracle de Morrigan

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Catégories: Présentations de jeux

*The gist of the review is available in English at the end!

Auteure : Hannah Storyteller.
Artiste : Morpheus Ravenna.
Éditeur : Mousagetes Books apparemment ? Mais c’est de l’impression à la demande sur le site « DriveThru Cards ».
Année : février 2019.
Langue : anglais.
Format : Oracle de 62 cartes. Petit pdf gratuit par email.
Prix : 14,90 dollars le jeu de base, compter environ 15 dollars de plus pour frais de port vers l’Europe (France).
Où le trouver ? Cliquez ici.


 

Review vidéo :

Synthèse écrite :

[EDIT: vous trouverez ci-dessous en rouge les ajouts complémentaires qui ne se figurent pas dans la vidéo]

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J’en avais parlé à sa sortie sur l’Antre de Morrigan, et voici enfin une présentation de ce jeu ! Le principe est un peu « bâtard » (au sens premier du terme) : le jeu n’a pas été réalisé pour lui-même, c’est un objet dérivé du dernier livre de Morpheus Ravenna, réalisé en collaboration avec Hannah Storyteller. Elles ont extrait des grandes planches du livre plein de petits symboles et situations, découpées et placées dans des cartes.

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1°) Le prix : un peu plus de 30 euros, soit entre 5 et 10 euros de plus qu’un jeu basique (US Games). Quand on voit que Shiffer ou De Vecchi en France nous donnent des jeux avec une grosse boîte magnétique solide et un gros livret broché pour ce prix-là, c’est décevant. Surtout décevant à cause de la mauvaise qualité des carte (voir le point 2). Pourquoi n’avoir pas kickstarté un jeu plutôt ??

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2°) La qualité des cartes :

Ici, je dois avouer que c’est une déception. Les cartes sont extrêmement fines et fragiles. J’ai déjà des tout petits accrocs blancs le long des bords, et des micros rayures en plein sur les illustrations alors que je n’ai jamais utilisé le jeu encore ! Je ne pense pas qu’il va durer dans le temps… Si c’était un jeu acheté en magasin à 15 euros, j’aurais moins de scrupule, mais l’import coûte 15 euros, donc on monte à 30 au total. Si le jeu s’abîme terriblement dès la première année, c’est super frustrant. L’impression aussi que le papier va boire toutes les traces de doigt.

Côté points positifs, il faut retenir ceci : 1) la taille type « poker » des cartes, ça tient très bien en main, c’est facile à mélanger. 2) le fini mat. Mis à part sur certains jeux spécifiques je crois que je n’aime pas du tout les vernis et les finitions brillantes. Une joie pour moi d’avoir donc ici un jeu dans son format le plus simple, sur lequel la lumière ne réfléchit que très peu. 3) Les cartes glissent très très facilement, donc elles seront agréables à étaler pour piocher. Attention cependant aux surfaces légèrement penchées ! Les cartes se feront la malle tout de suite. ;)

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3°) Le contenu du jeu :

Un cadre noir absolument rudimentaire, avec une police blanche étrangement en majuscule… je ne crois pas vraiment ce choix, je l’avoue. Ce n’est pas original, pas particulièrement beau ni efficace… mais ça passe. Je suppose que l’idée était d’apparaître le plus neutre possible ?

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Des représentations humaines très clairement celtes. Certaines sont mêmes historiques, traçables. Morpheus Ravenna a en effet beaucoup effectué de recherches archéologiques et académiques, et cela apparaît sur les cartes (épée typique à tête d’homme, représentation de sanctuaire traditionnel à palissade, etc). Cela se reflète aussi totalement dans le choix des symboles / objets / mots clés : ciel, terre, eau (les 3 éléments) ; pierre, chaudron, lance, épée (les 4 trésors d’Irlande), etc.

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Le jeu a tendance à être aligné sur la facette plus proprement guerrière de Morrigan. En conséquence, les images seront plus sombres et guerrières, donc cela veut dire souvent sanglantes : hommes blessés (The Slain), corps au sol (Grief), têtes coupées (Destruction). Beaucoup de références également à l’aspect « Shapeshifter » de Morrigan (change-forme) : des silhouettes encapuchonnées, des masques, des animaux de l’Autre Monde (Seer, Guide, Watcher, Foresight, Mystery, Outcast ; Companion, Fey, … ). Aussi, on notera une présence du chien très notable, même si l’on retrouve bien évidemment des corneilles. Je voudrais interroger Morpheus sur ce point.

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Morpheus m’a généreusement rappelée qu’une partie des illustrations est visible gratuitement en ligne ! Elle a publié sur son site une fraction des illustrations de Goodnight Morrigan dont est issu l’oracle. Pour les visualiser, rendez-vous sur la page suivante, et descendez à la section « Illustrations » : sur son site. Pour les plus courageux qui veulent tout voir, vous pourrez explorer touts les pages sur son patreon ici.

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Les mots clés sont assez variés à mon goût, mais je me demande ce que cela donnera en tirage. A voir comment utiliser les échos entre les illustrations, est-ce que les fragments de mêmes scènes peuvent produire des couches de sens supplémentaire ? Aider l’intuition à choisir un sens ? Mais il est possible que cela n’ajoute rien, car cela n’a pas été conçu dans ce but précis. Je me suis complètement trompée au cours de la vidéo, le livret pdf ne comprend que 2 pages, pas 5 ! La première page vous donne un exemple d’interprétation de cartes pour vous montrer comment se poser des questions à partir d’une image, et comment en tirer des informations. La 2e page fourni en gros 2 tirages, et une feuille de mots clés rapides pour les concepts qui peuvent être problématiques (et non pas une anti-sèche sur l’intégralité des cartes comme je le pensais dans la vidéo).

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Lorsque je m’attarde sur la carte « Sanctuaire » (Sanctuary), j’évoque la représentation probablement historique de l’artiste. Voici donc le complément d’information sur les temples gaulois historiques : voici le lien de l’article de Morpheus que je cite dans la vidéo.

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Voilà, le plus important a été dit. Si j’ai oublié quelque chose, ou si vous avez des questions, n’hésitez pas. :)

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English Sumary :

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- for a fellow French, the 15 dollars shipping stings like hell; we’re used to it, but I’m warning my community ;
- the card quality is mostly poor. I love that the cards mat finish, and they glide really well, but their pretty thin, porous, and most of all super super fragile. The edges already wear some white snags (not sure that the proper English word), and the faces some scratches. So it looks like a cheap playing card deck. I so wish we could have properly kickstarted this, so that we have a standing, durable copy.
- I’ve been a lover of Morpheus illustration work for quite some years now, and I had seen most of them on Patreon for the book. So I am not disappointed on that point, I’m a fan. It was actually fun and interesting to see how the images were cut, and what keywords were extracted.
- I think the deck is smart, the most important Irish Celt concepts are there, the vibe is historically faithful, the emotions are present too, it’s a moving deck. Faces of the Morrigan are respected. A huge focus on Warriorship and Shapeshifting in my opinion (which I love).

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So, it’s a nice addition to my collection. I’m dying to test it for myself and others, to see how it actually respond in « divination ».

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