Posts in Category: Réflexions

De la recherche de crédibilité en « tarologie »

Cela fait des mois que j’y songe, mais ces jours-ci les idées se bousculent à un rythme effréné, surtout après avoir lu l’article d’Iria d’Eaux Cultes sur le sujet. Du coup j’en profite de cette impulsion donnée par Iria pour sortir de ma tête mes propres idées, mes propres expériences, et apporter ma pierre à l’édifice (j’ai toujours adoré les bloggers qui se répondent d’article en article, ça me rappellera des bons souvenirs).

.

La tarologie, et même la cartomancie, sont affublés de tout un tas de préjugés qui les tirent vers le bas constamment, et nous font tomber, nous praticiens, dans de vilains défauts. Nous pratiquons un domaine où rien n’est à proprement parler « vérifiable ». Nous ne sommes pas une science, nous n’avons pas une méthodologie commune, et même quand c’est le cas (en cartomancie traditionnelle par exemple), la subjectivité, l’expérience et l’intuition du praticien interviennent quand même, et on sort alors de cette illusion « scientifique ». Comment concilier subjectivité et exactitude ? Le premier drame de notre discipline. D’ailleurs, il y a grossièrement deux écoles majeures. Le tarot moderne est majoritairement un support d’interprétation subjective, que l’on appelle souvent « tarot intuitif », par opposition à la cartomancie qui elle est, historiquement, une discipline extrêmement savante d’apprentissage colossal de l’histoire des symboles, des couleurs, des correspondances, etc. Pas que la nouvelle « tradition » intuitive ne fasse pas intervenir parfois ces éléments. La différence se situe dans le fait que la cartomancie traditionnelle fasse systématiquement appel à des significations fixes, permanentes, de chaque symbole (tracé, symbole, couleur, planète etc), déterminé par l’histoire des cultures (occidentale au niveau le plus large ; philosophiques aux niveaux plus spécifiques, comme l’alchimie, la Rose-Croix, la Théosophie, la Golden Dawn, etc). Donc dans un certain sens, cette tradition là est vérifiable et « scientifique » (ce sont des données). C’est plus l’application qui pose problème (utiliser un support et un procédé de tirage aléatoire, et utiliser les dites données pour interpréter les gens, l’avenir, ou que sais-je). Sans aller jusqu’au cliché qui fait fuir du voyant qui livre l’avenir (il faudrait encore définir ce que l’on attend par avenir, et ensuite, malgré tout, plein de voyants ne proposent pas de regarder l’avenir, voire n’y croient tout simplement pas), comment justifier aux yeux du grand public que nous pouvons « voir à distance », ou lire l’intériorité des gens, ou encore lire leur passé ? Quel est notre degré de sérieux, et de « rigueur » ?

.

L’autre problème qui nous accable, c’est l’exigence de perfection. Pour accepter que l’on puisse éventuellement voir des choses, lires les gens, il faudrait que l’on arrive à le faire tout le temps. Avez-vous déjà remarqué que lorsque quelqu’un veut vous tester, demande un tirage « pour voir si ça marche », vous n’avez pas le droit à l’erreur ? il faut que ça marche, du premier coup, et à chaque fois. Or, si on n’y parvient pas, est-ce que c’est veut dire que ce que l’on fait est complètement hasardeux ? Que c’est du pif total ? Et si on y arrive deux fois de suite, trois fois de suite, etc, à partir de combien de fois est-ce que l’argument de la probabilité s’applique ? D’ailleurs, si on se trompe une fois, ça n’empêche pas qu’on a pu « voir » juste avant, et qu’on pourra le refaire dans l’avenir. Se tromper n’invalide pas l’entièreté d’un cheminement, l’ensemble de tous les tirages qui ont été faits par un praticien. Mais la question de l’erreur est terrorisante pour les amateurs et les praticiens. Si l’on se trompe, alors on remet tout en question, on n’est pas valable, il faut tout arrêter. Et en plus quand on fait payer le client ?

.

Quelles conséquences ont ces clichés sur nous ? Quels sont les défauts qui apparaissent en nous ? Notre recherche de légitimité devient une course extrême et absurde. Pour être un voyant sérieux, il faut se constituer un CV sans faille. 1°) Le premier problème que j’ai rencontré quand j’ai créé mon site, cela a été de rédiger les pages explicatives et de présentation (qui ne sont d’ailleurs toujours pas terminées ; révélateur). Il faut nécessairement se présenter sur son site comme ayant aimé et utilisé les cartes « depuis son enfance » ou sa « jeunesse », ou « depuis plus de 20 ans ». Parce que le temps long = sagesse ou maîtrise. Parce que si on n’a 20 ans de pratique, ça veut dire qu’on ne fait plus d’erreur ? Il suffit de cliquer sur plein de sites de cartomanciens / praticiens, et on va retrouver très facilement ce « trope » : un cliché, un passage obligé, le premier sésame du sérieux. 2°) Quand elle ne cherche pas à se justifier par l’âge, la voyance se cherche des lettres de noblesse pour remplacer son absence de « scientificité » à travers de nouvelles normes, des barèmes de niveau, de sérieux. Le phénomène le plus courant dans le milieu est celui de la formation (a priori, je me demande si ça ne vient pas du domaine du développement personnel et du New Age à l’origine). Soit il faut avoir appris avec tel grand nom de la voyance, soit il faut compter des heures de formation à son actif, pour être « bon » ou « sérieux ». Combien d’heures sont requises ? En réalité, personne n’en sait rien ; c’est tacite, c’est factice, personne n’a jamais posé une exigence, c’est un mouvement collectif. Du coup, dans le doute, on essaie d’en avoir le plus derrière soi. Surtout pour se démarquer des autres. Une formation, deux formations, trois formations… On va y chercher quoi au final ? des heures de pratiques ? Mais cela on peut les obtenir aussi en solitaire dans son coin non ? Je crois que ce que l’on recherche surtout, c’est une validation extérieure : un maître à suivre (le formateur), et un beau bout de papier imprimé comme un diplôme à la sortie, avec un beau tampon officiel. Quelque chose qui puisse dire « regardez, X m’a reconnue comme bon voyant » ou quelque chose de cet ordre. 3°) Quand on n’a pas l’emploi du temps ou pas l’argent pour réaliser des formations, il arrive qu’on cherche alors à courir les libraires pour acheter et absorber le plus possible de livres sur le tarot et l’intuition. Et alors on va chercher à afficher une bibliographie longue comme le bras, avec les « meilleurs » noms du milieu, pour se justifier de notre auto-formation.

.

Mais est-ce que c’est bien nécessaire ? Et qu’est-ce qu’on fait quand rien de ça ne nous convient ? Qu’est-ce qu’on fait pour tordre le cou aux idées reçues ? J’ai beaucoup aimé le ton de révolte de l’article d’Iria. Il me parle de cette révolte qui a toujours dormi en moi, mais que je repousse toujours dans un coin de ma conscience, et même quand je m’en rends compte, j’essaie de ne pas l’afficher (quoi que j’ai eu des moments de « folie » de jeunesse, comme quand j’ai gueulé par le passé sur le New Age ou sur M. Harner…) La voyance est un domaine de paradoxe : répandue depuis des années (y a qu’à regarder les libraires, et les quelques grands noms passés à la TV), et pourtant marginalisée (on se cache pour en faire). Marginalité devrait rimer avec liberté, pourtant on voit bien qu’il y a une course, une tentative collective de lui imposer des normes. J’ai toujours eu un souci avec cela, les normes. Qui peut imposer comme cela une voie plus juste qu’une autre ? Qui décide de ce qui est bon ou pas ? Si la réponse est « mais de quoi tu parles Valiel », ou bien « c’est personne », alors voici ce que j’en tire : il n’y a pas d’autorité dans notre milieu, pas de pape, pas de figure de proue. En conséquence, c’est nous, la somme de toutes les parties du tout, qui créont des tendances. Nos propres actes, ajoutés les uns aux autres, créent des moules (des modes), des normes, etc. Parfois c’est tout à fait positif : notamment quand on veut assoir la rigueur humaine dans notre discipline (ne pas voler l’argent des gens, respecter le secret de la vie privée du client, etc). Je pense qu’il est alors bon de se remettre en question très régulièrement. Est-ce que je vais courir après tel livre, telle formation, parce que je le veux vraiment, que ça va m’apprendre quelque chose, ou bien parce que j’imagine que c’est une chose obligatoire pour avoir l’air sérieux aux yeux de mes clients ? Notez tous les italiques, qui relèvent beaucoup de problèmes dans cette phrase.

.
Au final, je crois qu’il est bon de discuter entre « collègues », de voir ce que proposent les autres, de commander des tirages d’autres praticiens pour se retrouver dans la position de client. C’est bien de se confronter à la variété des pratiques et des sensibilités, et, bien évidemment, de passer du temps à étudier. Les gens qui me connaissent, qui me suivent depuis longtemps, savent que j’ai cette exigence terrible de rigueur. Citer ses sources. Arrêter d’employer un mot pour un autre. Poser des définitions claires. Ne pas être superficiel, aller chercher dans l’histoire, dans la tradition, des informations, des sources. Dans le cas de la voyance pourtant, j’ai eu un frein. Toute influence extérieure me donnait l’impression de brouiller mes capacités. Et comme j’ai quand même un peu lu, que je me suis quand même renseignée, j’ai fini par découvrir la distinction entre cartomancie et tarot moderne (intuitif). A force de pratiquer en solitaire, j’ai compris que les cartes n’étaient qu’un prétexte, un support de voyance. Alors mes lectures à moi, mes recherches, elles se sont fait dans le domaine de le voyance et de la médiumnité, pas dans l’historicité du tarot et des symboles. Par la suite rejetant les modes et les obligations, j’ai laissé de côté les livres, et j’ai plutôt « feuilleté » quelques sites modernes sur le tarot. L’étude  partie de ma passion, et de mon éthique de vie. C’est nécessaire. Par contre, je n’ai pas fait de bibliographie. Et je me suis tenue loin des modes. L’année passée, j’ai tenté de relativiser toutes mes positions pour sortir des extrêmes : chaque chose, chaque phénomène, est à double tranchant. Une mode est quelque chose qui a tendance à viscéralement me dégoûter, me rebuter, parce que je vois les fils tissés d’une démarche capitalisme ultra-libérale qui absorbe une chose sincère et la pervertit (en change sa nature, son usage, etc, je vous renvoie au New Age très souvent sur ce point). Mais les modes, c’est aussi synonyme de démocratisation, et ça peut être plutôt bien ça : si la voyance se démocratise, on sort progressivement des clichés que nous sommes des vieilles folles ou des charlatans, par exemple. Mais nous, voyants et adorateurs de cartes, nous devenons alors une cible. De marketing. Notre porte-monnaie est visé, et « on » (les structures, et les hommes) va tout tenter pour nous persuader de la nécessité pour nous d’acheter tel livre, de lire tel auteur, ou de faire telle formation. Vous voyez le travers ? Il y a des auteurs anglophones qui sont littéralement brillants, à la fois pour leur savoir encyclopédique, pour leur maîtrise de l’intuition, pour leur talent d’écriture et de vulgarisation… Les lire est une bonne chose pour nous. Mais on n’est donc pas à l’abri d’être devenus des moutons, et d’acheter « parce qu’il faut », et non pas pour le contenu. L’auteur devient une icône, un symbole. Le fameux phénomène de mode perverti…

.

Pour ces multiples raisons, accompagnées de mes propres réactions épidermiques, j’ai cherché à faire ce qu’Iria mentionne dans son article : j’ai voulu développer mes capacités à moi. Rien à qu’à moi, dans mon coin. A une époque où tout le monde lisait les livres de Barbara Moore, de Rachel Pollack (la Bible du tarot notamment), de Tali Goodwin & Marcus Katz… où il fallait absolument être inscrit à leur ligue et faire leur formation (je ne sais plus si c’était déjà Tarotsophy ou pas ; dans ma mémoire c’était un sigle ou un autre nom en 2012), j’ai littéralement couru dans l’autre sens. Je me suis isolée, je n’ai acheté aucun livre. Et je suis allée voir plutôt des témoignages de professionnels pour écouter leurs découvertes et leur approche, pour voir qui fonctionnait comme moi. Et du coup, dans la petite sphère que je fréquentais en 2012 (la « sphère païenne », qui n’était pas spécialisée directement sur les cartes ; je suppose qu’il y avait d’autres sphères, plus ésotériques ou « voyances », dont je n’avais pas connaissance), les noms que je suis allée chercher personne n’en parlait. Il y a eu un séminaire ancien et passionnant de Maud Kristen, qui m’a beaucoup remuée parce qu’elle parlait avec des mots exactement similaires au mien sur certains points. Je l’avais partagé avidement sur mon blog, mais depuis les liens sont morts malheureusement… j’aurais tellement aimé pouvoir l’archiver et en parler encore aujourd’hui. Et puis il y a eu une série de 2 ou 3 vidéos de Cheryl Lee Harnish, également publiée sur mon blog à l’époque (et également retirée de la circulation), bouleversante de justesse pour apprendre ce qu’était l’intuition et comment l’écouter (directement dans le domaine d’un tirage de carte). Notez que c’est une artiste et auteure New Age, preuve s’il en est que je ne rejette pas tout en bloc sous prétexte que… Parfois il y a du bon. Et bien que je n’adhère pas à toutes ses croyances et opinions, sa méthode de lecture de carte intuitive était brillante et puissante. C’est elle qui m’a permis de rouvrir les portes que j’avais clos violemment dans mon adolescence pour éviter d’être submergée. Et j’adore toujours ses cartes à l’heure actuelle.

.

Un peu difficile de clôturer ce fil de pensées avec tout ce qui en déborde… J’espère que mon article ne sera pas trop illisible. Je laisserai la parole à Iria de nouveau pour finir, avec son message radical :

.

« Certes, tout le monde peut se revendiquer tout et n’importe quoi avec un tel système. Mais, le bouche à oreille, les recommandations d’amis et connaissances ne trompent pas. Tout comme un diplôme, un cadre est un leurre. On peut parfaitement être déçu et perdre son temps et son argent avec un professionnel « validé » par un papier. Le cadre rassure faussement car il a le pouvoir de mettre sur OFF notre discernement et notre intuition. En gros, le cadre nous endort. Ce n’est pas rassurant du tout selon moi. Qu’est-ce qu’on attend pour rappuyer sur ON ? »

.

Car au final, je n’ai pas lu ces livres (mentionnés plus haut) ni aucun ouvrage sur le Rider Waite Smit (j’ai feuilleté celui de son créateur par contre), mais est-ce que cela m’a empêché d’aider les gens qui sont venus me voir ? Non. J’ai été claire avec eux : je ne suis pas une cartomancienne, je n’utilise pas cette méthode. Je suis voyante, qui utilise un support, les cartes. Ils ont posé leurs questions, j’y ai répondu. Et ils étaient satisfaits. C’est tout ce qui compte. C’est eux, et la pratique, qui m’ont rassurée.

Les étapes dans la vie d’un tireur de cartes

.
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas arrêtée sur mon chemin pour réaliser un peu d’introspection sur mon parcours de voyance. Je me suis dit que c’était probablement un sujet dont on parlait peu, et que cela serait l’occasion de discuter avec d’autres personnes que de venir l’écrire ici.

.

Si j’avais été à temps plein aujourd’hui, professionnelle dans la voyance, je ne sais pas comment j’aurais géré ce qui m’arrive : je suis entrée dans une phase de repli introspectif. J’ai dû « fermer » ma boutique Etsy il y a quelques jours, car quelque chose ne résonnait plus. Ça n’était plus « juste » d’offrir mes services à d’autres, et de recevoir une compensation aussi. C’est très étrange, car je préfère probablement tirer les cartes pour les autres que pour moi, j’aime servir de cette façon. Comment abandonner le service qui a toujours été une partie majeure de mon cheminement ? Comment rendre son tablier ? Aussi, cette maigre compensation financière était pour moi importante, car elle permettait de financer ma passion (payer le site web, et acheter des jeux et des livres pour approfondir mes pratiques et mes connaissances). Quelque part en moi, j’ai ressenti une forme de « tiraillement », sur lequel je n’arrive pas encore à poser des mots, mais je sentais que quelque chose n’allait pas. Je dirais que c’est similaire à l’état de tiraillement que je peux ressentir si je suis sur le point de mentir ou de dissimuler une information à quelqu’un (ce que je ne supporte pas de faire, et qui ne correspond pas à mes valeurs), ou quand la vérité est entravée, ou encore qu’une injustice a lieu. Alors après avoir tenté de comprendre, en vain, j’ai senti que malgré l’envie de servir, malgré le fait que cela ait fait si longtemps parti de moi, et malgré le besoin d’argent, il fallait fermer boutique. Et malgré le mélange de culpabilité et d’angoisse de raccrocher le tablier, contre toute attente j’ai ressenti du soulagement.

.

Je crois que ce que je ressens intérieurement, c’est le besoin de réattirer à moi des énergies qui ont été éparpillées, et de me servir moi avant tout. Des images me reviennent également de l’année 2012, lorsque j’ai connu cette expansion de connaissances sur la maîtrise de notre intuition et la pratique des cartes. Peut-être que ce que je ressens c’est une sorte de nécessité à redevenir une ‘étudiante’, à remettre tous mes acquis à zéro, à revenir à une position d’apprentissage. Quelque part, c’est un peu comme le voyage du fou, qui remet à zéro le chemin des arcanes majeurs. J’ai remis à zéro mes convictions. Je vais prendre du temps pour moi, pour écrire dans mes journaux, pour méditer, pour développer…. c’est flou encore. Je crois sentir également une sorte de glissement, de transformation de mon « service ». L’envie de reprendre les échanges, le besoin d’écrire aussi. Ecrire un livre ? Actuellement je n’y crois pas trop. Par contre développer le site ici, cela me plairait beaucoup plus commencer. Proposer des dossiers à thème qui sont toujours dans mes brouillons, et des réflexions plus personnelles sur la voyance. Rechercher aussi. Lire des témoignages d’autres voyantes et cartomanciennes. Et des artistes aussi. Leur écrire peut-être. Les interroger, en privé ou en public (j’ai quelques interviews en tête).

.

Je n’ai plus de certitudes. Je ne sais pas exactement ce qu’il se passe, je ne sais pas ce que je vais faire, où je vais aller, mais j’accueille cette nouvelle phase de ma vie. Je m’ouvre à la curiosité et à la nécessité, au plaisir de redevenir une étudiante.
.
*****
.
English Sumary from Instagram :

.
What does your spiritual path look like? Your psychic or tarot journey? As a person, as a professional maybe? It is constant? Is it linear? Or does it have stops and restarts? Gaps?
.
It’s been approximately a month that I have been feeling something had changed within me regarding my energy and my path. I still cannot exactly figure out and identify what’s going on, but I felt misaligned, and I finally decided to close my tarot etsy shop. It may appear to be superficial but it’s not. My card readings are a service to other people that is dear to my heart. Closing my offers seemed really weird, how can I say « no » to service? Also, it was the sole extra money source I had. But it felt wrong somehow… And I felt relief when I closed the shop. I wonder how I could have managed this new spiritual phase of I had been a full time professional.
.
I wonder what is in store for me right now. What am I going to learn.
.

Un tirage de la nouvelle année qui me poursuit

Il y certains tirages qui ont parfois l’air d’être tellement clairs qu’on se dit que ça ne peut pas être aussi simple.
.
J’ai essayé d’autres fois le superbe « Oracle of Echoes« , mais il n’a pas toujours été évident à interpréter. Cette fois-ci, j’ai eu l’impression de recevoir une flèche en plein cœur. Et puis, expérience typique, après la première série de cartes, une autre tombe du paquet, s’impose comme un message crucial qui crie à mes oreilles « et moi! et moi! » Sauf que cette carte vient remettre en question tout ce qui l’a précédé. C’est bien une des difficultés de la voyance : quand on ne pose pas une question assez précise, ou que l’on n’attribue pas une signification précise à une position / carte (vous savez, piochez des cartes sans question, pour une guidance), comment interpréter ? C’est à la charge du consultant de saisir intuitivement le lien invisible entre les cartes, et parfois on n’arrive pas à trancher.
.
Est-ce que la carte « Deceit » traite du même sujet que les 3 autres cartes ? Est-ce qu’elle vient me mettre en garde sur ce sujet-là, ou bien est-ce qu’elle parlait d’un autre danger autour du nouvel an ?

De la vulnérabilité


(c) Marg Thompson

A chaque personne qui vient me voir et me demander de l’aide, c’est le même « problème ». J’ai appris à faire avec désormais, et même si j’ai peur, je ne me bloque plus. La difficulté de la voyance, pour moi, c’est que chaque tirage peut être un échec. Ce n’est pas une science, et je ne suis pas tarologue, qui lit les signes, les symboles. Je suis voyante, je dois m’harmoniser avec le moment, avec me consultant, sa question, tout ce qui m’entoure, le jeu, et réussir à capter, sentir avec précision, puis verbaliser pour autrui un compte-rendu de ces impressions. A chaque nouvelle personne qui vient me voir, je me dis que « cette fois-là sera peut-être la mauvaise », « peut-être que cette fois-ci je ne verrais pas », « je peux me tromper ». Après chaque email envoyé, je me demande ce que va en tirer le consultat, s’il aura compris mes mots, si je devrais reformuler, s’il sera satisfait, s’il comprendra, s’il aura ses réponses. Chaque fois, j’essaie de penser à autre chose en attendant qu’il/elle puisse revenir écrire même une ligne pour me dire si c’était « bon » ou pas.

Chaque tirage est plein de nouveautés, y compris sur un jeu que je connais bien. Le protocole sera-t-il le même ? Devrais-je mettre en place des choses spécifiques pour la personne ? des prières ? Des bougies ? des symboles pour ses alliés ? Est-ce que je vais réussir à utiliser les mots pour traduire ? Quelle « langue » imagée le traversera cette fois ? Le lieu où je tire, le moment où je me trouve. La connexion avec mon interlocuteur, le lieu où il/elle se trouve. Ses énergies. Sa ligne de vie. La possibilité d’échec était terriblement effrayante au début, et l’a été encore plus quand j’ai souhaité commencer à demander un retour sur mes tirages, monétaire, en accord avec mon chemin de vie. La peur que le courant ne passe pas et que le consultant soit déçu, en colère, sceptique, etc. J’ai appris à l’accepter. J’ai eu la chance de n’avoir aucune mauvaise expérience d’ailleurs, mais je sais qu’elles peuvent venir dans l’avenir. Et donc à chaque nouvelle tentative. C’est une remise en question permanente.

A chaque tirage je suis heureuse d’avoir une nouvelle opportunité de pratiquer et d’apprendre. Et de pouvoir aider quelqu’un par mon service. Dès que je reçois le mot de la personne en réponse, c’est un immense soulagement et une immense gratitude.

Enregistrer

Enregistrer