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« Des Barrières saines dans la com’ spirituelle », témoignage personnel sur mes pratiques de service

Je partage aujourd’hui une vidéo pas forcément facile d’accès (non sous-titrée, très longue), mais dont le sujet est essentiel. Ouassima et Iria Del abordent un thème sur lequel il est absolument nécessaire qu’on s’interroge tous ensemble : les bonnes relations à maintenir entre nous tous, entre clients et professionnels, mais même entre toute personne qui sert la communauté et ses membres. Difficile de revenir sur tous les points abordés, et pourtant j’aimerais beaucoup avoir le temps de le faire.

Quelques points abordés dans la vidéo  :

- L’intimité qui se créé entre les deux personnes quand on touche à des sujets si personnels (le soi, le spirituel, notre évolution…). Par extension, certains certains clients / abonnés prennent cette intimité de sujet pour une intimité personnelle, voire pensent être proches de nous (voire des amis).
- Il existe un paradoxe énorme entre nos messages de libération des individus et leur autonomie versus les personnes qui viennent nous demander qu’on leur livre toutes les réponses (dans un email, dans un tirage, etc).
- Lorsqu’une personne nous exige ainsi de lui livrer les clés pendant qu’il reste passif, et sans réfléchir : on se retrouve face à quelqu’un qui vient nous demander de l’aide, que l’on a proposé d’offrir puisque nous services sont ouverts (ou que l’on partage en ligne) ; dans ces cas-là, même si la personne nous a lu(e)s elle n’a visiblement pas compris nos démarches, mais puisqu’elle vient demander de l’aide, comment dire non ?!
- Beaucoup de personnes voient nos faces, nos noms, et pensent qu’on se met en avant, alors qu’on se bat pour du contenu, des idées, que c’est ce que l’on dit qui compte.
- Le cercle vicieux du temps nécessaire pour investir toujours plus de temps.  Nous avons besoin de beaucoup de temps pour créer des contenus et accompagner les personnes ; mais parallèlement, on a aussi besoin de temps supplémentaire, libre, pour nous ! Parce qu’on doit continuer à cheminer, à apprendre, etc, pour continuer à donner, à guider, etc.
- Un gros problème : les gens qui ne savent pas faire la différence entre inspiration et « plagiat soft ». Au départ ils sont mus par un grand enthousiaste de envers nos travaux, mais ils ne se rendent pas compte qu’ils copient une personnalité au lieu de trouver leur propre individualité et de la développer. Et souvent cela finit par récupérer les contenus mots pour mots.
- Il demeure une tendance à avoir un peu peur de se montrer, d’être dans ce milieu etc ; c’est mal vu, on se cache lorsque l’on consulte une cartomancienne, etc.
- Un problème de vision : les internautes ne réalisent pas toujours la préciosité de notre temps, y compris lors des messages et y répondre ; la réalité du travail d’écriture, de conception d’idées, de vidéos, etc, n’est pas vraiment intégrée.
- Les grosses projections et transferts que font les abonnés ou les clients sur nous. Plein d’exemples sont donnés dans la vidéo : a) quand on ne répond pas à la minute, ou pas le jour-même etc… que les gens se sentent trahis ou abandonnés. b) quand on renvoie une personne qui nous a posé une question vers une formation ou un autre service que l’on a conçu, et que celle-ci pense qu’on est dans capitalistes sans âme là pour gagner de l’argent, alors qu’on a seulement écouté leur besoin, et qu’on les aiguille vers ce qui leur conviendrait mieux (selon notre opinion). Sachant qu’Iria nomme aussi très bien le fait que parfois on aiguille vers d’autres praticiens que soi; on n’est pas là pour faire de la pub aux copains, on renvoie vers quelqu’un qu’on pense être plus qualifié, ou plus adapté à votre parcours.
- Il demeure un fossé très grand entre les francophones et les anglophones concernant le rapport à l’argent.

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Quelques éléments de témoignage :

- Cela a été extrêmement dur, mais j’ai déjà renvoyé des proches ou des clients vers d’autres cartomanciens ou voyants quand je n’avais pas assez d’énergie, ou que je me sentais douteuse sur un sujet. De la même façon, sur les sujets humains, j’ai toujours essayé d’être douce, car certaines personnes prennent peur, mais j’ai souvent exprimé que telle difficulté qui prenait trop de place dans la vie d’un client pourrait ou devrait être traitée avec un thérapeute professionnel (de la psychologie). Je précise que je donne des pistes, mais que cela n’est pas ma profession, et que quelqu’un est professionnellement formé pour traiter tel ou tel sujet.

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- Des réflexes de se cacher qui persistent. Ces quelques dernières années, je me suis rendue compte que malgré un travail introspectif et sur mes Ombres concernant mon assurance et mon auto-affirmation, notre chemin n’est pas linéaire, et parfois on fait des « rechutes ». Sauf que je me l’étais un peu caché. J’ai eu beau faire des travaux et des services publics dès 2010 (notamment avec le site sacré à Morrigan et mes questionnements sur la prêtrise), et remettre le couvert en 2013 lorsque j’ai ouvert ma boutique Etsy et le site de « Sur le Seuil » (qui étaient en partie commandés, en partie dévotionnels), j’ai progressivement tu une partie des mes motivations, de mes activités. Pourquoi ? Par peur évidemment. Certaines imaginaires, et d’autres fondées. On m’a bien traitée de folle à liée dangereuse avec mes histoires de Dieux. Comment ça polythéiste ? Les Dieux ne sont que des archétypes, ça n’existe pas. Eh oui… Même dans « notre » milieu (le paganisme en gros), chacun prêche pour sa chapelle, et ce n’est pas uniquement des gens extérieurs qu’il a fallu se méfier, mais de nos « pairs ». Et ça, ce fut vraiment très dur. J’ai aseptisé mes sites de leur tendance polythéiste stricte au fil du temps. D’autant plus que je savais qu’une grande partie de la communauté française d’adorateurs de carte n’a rien à voir avec le paganisme. Il y a plein de chrétiens, officiels ou simples dévots des anges. C’est terrible de voir que je m’étais moi-même auto-censurée sans que personne ne me demande rien… A côté de la folie, il y a eu aussi tous les reproches de crise d’ego, car cet argument a bon vent, y compris dans un contexte qui n’a rien à voir. Affirmer entendre les divinités, recevoir des messages, et pire, affirmer que *le divin* nous a demandé explicitement de faire des choses et de transmettre des messages ? Ça ne plaît pas à beaucoup de monde. Cela a été perçu comme des délires narcissiques à une période. Parce qu’on est derrière nos écrans, qu’on ne peut pas vérifier, qu’on est de toute façon dans un domaine purement subjectif et non scientifique…

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- Pour ces raisons, mais également à cause du problème du rapport à l’argent, mes contenus se sont modifiés en fonction des publics. J’avais beaucoup moins de mal à être moi-même sur les sphères anglophones, autant dans les partages que les services rémunérés. Une sorte de scission s’est mise en place avec les années… Au début cela me convenait de faire le tri. Aujourd’hui, cette fracture me fatigue, et je commence à me réorganiser dans mes structures et mes projets pour ne plus faire de différence, pour tout rassembler. (Un projet à venir qui l’explicitera)

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Voilà. J’aurais aimé vous en dire beaucoup plus, mais le temps manque. Je pose déjà cette première pierre, qui vient apporter de nouvelles idées, et compléter aussi les postes précédents de ma série sur le cheminement du voyant.

Analyse d’une collection (1): Sélectionner des jeux, s’en séparer pour un voyage


(Read the English post)

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Cette petite « montagne » de jeux et de livres était un fragment cruellement manquant de ma « collection ». Le week-end dernier, je l’ai enfin reçu après bientôt 2 ans d’absence ! Ils attendaient dans un carton à plus de 6000 km…. Cela fait des mois que je parle de proposer un articles sur la définition d’une « collection » de tarots, et sur la mienne en particulier, mais je n’y arrive toujours pas. Trop de pensés dans la tête, un vrai foutoir, du coup je n’arrive pas à me poser pour écrire, et quand j’y parviens, impossible de réussir à coucher sur papier des idées cohérentes. Du coup je me suis dit… peut-être que le mieux serait encore de proposer une série de plusieurs articles plutôt qu’un seul gros, et de poser des mots quand je peux, au fur et à mesure. Voici le premier domaine que je vais tenter de traiter aujourd’hui :

Comment sélectionner des jeux quand on part à l’étranger pour plus de 6 mois ?

Quand on est praticien et que l’on possède une grande collection, choisir de se séparer de certains jeux sur une longue durée est quelque chose de très difficile à concevoir. Lorsqu’il m’a fallu analyser les problèmes de cette question, il m’a semblé voir émerger le principe suivant : lorsque l’on part pour plus de 6 mois, afin de ne pas être frustré il faut réussir à équilibrer le bon mélange entre différents jeux (peu nombreux). De quoi a-t-on besoin pour être équilibré dans nos aventures ? Visualiser dans l’avenir de quel jeu on aura besoin demande d’anticiper des besoins dont on n’a pas connaissance. A priori, j’ai remarqué que la bonne formule était la suivante. Il faut un mélange entre :

1°) Une nouveauté, c’est à dire un jeu que l’on a jamais, ou presque pas utilisé. Cela sera un jeu pour se faire plaisir, se stimuler, offrir des découvertes, et dont on n’aura donc pas l’impression d’avoir fait rapidement le tour. Je crois que cela peut également être un vieux jeu de sa collection que l’on n’avait pas utilisé depuis très longtemps. Vous savez, celui que vous aviez oublié au fond du tiroir ou au 3e rang de la bibliothèque.
2°) De vieux compagnons. Ce sont les jeux dont on est absolument sûr, parce qu’on sait exactement comment ils réagiront, comment ils répondront, pour soi-même et pour les consultants.
3°) Généralement, je cherche aussi à trouver un équilibre entre oracles et tarots. a) l’oracle sera a priori plutôt pour moi, pour mes guidances à la journée ou mes guidances spirituelles. Il m’offrira souvent un plus grand plaisir esthétique. b) de l’autre côté, il me faudra un tarot sûr, quitte à ce qu’il soit très classique (mais cela dépend du tarot que je maîtrise le mieux ou utilise le plus au moment de la sélection en réalité). En effet, souvent l’oracle ne se prête pas du tout à répondre à toutes les questions ni à tous les domaines. Or je sais que si un consultant vient me trouver, je ne pourrais pas l’aider correctement si je n’ai pas un jeu « à tout faire », qui 90% du temps est un tarot. Ex: à un moment donné, !mon tarot à tout faire c’était le Wild Unknown ; à un autre, c’était le Fountain Tarot. etc.
4°) Ce qui est plus difficile de doser quand on manque de place / poids, et d’anticiper plus de 6 mois à l’avance, ce sont nos besoins spirituels lorsque notre pratique du tarot est lié à « autre chose ». En effet, les 3 points plus haut sont assez génériques, et peuvent répondre à tous ceux qui pratiquent la voyance soit prédictive, soit développement personnel. En revanche, ça se complique lorsque d’autres pratiques spirituelles se cumulent. Par exemple, plusieurs praticiens (c’est mon cas) utilisent également le tarot dans des pratiques de médiumnité, pour canaliser des messages d’entités spécifiques, Divinités, Esprits, Ancêtres, défunts divers, etc. D’autres dans des pratiques « magiques », etc. Or pour y répondre, les jeux utilisés ne seront pas forcément les mêmes. Une illustration toute bête : vous préfèrerez probablement utiliser un jeu d’une culture spécifique pour rentrer en contact avec une divinité ou un défunt. Un jeu celte pour une divinité celte, par exemple. Un jeu « New Age » ou chrétien pour communiquer avec des anges ou des défunts. Etc.
5°) L’autre cas assez délicat, c’est de savoir si vous pouvez vous passer de livrets d’accompagnements et de livres sur les cartes pendant votre séjour, ou non. Parfois il y a des bouquins que l’on consulte sans cesse après un tirage, ou même des livrets d’accompagnement qui sont tellement bien conçus et rédigés qu’on en a besoin souvent, qu’on aime les relire, y compris quand on utilise des jeux avec lequel il n’a pas été conçu. Souvent ce qui peut faire la différence entre le choix entre X ou Y jeu dans la valise, c’est la taille du coffret et son poids, et donc la question de son livre.

Mon expérience (jeux présents sur la photo)

Les jeux présentés plus haut étaient restés derrière-moi au retour de mon séjour, à cause du poids des valises. Pendant plus d’un an. Voyons voir ce qui a causé le choix de rejet, ou ce qui a posé problème quand au final le délai de renvoi a été étendu beaucoup plus que prévu. Voici pour commencer la liste de ce qui y figure :

  • Mary El Tarot + livre
  • Tarot de Crowley + livre (gros coffret)
  • Enchanted Lenormand livret
  • Blue Owl Lenormand
  • Moleskine SDA petit format
  • Psycho Tarot
  • Gaia Oracle
  • Magdalene Oracle
  • Plant Ally Cards
  • Tree Ally Cards
  • Flowers of the Night Oracle
  • Winged Enchanted Oracle

Alors, pour synthétiser les questionnements, j’ai regroupés les jeux en 3 catégories selon l’importance des problèmes de « séparation ». Commençons par le plus simple. Ce qu’il a été facile de laisser derrière moi :

  • Le Blue Owl Lenormand : je possédais déjà un autre Lenormand traditionnel à la maison.
  • Le Psycho Tarot : une nouveauté achetée sur place, que je n’étais pas spécialement enthousiaste de découvrir. J’ai hésité, mais ce n’était absolument pas prioritaire dans mes urgences.
  • Flowers of the Night Oracle : un oracle pour des guidances ici et là, un peu trop flou / restreint… et surtout une déception. Une auteure malhonnête qui avait fait une promesse de campagne jamais tenue. J’attendais un livre d’étude complet sur les plantes du jeu, qui n’a jamais été publiée. J’ai préféré laisser l’amertume de côté. Ce jeu pourrait attendre d’être étudié.
  • Winged Enchanted Oracle : autre nouveauté ; j’avais très envie de découvrir les illustrations et de tester le jeu en application à des questions… mais ça n’était juste pas prioritaire dans ma valise à fermer.
  • Le Tarot de Crowley (Thot) : facile. Celui-ci était une toute nouvelle tradition symbolique je voulais étudier. Le 3e modèle de tarot (après le Marseille et le Rider). C’était un immense chantier que je n’avais pas commencé… du coup je me suis dit, je ne suis plus à quelques mois près, ça peut attendre. Il répond à ma recherche personnelle, mais pas à un besoin particulier ni à un besoin avec mes clients.

Les choix plus difficiles :

  • Le Mary El Tarot + livre : un jeu qui m’avait beaucoup aidée lors de mon arrivée sur place ; du coup c’était difficile sentimentalement de le laisser derrière. Ce qui m’a permis de trancher c’était le fait que j’avais plusieurs tarots à emporter, et que celui-ci avait une utilisation plus restreinte, face à deux autres qui étaient mes jeux « à tout faire ». Du coup nécessairement j’ai dû mettre la priorité sur ces derniers et laisser le Mary El derrière. (Qui en plus était grand, gros et lourd)
  • Les deux jeux de Lisa MacLoughlin (Tree & Plant Ally Cards) : aïe aïe aïe… un autre cas difficile aussi. J’adore ces jeux, ils sont vraiment rafraîchissants et chaleureux. De mémoire, je dirais que c’est leur aspect oracle quotidien qui a réduit leur niveau de priorité. J’avais plein d’autres oracles à la maison qui m’attendaient, et je devais prioriser les autres jeux que j’ai remportés (tiens, d’ailleurs il faudrait voir dans mes archives si j’ai avec moi la liste de ceux qui ont pris la valise du retour! Pour comparer les priorités… mais malheureusement je ne suis pas sûre de l’avoir encore).
  • Les deux oracles de Toni Salerno (Gaia & Magdalene) : je découvrais là-bas cet artiste dont j’avais dû souvent voir passer le travail ; je crois que l’oracle de Gaia était assez à la mode, peut-être sorti il y a peu, ou traduit en français il y a peu, donc on le voyait souvent sur la « sphère ». J’avais été fouiné sur le net, et je voulais voir un peu ce qu’il avait fait d’autre. A mon grand étonnement, personne ne parlait d’un autre jeu que celui de Gaia…. du coup impossible de me faire une idée, mais je voulais voir. Alors j’avais pris Gaia + Magdalene + Wisdom pour creuser la question. Étrangement, le Wisdom Oracle m’est revenu plus rapide que les 2 autres. Or le premier est vraiment mauvais, je vais m’en séparer, tandis que ceux-ci sont meilleurs. Pourquoi sont-ils restés derrière ? Malgré leur visuel qui me touchait beaucoup (la matière plastique de Toni CS), il avait globablement des messages beaucoup plus flous que tous les autres… alors je me suis dit qu’ils ne me seraient pas très utiles par rapport à mes besoins (autres que esthétique). Finalement ils sont restés derrière (si j’avais ajouté quelque chose, j’aurais probablement pris les deux du dessus)

Les crève-cœurs :

  • Le livre de l’Enchanted Lenormand : je savais que m’attendait à la maison l’immense livre de Caitlin Matthews sur le Lenormand. Une mine. Du coup, laisser derrière soi un petit bouquin sur le même sujet n’était pas un grand sacrifice pour laisser de la place et du poids à autre chose… Et pourtant. Ce livre est un de mes préférés tous jeux confondus je crois. Tout y est excellent. L’introduction, les explications sur comment construire son vocabulaire Lenormand, les exemples de tirage, et les doubles pages pour chaque carte… Caitlin s’est surpassée pour cet ouvrage. C’était MA référence d’apprentissage, l’idée de m’en passer me fendait le cœur… Je pensais attendre seulement 4 à 6 mois au départ, et avoir attendu presque 2 ans pour le récupérer ça m’a vraiment coûté. Combien de fois je cherchais une information qui était dedans ! Et quoi qu’on y fasse, ça n’était pas présent dans le livre complet… Idem pour les courtes explications de vocabulaire. Idem pour les fiches synthétiques sur chaque carte. Le nombre de fois où j’ai cherché à retrouver LA signification avec laquelle j’avais appris et que je ne pouvais pas… Un exemple de frustration absolue.
  • Idem avec le petit carnet Moleskine. Qu’est-ce qu’il fout là en fait ? Et bien c’était mon carnet de notes personnelles spécial Lenormand. Mes fiches bristol à moi sur les cartes, au format carnet. Tirées de mes propres exemples de tirage. Avec aussi quelques méthodes. Mine de rien un carnet ça peut peser lourd. J’ai dû me dire que j’avais MILLE carnets de notes à la maison, plein de fiches Lenormand en .doc, et du coup pas très important d’emporter avec soi celui-ci, ça pouvait attendre. Mais ça a été quand même frustrant de « briser » le cycle d’une pratique continue (revenir toujours au même livre ou au même carnet pour prendre des notes). Je crois qu’il m’a fallu choisir entre celui-ci et un carnet où je notais assidument les tirages. Côté priorité c’est ce dernier qui a primé du coup, car il représentait l’intégralité de mon historique, tous mes exemples de pratique etc.
  • Le Celtic Wisdom Oracle : celui-ci a été un crève-cœur insoupçonné… Je possédais d’autres jeux celtiques, oracles et tarots, y compris des jeux du couple Matthews. Donc je ne pensais pas qu’il me manquerait tant que cela. Je pense que ce qui a fait la différence c’est le temps, les 4 mois sont devenus 6, puis 8, puis 12, puis 16…. etc. Ce jeu je ne l’ai utilisé qu’une seule fois d’ailleurs ! Il faudrait que j’en parle dans un autre article complet ! J’avais fait un tirage de l’année tellement puissant qu’il m’a accompagné 12 mois, sans que je puisse remettre les cartes dans le paquet, le mélanger etc… Avec le temps, je me suis rendue compte que c’était le seul jeu que j’avais envie d’utiliser à Yule ou au nouvel an, et ne pas l’avoir me manquait. C’est également un jeu avec le lequel je ressentais une profonde connexion aux Esprits et aux Ancêtres (et Disir) – autres éléments d’autant plus important pour Yule.

Voilà, je crois que je n’ai rien oublié en route. N’hésitez pas à si vous avez des questions pour les prochains articles sur le sujet de la « collection » de jeux de cartes.

Etape de cheminement : une nouvelle aventure se dessine

Modifier son activité, s’ouvrir et collaborer

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(Read the post in English)

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Je reporte ici avec un peu de retard un post de la semaine dernière partagé sur Instagram : « Regardez ce que je viens juste de recevoir dans ma boîte… Au cours du mois qui arrive, je vais tester et passer en revue cet oracle de l’adorable illustratrice @zedoras ! Ça fait un long moment que je rêve d’aider d’autres créateurs, alors c’est une occasion en or. Ça me fait sortir de ma zone de confort mais c’est un bon challenge. L’oracle s’appelle le « White Fox » (Renard Blanc). » Mais je voulais partager plus de contexte, formuler les choses « interdites », les peurs, les soubassements de ce que représente un tel événement. En un sens, cet article poursuit le récit des rebondissements qui interviennent dans mon cheminement spirituel en tant que « tireuse de cartes » (voir l’article que j’avais posté au départ de cette nouvelle impulsion)

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Je fais de mon mieux pour dégager du temps pour moi, pour tirer des cartes, méditer avec elles, rédiger des notes personnelles (dans mes journaux), partager quelques tirages publiquement, et puis avec le temps créer, de plus en plus. Concevoir des tirages, concevoir des articles et dossiers à thème, des séries, créer de nouvelles méditations sur cartes comme j’ai pu le faire dans le passé… Je gribouille dans mon coin aussi, mais c’est plus dur, car j’ai beaucoup plus peur. J’aimerais apprendre des techniques, trouver le temps de pratiquer… Et puis j’étudie les jeux de autres. Je lis. Cela fait des années que j’ai ce mouvement d’expansion qui demande de sortir, et que j’ai du mal à laisser faire. Cela m’avait d’autant plus touchée et ravie quand j’avais pu collaborer avec Alcide sur les Cartes Divinatoires d’Algariel. Je trouve la collaboration extrêmement intéressante dans notre milieu. Or j’ai toujours des ressentis sur tout, des tonnes de questions, et dès que je vois quelque chose de nouveau, j’ai envie de le regarder sous toutes ses coutures ! J’avais ainsi interrogé Alcide en privé, puis en public (une suite était prévue, elle n’aura probablement pas lieu malheureusement). J’ai demandé également à l’illustratrice de l’oracle des Runes si je pouvais l’interroger sur son processus de création, et il faudrait que nous prenions le temps de coucher tout cela par écrit. J’aimerais énormément interroger Lyra sur la création du livre aussi. Bref, les idées fusent, ne s’arrêtent pas. Le temps avançant, j’ose poser des questions et ne pas rester dans mon coin ; j’ose me dire que si je m’interroge, d’autres doivent le faire et seront ravis de pouvoir obtenir des réponses aussi. C’est difficile encore pour moi de publier des livrets de méditations, de méthodes, de tirages, et encore plus d’oser aller au bout d’un jeu. Mais petit à petit j’ose féliciter des gens sans avoir peur qu’on me croit mal intentionnée, je vais vers eux / elles, et je demande.
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Vous l’aurez ainsi peut-être remarqué, la structure du site a changé, car les anciens services de voyance sont passés en sommeil (indisponibles). A la place, j’ai mis en avant cette soif d’aventure et de travailler avec d’autres, de discuter en profondeurs sur des projets, de discuter des dessins, des cartes dans leur ensemble, et des mots qui les accompagnent. J’ai envie d’être là, et d’aider, d’échanger. Quelle grande joie pour moi de pouvoir discuter avec des artistes que j’admire ! Des artistes visuels, mais aussi des artistes « du tarot », car pour moi utiliser des cartes est aussi un art. Or reprendre contact avec d’autres praticiens sur la Toile était une étape très importante pour moi (vous en aurez constaté les fruits sur l’article après ma discussion avec Iria ; tellement d’autres idées attendent d’être exprimées). En effet, en arriver là a demandé en réalité plusieurs mois de travail, car cela demande de beaucoup travailler sur moi-même et sur mes peurs diverses. Pendant plusieurs années, je m’étais beaucoup isolée pour travailler à mes articles et à mes tirages Sur Le Seuil, comme une obligation, pour qu’on ne me reproche pas de faire de la pub dès que je poste quelque part, ou bien de chercher des clients, ou encore de copier les autres. Avoir fermé ma boutique Etsy c’est aussi m’être libérée de ça, de cette pression constante du regard, du jugement et du reproche qui couvent dans l’ombre ; je pense que peu le soupçonnent. En tout cas, nous y voilà, avec les semaines passées, en sortant de ma caverne, je touche du bout du doigt un grand rêve : de nouvelles rencontres, des conversations passionnantes avec ces personnes, et peut-être, des collaborations. Voilà l’essence de ce cri de joie sur Instagram, lorsque j’ai reçu ces feuilles de papier qui ont tellement de sens : le prototype d’un oracle d’une artiste que j’adore depuis des années. Je suis encore toute remuée de pouvoir tester ce jeu qui n’a pas pour l’instant de forme définitive. Remplie d’une joie intense, d’humilité, de curiosité… On verra si j’arrive à me poser suffisamment calmement pour poser des mots ici. On verra également avec sa créatrice ce qu’elle en pense, car elle doit avoir toutes les clés en main, tout le pouvoir de décision sur son bébé. Mais j’aimerais bien en parler ici dans l’avenir, faire une sorte de petit journal pour cette aventure, vous montrer ce que ce jeu peut offrir au quotidien, et probablement, dans l’avenir, vous proposer des tirages très courts personnalisés avec ! Un rêve j’ai dit, cela n’est pas pour rien…

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De la recherche de crédibilité en « tarologie »

Cela fait des mois que j’y songe, mais ces jours-ci les idées se bousculent à un rythme effréné, surtout après avoir lu l’article d’Iria d’Eaux Cultes sur le sujet. Du coup j’en profite de cette impulsion donnée par Iria pour sortir de ma tête mes propres idées, mes propres expériences, et apporter ma pierre à l’édifice (j’ai toujours adoré les bloggers qui se répondent d’article en article, ça me rappellera des bons souvenirs).

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La tarologie, et même la cartomancie, sont affublés de tout un tas de préjugés qui les tirent vers le bas constamment, et nous font tomber, nous praticiens, dans de vilains défauts. Nous pratiquons un domaine où rien n’est à proprement parler « vérifiable ». Nous ne sommes pas une science, nous n’avons pas une méthodologie commune, et même quand c’est le cas (en cartomancie traditionnelle par exemple), la subjectivité, l’expérience et l’intuition du praticien interviennent quand même, et on sort alors de cette illusion « scientifique ». Comment concilier subjectivité et exactitude ? Le premier drame de notre discipline. D’ailleurs, il y a grossièrement deux écoles majeures. Le tarot moderne est majoritairement un support d’interprétation subjective, que l’on appelle souvent « tarot intuitif », par opposition à la cartomancie qui elle est, historiquement, une discipline extrêmement savante d’apprentissage colossal de l’histoire des symboles, des couleurs, des correspondances, etc. Pas que la nouvelle « tradition » intuitive ne fasse pas intervenir parfois ces éléments. La différence se situe dans le fait que la cartomancie traditionnelle fasse systématiquement appel à des significations fixes, permanentes, de chaque symbole (tracé, symbole, couleur, planète etc), déterminé par l’histoire des cultures (occidentale au niveau le plus large ; philosophiques aux niveaux plus spécifiques, comme l’alchimie, la Rose-Croix, la Théosophie, la Golden Dawn, etc). Donc dans un certain sens, cette tradition là est vérifiable et « scientifique » (ce sont des données). C’est plus l’application qui pose problème (utiliser un support et un procédé de tirage aléatoire, et utiliser les dites données pour interpréter les gens, l’avenir, ou que sais-je). Sans aller jusqu’au cliché qui fait fuir du voyant qui livre l’avenir (il faudrait encore définir ce que l’on attend par avenir, et ensuite, malgré tout, plein de voyants ne proposent pas de regarder l’avenir, voire n’y croient tout simplement pas), comment justifier aux yeux du grand public que nous pouvons « voir à distance », ou lire l’intériorité des gens, ou encore lire leur passé ? Quel est notre degré de sérieux, et de « rigueur » ?

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L’autre problème qui nous accable, c’est l’exigence de perfection. Pour accepter que l’on puisse éventuellement voir des choses, lires les gens, il faudrait que l’on arrive à le faire tout le temps. Avez-vous déjà remarqué que lorsque quelqu’un veut vous tester, demande un tirage « pour voir si ça marche », vous n’avez pas le droit à l’erreur ? il faut que ça marche, du premier coup, et à chaque fois. Or, si on n’y parvient pas, est-ce que c’est veut dire que ce que l’on fait est complètement hasardeux ? Que c’est du pif total ? Et si on y arrive deux fois de suite, trois fois de suite, etc, à partir de combien de fois est-ce que l’argument de la probabilité s’applique ? D’ailleurs, si on se trompe une fois, ça n’empêche pas qu’on a pu « voir » juste avant, et qu’on pourra le refaire dans l’avenir. Se tromper n’invalide pas l’entièreté d’un cheminement, l’ensemble de tous les tirages qui ont été faits par un praticien. Mais la question de l’erreur est terrorisante pour les amateurs et les praticiens. Si l’on se trompe, alors on remet tout en question, on n’est pas valable, il faut tout arrêter. Et en plus quand on fait payer le client ?

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Quelles conséquences ont ces clichés sur nous ? Quels sont les défauts qui apparaissent en nous ? Notre recherche de légitimité devient une course extrême et absurde. Pour être un voyant sérieux, il faut se constituer un CV sans faille. 1°) Le premier problème que j’ai rencontré quand j’ai créé mon site, cela a été de rédiger les pages explicatives et de présentation (qui ne sont d’ailleurs toujours pas terminées ; révélateur). Il faut nécessairement se présenter sur son site comme ayant aimé et utilisé les cartes « depuis son enfance » ou sa « jeunesse », ou « depuis plus de 20 ans ». Parce que le temps long = sagesse ou maîtrise. Parce que si on n’a 20 ans de pratique, ça veut dire qu’on ne fait plus d’erreur ? Il suffit de cliquer sur plein de sites de cartomanciens / praticiens, et on va retrouver très facilement ce « trope » : un cliché, un passage obligé, le premier sésame du sérieux. 2°) Quand elle ne cherche pas à se justifier par l’âge, la voyance se cherche des lettres de noblesse pour remplacer son absence de « scientificité » à travers de nouvelles normes, des barèmes de niveau, de sérieux. Le phénomène le plus courant dans le milieu est celui de la formation (a priori, je me demande si ça ne vient pas du domaine du développement personnel et du New Age à l’origine). Soit il faut avoir appris avec tel grand nom de la voyance, soit il faut compter des heures de formation à son actif, pour être « bon » ou « sérieux ». Combien d’heures sont requises ? En réalité, personne n’en sait rien ; c’est tacite, c’est factice, personne n’a jamais posé une exigence, c’est un mouvement collectif. Du coup, dans le doute, on essaie d’en avoir le plus derrière soi. Surtout pour se démarquer des autres. Une formation, deux formations, trois formations… On va y chercher quoi au final ? des heures de pratiques ? Mais cela on peut les obtenir aussi en solitaire dans son coin non ? Je crois que ce que l’on recherche surtout, c’est une validation extérieure : un maître à suivre (le formateur), et un beau bout de papier imprimé comme un diplôme à la sortie, avec un beau tampon officiel. Quelque chose qui puisse dire « regardez, X m’a reconnue comme bon voyant » ou quelque chose de cet ordre. 3°) Quand on n’a pas l’emploi du temps ou pas l’argent pour réaliser des formations, il arrive qu’on cherche alors à courir les libraires pour acheter et absorber le plus possible de livres sur le tarot et l’intuition. Et alors on va chercher à afficher une bibliographie longue comme le bras, avec les « meilleurs » noms du milieu, pour se justifier de notre auto-formation.

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Mais est-ce que c’est bien nécessaire ? Et qu’est-ce qu’on fait quand rien de ça ne nous convient ? Qu’est-ce qu’on fait pour tordre le cou aux idées reçues ? J’ai beaucoup aimé le ton de révolte de l’article d’Iria. Il me parle de cette révolte qui a toujours dormi en moi, mais que je repousse toujours dans un coin de ma conscience, et même quand je m’en rends compte, j’essaie de ne pas l’afficher (quoi que j’ai eu des moments de « folie » de jeunesse, comme quand j’ai gueulé par le passé sur le New Age ou sur M. Harner…) La voyance est un domaine de paradoxe : répandue depuis des années (y a qu’à regarder les libraires, et les quelques grands noms passés à la TV), et pourtant marginalisée (on se cache pour en faire). Marginalité devrait rimer avec liberté, pourtant on voit bien qu’il y a une course, une tentative collective de lui imposer des normes. J’ai toujours eu un souci avec cela, les normes. Qui peut imposer comme cela une voie plus juste qu’une autre ? Qui décide de ce qui est bon ou pas ? Si la réponse est « mais de quoi tu parles Valiel », ou bien « c’est personne », alors voici ce que j’en tire : il n’y a pas d’autorité dans notre milieu, pas de pape, pas de figure de proue. En conséquence, c’est nous, la somme de toutes les parties du tout, qui créont des tendances. Nos propres actes, ajoutés les uns aux autres, créent des moules (des modes), des normes, etc. Parfois c’est tout à fait positif : notamment quand on veut assoir la rigueur humaine dans notre discipline (ne pas voler l’argent des gens, respecter le secret de la vie privée du client, etc). Je pense qu’il est alors bon de se remettre en question très régulièrement. Est-ce que je vais courir après tel livre, telle formation, parce que je le veux vraiment, que ça va m’apprendre quelque chose, ou bien parce que j’imagine que c’est une chose obligatoire pour avoir l’air sérieux aux yeux de mes clients ? Notez tous les italiques, qui relèvent beaucoup de problèmes dans cette phrase.

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Au final, je crois qu’il est bon de discuter entre « collègues », de voir ce que proposent les autres, de commander des tirages d’autres praticiens pour se retrouver dans la position de client. C’est bien de se confronter à la variété des pratiques et des sensibilités, et, bien évidemment, de passer du temps à étudier. Les gens qui me connaissent, qui me suivent depuis longtemps, savent que j’ai cette exigence terrible de rigueur (c’est aussi une des causes qui bloque ma production). Citer ses sources. Arrêter d’employer un mot pour un autre. Poser des définitions claires. Ne pas être superficiel, aller chercher dans l’histoire, dans la tradition, des informations, des sources. Dans le cas de la voyance pourtant, j’ai eu un frein. Toute influence extérieure me faisait douter et me donnait l’impression de brouiller mes capacités. A dose minime j’ai quand même un peu lu, je me suis quand même renseignée, j’ai fini par découvrir la distinction entre cartomancie et tarot moderne (intuitif). A force de pratiquer en solitaire, de réfléchir sur moi-même et non sur ce que font les autres, j’ai compris que les cartes n’étaient qu’un prétexte, un support de voyance. Alors mes lectures à moi, mes recherches, elles se sont faites dans le domaine de le voyance et de la médiumnité, pas dans l’historicité du tarot et de ces symboles. Par la suite rejetant les modes et les obligations, j’ai laissé de côté les livres, et j’ai plutôt « feuilleté » quelques sites modernes sur le tarot. L’étude fait partie de ma passion, et de mon éthique de vie. C’est nécessaire. Par contre, je n’ai pas fait de bibliographie. Et je me suis tenue loin des modes. L’année passée, j’ai tenté de relativiser toutes mes positions pour sortir des extrêmes : chaque chose, chaque phénomène, est à double tranchant. Une mode est quelque chose qui a tendance à viscéralement me dégoûter, me rebuter, parce que je vois les fils tissés d’une démarche capitalisme ultra-libérale qui absorbe une chose sincère et la pervertit (en change sa nature, son usage, etc, je vous renvoie au New Age très souvent sur ce point). Mais les modes, c’est aussi synonyme de démocratisation, et ça peut être plutôt bien ça : si la voyance se démocratise, on sort progressivement des clichés que nous sommes des vieilles folles ou des charlatans, par exemple. Mais nous, voyants et adorateurs de cartes, nous devenons alors une cible. De marketing. Notre porte-monnaie est visé, et « on » (les structures, et les hommes) va tout tenter pour nous persuader de la nécessité pour nous d’acheter tel livre, de lire tel auteur, ou de faire telle formation. Vous voyez le travers ? Il y a des auteurs anglophones qui sont littéralement brillants, à la fois pour leur savoir encyclopédique, pour leur maîtrise de l’intuition, pour leur talent d’écriture et de vulgarisation… Les lire est une bonne chose pour nous. Mais on n’est donc pas à l’abri d’être devenus des moutons, et d’acheter « parce qu’il faut », et non pas pour le contenu. L’auteur devient une icône, un symbole. Le fameux phénomène de mode perverti…

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Pour ces multiples raisons, accompagnées de mes propres réactions épidermiques, j’avais cherché à faire ce qu’Iria mentionne dans son article : j’ai voulu développer mes capacités à moi. Rien à qu’à moi, dans mon coin. A une époque où tout le monde lisait les livres de Barbara Moore, de Rachel Pollack (la Bible du tarot notamment), de Tali Goodwin & Marcus Katz… où il fallait absolument être inscrit à leur ligue et faire leur formation (je ne sais plus si c’était déjà Tarotsophy ou pas ; dans ma mémoire c’était un sigle ou un autre nom en 2012), j’ai littéralement couru dans l’autre sens. Je me suis isolée, je n’ai acheté aucun livre (pétrie de peur, il faut le dire). Lorsque j’ai voulu lire, je suis plutôt allée voir des témoignages de professionnels et de médiums pour écouter leurs découvertes et leurs approches ; je cherchais quelque part à trouver quelqu’un qui fonctionnait comme moi. Et du coup, dans la petite sphère que je fréquentais en 2012 (la « sphère païenne », qui n’était pas spécialisée directement sur les cartes ; je suppose qu’il y avait d’autres sphères, plus ésotériques ou « voyances », mais je n’en avais pas connaissance), les noms que j’ai croisés personne n’en parlait. Il y a eu un séminaire ancien et passionnant de Maud Kristen, qui m’a beaucoup remuée parce qu’elle parlait avec des mots exactement similaires au mien sur certains points. Je l’avais partagé avidement sur mon blog, mais depuis les liens sont morts malheureusement… j’aurais tellement aimé pouvoir l’archiver et en parler encore aujourd’hui. Et puis il y a eu une série de 2 ou 3 vidéos de Cheryl Lee Harnish, également publiée sur mon blog à l’époque (et également retirée de la circulation), bouleversante de justesse pour apprendre ce qu’était l’intuition et comment l’écouter (directement dans le domaine d’un tirage de carte). Notez que c’est une artiste et auteure New Age, preuve s’il en est que je ne rejette pas tout en bloc sous prétexte que… Parfois il y a du bon. Et bien que je n’adhère pas à toutes ses croyances et opinions, sa méthode de lecture de carte intuitive était brillante et puissante. C’est elle qui m’a permis de rouvrir les portes que j’avais clos violemment dans mon adolescence pour éviter d’être submergée. Et j’adore toujours ses cartes à l’heure actuelle.

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Un peu difficile de clôturer ce fil de pensées avec tout ce qui en déborde… J’espère que mon article ne sera pas trop illisible. Je laisserai la parole à Iria de nouveau pour finir, avec son message radical :

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« Certes, tout le monde peut se revendiquer tout et n’importe quoi avec un tel système. Mais, le bouche à oreille, les recommandations d’amis et connaissances ne trompent pas. Tout comme un diplôme, un cadre est un leurre. On peut parfaitement être déçu et perdre son temps et son argent avec un professionnel « validé » par un papier. Le cadre rassure faussement car il a le pouvoir de mettre sur OFF notre discernement et notre intuition. En gros, le cadre nous endort. Ce n’est pas rassurant du tout selon moi. Qu’est-ce qu’on attend pour rappuyer sur ON ? »

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Car au final, je n’ai pas lu ces livres (mentionnés plus haut) ni aucun ouvrage sur le Rider Waite Smit (j’ai feuilleté celui de son créateur par contre), mais est-ce que cela m’a empêché d’aider les gens qui sont venus me voir ? Non. J’ai été claire avec eux : je ne suis pas une cartomancienne, je n’utilise pas cette méthode. Je suis voyante, qui utilise un support, les cartes. Ils ont posé leurs questions, j’y ai répondu. Et ils étaient satisfaits. C’est tout ce qui compte. C’est eux, et la pratique, qui m’ont rassurée.

Les étapes dans la vie d’un tireur de cartes : le retrait

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Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas arrêtée sur mon chemin pour réaliser un peu d’introspection sur mon parcours de voyance. Je me suis dit que c’était probablement un sujet dont on parlait peu, et que cela serait l’occasion de discuter avec d’autres personnes que de venir l’écrire ici.

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Si j’avais été à temps plein aujourd’hui, professionnelle dans la voyance, je ne sais pas comment j’aurais géré ce qui m’arrive : je suis entrée dans une phase de repli introspectif. J’ai dû « fermer » ma boutique Etsy il y a quelques jours, car quelque chose ne résonnait plus. Ça n’était plus « juste » d’offrir mes services à d’autres, et de recevoir une compensation aussi. C’est très étrange, car je préfère probablement tirer les cartes pour les autres que pour moi, j’aime servir de cette façon. Comment abandonner le service qui a toujours été une partie majeure de mon cheminement ? Comment rendre son tablier ? Aussi, cette maigre compensation financière était pour moi importante, car elle permettait de financer ma passion (payer le site web, et acheter des jeux et des livres pour approfondir mes pratiques et mes connaissances). Quelque part en moi, j’ai ressenti une forme de « tiraillement », sur lequel je n’arrive pas encore à poser des mots, mais je sentais que quelque chose n’allait pas. Je dirais que c’est similaire à l’état de tiraillement que je peux ressentir si je suis sur le point de mentir ou de dissimuler une information à quelqu’un (ce que je ne supporte pas de faire, et qui ne correspond pas à mes valeurs), ou quand la vérité est entravée, ou encore qu’une injustice a lieu. Alors après avoir tenté de comprendre, en vain, j’ai senti que malgré l’envie de servir, malgré le fait que cela ait fait si longtemps parti de moi, et malgré le besoin d’argent, il fallait fermer boutique. Et malgré le mélange de culpabilité et d’angoisse de raccrocher le tablier, contre toute attente j’ai ressenti du soulagement.

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Je crois que ce que je ressens intérieurement, c’est le besoin de réattirer à moi des énergies qui ont été éparpillées, et de me servir moi avant tout. Des images me reviennent également de l’année 2012, lorsque j’ai connu cette expansion de connaissances sur la maîtrise de notre intuition et la pratique des cartes. Peut-être que ce que je ressens c’est une sorte de nécessité à redevenir une ‘étudiante’, à remettre tous mes acquis à zéro, à revenir à une position d’apprentissage. Quelque part, c’est un peu comme le voyage du fou, qui remet à zéro le chemin des arcanes majeurs. J’ai remis à zéro mes convictions. Je vais prendre du temps pour moi, pour écrire dans mes journaux, pour méditer, pour développer…. c’est flou encore. Je crois sentir également une sorte de glissement, de transformation de mon « service ». L’envie de reprendre les échanges, le besoin d’écrire aussi. Ecrire un livre ? Actuellement je n’y crois pas trop. Par contre développer le site ici, cela me plairait beaucoup plus commencer. Proposer des dossiers à thème qui sont toujours dans mes brouillons, et des réflexions plus personnelles sur la voyance. Rechercher aussi. Lire des témoignages d’autres voyantes et cartomanciennes. Et des artistes aussi. Leur écrire peut-être. Les interroger, en privé ou en public (j’ai quelques interviews en tête).

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Je n’ai plus de certitudes. Je ne sais pas exactement ce qu’il se passe, je ne sais pas ce que je vais faire, où je vais aller, mais j’accueille cette nouvelle phase de ma vie. Je m’ouvre à la curiosité et à la nécessité, au plaisir de redevenir une étudiante.
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English Sumary from Instagram :

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What does your spiritual path look like? Your psychic or tarot journey? As a person, as a professional maybe? It is constant? Is it linear? Or does it have stops and restarts? Gaps?
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It’s been approximately a month that I have been feeling something had changed within me regarding my energy and my path. I still cannot exactly figure out and identify what’s going on, but I felt misaligned, and I finally decided to close my tarot etsy shop. It may appear to be superficial but it’s not. My card readings are a service to other people that is dear to my heart. Closing my offers seemed really weird, how can I say « no » to service? Also, it was the sole extra money source I had. But it felt wrong somehow… And I felt relief when I closed the shop. I wonder how I could have managed this new spiritual phase of I had been a full time professional.
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I wonder what is in store for me right now. What am I going to learn.
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