Archives de Catégorie : Réflexions

by

Tarot et consommation (1)

No comments yet

Catégories: Capitalisme et consommation, Ethique, Le sens de nos "collections"

J’imagine que cela ne sera pas la seule fois où je parlerais de tarot et de consommation vu comme le sujet est vaste, alors je lui ai glissé un petit numéro. Ici, faudrait-il le préciser, ce n’est pas une leçon. C’est un témoignage à cœur ouvert de ce qui me préoccupe, de ma façon de voir, et de mon propre cheminement interne. 

C’est quand la dernière fois que vous avez pris le temps de remettre en question votre façon de consommer dans un domaine qui vous tient le plus à cœur ? Que vous avez interrogé votre Ombre et votre cohérence éthique ?

Moi c’était il y a quelques jours.

Je sais pertinemment que le tarot est un « péché mignon ». En termes écologiques et de consommation, c’est une bête noire. D’où vient le jeu ? Où est-il imprimé ? Quelles encres ? Sont-elles très toxiques ? Sont-elles bien « triées » et « recyclées » pour polluer le moins possible ? Où sont-elles libérées ? Dans quels contenants et matériaux ? Et quel papier ? des arbres de quelle espèce, qui sont élevés comment et où, qui ont quel âge, récoltés dans quelles conditions ? Et quelles conditions de travail pour les employés de l’imprimerie ? Quelle éthique de la maison d’édition ? Acheter son jeu à une petite boutique, ou à une grosse qui achète par lot, et « rassemble » les colis de jeu ? La liste est super longue, on peut passer des heures à réfléchir et à calculer des bilans carbones aussi. Je suis sur un chemin de toute façon, non seulement la perfection n’existe pas, mais en plus je suis encore plutôt au début du chemin. Ce qui arrive souvent, ce que l’on lit, c’est qu’il y a des domaines où c’est plus facile de suivre principes que d’autres. Pour ma part, j’ai bien remarqué que quand l’objet m’est vraiment trop important, cela entraîne une frustration trop grosse. Sachant qu’il y aussi des « petits » gestes, et des « grands » gestes en termes écologiques (ceux qui ont plus d’impact, comme le fait de ne plus manger de viande et de produits laitiers). Alors je sais que pour ce domaine, je mets mes principes « entre parenthèses », et j’essaie de compenser sur d’autres terrains. Pour cette passion-là, qui apporte autant de joie, de réflexions, et qui est aussi un domaine professionnel, je m’autorise un chemin beaucoup plus long. Je continue de réfléchir, mais je vais au « moins pire », tout en sachant que pourtant la solution la plus éthique et écologique serait de ne pas consommer du tout. Parfois j’arrive à suspendre mon rythme d’acquisition qui était déjà énorme pour beaucoup (1 jeu par mois). Et j’ajuste.

Pour poursuivre les réflexions sur la consommation, il y a aussi tout l’aspect beaucoup plus terre à terre du « gâchis », des objets vraiment pensés, vraiment utiles. Les bilans qui existent dans le minimalisme depuis des lustres, mais remis à la mode par Marie Kondo. Et ça, ça c’est un terrain où je peux beaucoup plus facilement progresser que l’écologie (qui, pour être « idéale » doit tendre vers la décroissance et le non-achat au final). Pour acheter moins, chasser le superflu. Et mon superflu à moi n’est pas le même qu’un autre, et il va même évoluer dans le temps. D’un côté, il y a aussi le fait de trier sa bibliothèque déjà acquise. J’ai toute une partie de mes études qui se passe en sous-marin depuis 1 an environ, où je passe en revue ma collection, je fais des tests, j’ai dressé des catégories de jeux « insatisfaisants » etc pour m’en séparer éventuellement dans l’avenir. Histoire de ne pas accumuler du vide. Histoire que cela reste un tout cohérent.

D’un autre côté, je fais mon chemin pour gérer de façon consciente les nouvelles entrées dans ma collection. Plus le temps avance et plus il y a de sorties, de kickstarters, vraiment j’ai l’impression d’en découvrir encore plus qu’avant, et pourtant je vois bien aussi que toute une partie me plane au-dessus car elle concerne des artistes soit qui ne m’intéressent pas, soit qui me sont carrément inconnus. C’est dingue cette vitesse et cette profusion. En tout cas, j’ai travaillé sur moi pour mon réagir, pour moins m’enthousiasmer à la sortie d’une campagne, puis que si c’était extraordinaire il y a 6 ans à 8 ans (sortie du Wooden Tarot 1st ed, ou du Wild Unknown par exemple), aujourd’hui c’est devenu monnaie courante. C’est entré dans le système. Les artistes se financent ainsi, de plus en plus. Du coup on a moins l’effet « c’est Noël » (image hautement capitaliste, j’en ai bien conscience, c’est révélateur que ça soit passé dans le langage courant).

Là où le bas blessait pour moi c’est mon amour profond de l’Art en tout genre, et le fait de me réjouir d’avoir 78 exemplaires de tableau d’un artiste que j’adore, même si cela reste pour le plaisir des yeux et pas pour la pratique du tarot. Je voyais ça comme acheter un set de 78 cartes postales en quelque sorte, il y a des années. Or quand j’étais plus jeune, je collectionnais effectivement les cartes postales d’artistes fantasy. Mais le temps avançant, et en prenant le temps de faire un pas de recul sur ma collection, certains jeux très beaux me sont totalement inutiles. Je n’arrive pas à pratiquer avec. Est-ce que je le garde quand même, parce qu’il a une valeur esthétique très haute, mais ne sera jamais un outil de pratique ? [Insérer ici toute une série de questions typiques de journal introspectif – On n’a pas le temps aujourd’hui] En tout cas, j’essaie de trouver un équilibre, et de ne plus avoir quelque chose juste parce qu’il est beau. Ce qui est délicat dans le cas d’un jeu, c’est que quand on ne l’a pas encore eu entre les mains, comment savoir si on va l’utiliser ou pas et si ça va matcher ? C’est toute la difficulté d’acheter un jeu en ligne, et encore pire, quand le jeu est kickstarté et pas terminé au moment de l’achat. Pourtant, avec le temps, j’ai développé une façon de faire. A priori, j’ai de moins en moins de mal à évaluer des tarots qui sont « jolis » esthétiquement, mais que soit je les trouve creux, soit j’arrive à voir que j’ai déjà un jeu à la maison qui peut répondre à cette fréquence énergétique, soit j’arrive à identifier que cela ne correspond pas à mon univers.

Je suis heureuse que ma wishlist soit en ce moment en suspens. Je procède à un véritable rééquilibrage énergétique, pour savoir ce qui me correspond exactement. J’ai mis les achats en pause. J’essaie de prendre beaucoup plus de temps pour déterminer mes priorités, mes goûts, et mes besoins. Là il y a quelque jour donc, je suis tombée sur un jeu « piège ». Il s’agit d’une artiste que j’apprécie, qui va autopublier son jeu. Donc c’est du soutien direct pour permettre à son projet d’exister, hors des circuits capitalistes. Elle a publié de nombreux jeux ces dernières années en peu de temps (c’est devenu son métier à plein temps), et j’avais réussi à ne pas en acheter juste pour la curiosité, parce que ces jeux ne résonnaient pas avec moi si je prenais le temps d’écouter. Sous mes yeux soudainement, je découvrais pourtant qu’après de multiples illustrations qui ne m’accrochaient pas et que je trouvais répétitives, elle avait commencé à réaliser quelque chose qui vibrait pour moi. L’univers qu’elle propose me plaît beaucoup, un mélange de nature et de moderne, une ambiance nocturne très particulière qui correspond bien à certains types de travaux spirituels que je fais. J’ai vraiment eu l’envie de suivre cette impression, de foncer. Petite clochette qui tinte à mon oreille, j’ai été pressurisée par l’appel marketing de la réduction « early bird » parce que les moyens sont difficiles ces derniers temps. J’ai d’abord cliqué pour le mettre dans mon panier. Et puis… Il a suffi de quelques minutes. « Est-ce que tu es sûre ? Est-ce que c’est une intuition ou une pression ? Est-ce que tu as quelque chose de l’Autre Côté qui t’indique qu’il y a un sens à cet objet ? » Un pas de recul en amenant un autre, j’ai réussi à récupérer mon protocole : pour éviter les achats impulsifs, laisse toujours l’objet au moins 24h dans ton panier. J’ai eu beau me dire « oui mais l’early bird c’est aujourd’hui, c’est pas demain », la seule façon de ne pas regretter, ne pas agir aveuglément, c’était de m’imposer ce délai minimal. C’est une solution pour passer le premier rush émotionnel. Quand on veut aller jusqu’au bout, il est conseillé d’attendre beaucoup plus longtemps (1 semaine au moins, dans les tendances minimalistes, je crois qu’on dit 1 mois).* Quand j’ai le temps et l’énergie, il m’arrive de tirer les cartes pour savoir s’il y a un alignement particulier avec le jeu en question au niveau spirituel. Ici j’ai donc laissé le temps faire son œuvre plutôt. J’ai réussi à sortir du piège marketing et de l’impression de manque, la peur de passer à côté de quelque chose, qui se dédouble chez les gens qui ont peu de moyens, et qui doivent acheter au prix le plus bas pour se le permettre (et donc c’était seulement possible très peu de temps). Je me suis dit tant pis. Ça n’est qu’un objet, respire. Laisse-toi le temps de savoir s’il t’anime vraiment, et seulement alors tu seras capable d’en profiter.

En observant un peu, même quelques heures après j’ai réussi à me dire non. Ce jeu me plaît énormément il faut bien l’avouer. Il a beaucoup de charme, et il pourrait donner un travail intéressant. Mais c’est plutôt ma curiosité professionnelle et artistique qui se sont exprimées. En m’écoutant honnêtement j’ai fini par me sentir que je n’en avais pas besoin. Pas d’appel du cœur, pas d’appel de l’Autre Côté non plus.

*Si je le retrouve, je vous publierai ici le lien vers un article qui réfléchissait sur des garde-fous à se mettre pour constituer une collection. EDIT : Les seuls dont je me rappelle à l’heure actuelle qui abordent ces questions sont deux anciens articles d’Arcanae Mirror : ici et ici.

by

Faire son bilan de pratique du tarot

No comments yet

Catégories: Echanges collectifs, Ethique, Sur le cheminement du voyant

Un post “mixte” aujourd’hui, qui est autant le partage d’un exercice à faire, qu’un petit fragment de mon journal de pratique regroupé sous l’étiquette “Le cheminement du voyant” (tiens il faudrait que je songe à neutraliser).

Ici il n’y aura pas de copié-collé, ni d’extraits (citations), car l’article proposé par Cathou est très court, donc je vais vous inviter à vous y rendre directement.

  • Vous êtes-vous demandé avant de commencer à tirer les cartes, quel était votre but ? C’était quoi le tarot pour vous ? Comment fonctionnait-il ?
  • Depuis combien de temps pratiquez-vous ? Avez-vous réévaluer ces observations et conclusions depuis que vous avez commencé ? Avez-vous changé d’opinion ? de pratique ?

Cathou a réalisé ce petit article comme le fragment d’un grand tout (un zine à venir), afin de donner des pistes pour apprendre le tarot. Mais en fait on n’apprend en permanence, y compris les gens qui font ça depuis des années, y compris aussi les professionnels ! Ces questions elles reviennent tout le temps, et je crois que c’est nécessaire de se les poser. De mon côté, dans mon cheminement, le temps passe et je continue de méditer sur les causes de la fermeture de ma boutique Etsy. Parmi mille choses, je crois que j’étais arrivée pas mal à saturation, en termes pratiques et théoriques. Je me suis trouvée dans un bain flou, et cela m’empêchait d’avancer car je ne voyais plus du tout où j’avais posé les pieds. C’est passionnant pour moi de retrouver chez d’autres praticiens et praticiennes les mêmes questions que celles qui m’habitent, de les extraire clairement à l’écrit, et pas juste de baigner dedans. Ces questions, je crois qu’en y répondant, en y prenant le temps, m’aideront à poursuivre le bilan sur mes pratiques et à me positionner à nouveau.

by

“Des Barrières saines dans la com’ spirituelle”, témoignage personnel sur mes pratiques de service

No comments yet

Catégories: Echanges collectifs, Sur le cheminement du voyant

Je partage aujourd’hui une vidéo pas forcément facile d’accès (non sous-titrée, très longue), mais dont le sujet est essentiel. Ouassima et Iria Del abordent un thème sur lequel il est absolument nécessaire qu’on s’interroge tous ensemble : les bonnes relations à maintenir entre nous tous, entre clients et professionnels, mais même entre toute personne qui sert la communauté et ses membres. Difficile de revenir sur tous les points abordés, et pourtant j’aimerais beaucoup avoir le temps de le faire.

Quelques points abordés dans la vidéo  :

– L’intimité qui se créé entre les deux personnes quand on touche à des sujets si personnels (le soi, le spirituel, notre évolution…). Par extension, certains certains clients / abonnés prennent cette intimité de sujet pour une intimité personnelle, voire pensent être proches de nous (voire des amis).
– Il existe un paradoxe énorme entre nos messages de libération des individus et leur autonomie versus les personnes qui viennent nous demander qu’on leur livre toutes les réponses (dans un email, dans un tirage, etc).
– Lorsqu’une personne nous exige ainsi de lui livrer les clés pendant qu’il reste passif, et sans réfléchir : on se retrouve face à quelqu’un qui vient nous demander de l’aide, que l’on a proposé d’offrir puisque nous services sont ouverts (ou que l’on partage en ligne) ; dans ces cas-là, même si la personne nous a lu(e)s elle n’a visiblement pas compris nos démarches, mais puisqu’elle vient demander de l’aide, comment dire non ?!
– Beaucoup de personnes voient nos faces, nos noms, et pensent qu’on se met en avant, alors qu’on se bat pour du contenu, des idées, que c’est ce que l’on dit qui compte.
– Le cercle vicieux du temps nécessaire pour investir toujours plus de temps.  Nous avons besoin de beaucoup de temps pour créer des contenus et accompagner les personnes ; mais parallèlement, on a aussi besoin de temps supplémentaire, libre, pour nous ! Parce qu’on doit continuer à cheminer, à apprendre, etc, pour continuer à donner, à guider, etc.
– Un gros problème : les gens qui ne savent pas faire la différence entre inspiration et “plagiat soft”. Au départ ils sont mus par un grand enthousiaste de envers nos travaux, mais ils ne se rendent pas compte qu’ils copient une personnalité au lieu de trouver leur propre individualité et de la développer. Et souvent cela finit par récupérer les contenus mots pour mots.
– Il demeure une tendance à avoir un peu peur de se montrer, d’être dans ce milieu etc ; c’est mal vu, on se cache lorsque l’on consulte une cartomancienne, etc.
– Un problème de vision : les internautes ne réalisent pas toujours la préciosité de notre temps, y compris lors des messages et y répondre ; la réalité du travail d’écriture, de conception d’idées, de vidéos, etc, n’est pas vraiment intégrée.
– Les grosses projections et transferts que font les abonnés ou les clients sur nous. Plein d’exemples sont donnés dans la vidéo : a) quand on ne répond pas à la minute, ou pas le jour-même etc… que les gens se sentent trahis ou abandonnés. b) quand on renvoie une personne qui nous a posé une question vers une formation ou un autre service que l’on a conçu, et que celle-ci pense qu’on est dans capitalistes sans âme là pour gagner de l’argent, alors qu’on a seulement écouté leur besoin, et qu’on les aiguille vers ce qui leur conviendrait mieux (selon notre opinion). Sachant qu’Iria nomme aussi très bien le fait que parfois on aiguille vers d’autres praticiens que soi; on n’est pas là pour faire de la pub aux copains, on renvoie vers quelqu’un qu’on pense être plus qualifié, ou plus adapté à votre parcours.
– Il demeure un fossé très grand entre les francophones et les anglophones concernant le rapport à l’argent.

.

Quelques éléments de témoignage :

– Cela a été extrêmement dur, mais j’ai déjà renvoyé des proches ou des clients vers d’autres cartomanciens ou voyants quand je n’avais pas assez d’énergie, ou que je me sentais douteuse sur un sujet. De la même façon, sur les sujets humains, j’ai toujours essayé d’être douce, car certaines personnes prennent peur, mais j’ai souvent exprimé que telle difficulté qui prenait trop de place dans la vie d’un client pourrait ou devrait être traitée avec un thérapeute professionnel (de la psychologie). Je précise que je donne des pistes, mais que cela n’est pas ma profession, et que quelqu’un est professionnellement formé pour traiter tel ou tel sujet.

.

– Des réflexes de se cacher qui persistent. Ces quelques dernières années, je me suis rendue compte que malgré un travail introspectif et sur mes Ombres concernant mon assurance et mon auto-affirmation, notre chemin n’est pas linéaire, et parfois on fait des “rechutes”. Sauf que je me l’étais un peu caché. J’ai eu beau faire des travaux et des services publics dès 2010 (notamment avec le site sacré à Morrigan et mes questionnements sur la prêtrise), et remettre le couvert en 2013 lorsque j’ai ouvert ma boutique Etsy et le site de “Sur le Seuil” (qui étaient en partie commandés, en partie dévotionnels), j’ai progressivement tu une partie des mes motivations, de mes activités. Pourquoi ? Par peur évidemment. Certaines imaginaires, et d’autres fondées. On m’a bien traitée de folle à liée dangereuse avec mes histoires de Dieux. Comment ça polythéiste ? Les Dieux ne sont que des archétypes, ça n’existe pas. Eh oui… Même dans “notre” milieu (le paganisme en gros), chacun prêche pour sa chapelle, et ce n’est pas uniquement des gens extérieurs qu’il a fallu se méfier, mais de nos “pairs”. Et ça, ce fut vraiment très dur. J’ai aseptisé mes sites de leur tendance polythéiste stricte au fil du temps. D’autant plus que je savais qu’une grande partie de la communauté française d’adorateurs de carte n’a rien à voir avec le paganisme. Il y a plein de chrétiens, officiels ou simples dévots des anges. C’est terrible de voir que je m’étais moi-même auto-censurée sans que personne ne me demande rien… A côté de la folie, il y a eu aussi tous les reproches de crise d’ego, car cet argument a bon vent, y compris dans un contexte qui n’a rien à voir. Affirmer entendre les divinités, recevoir des messages, et pire, affirmer que *le divin* nous a demandé explicitement de faire des choses et de transmettre des messages ? Ça ne plaît pas à beaucoup de monde. Cela a été perçu comme des délires narcissiques à une période. Parce qu’on est derrière nos écrans, qu’on ne peut pas vérifier, qu’on est de toute façon dans un domaine purement subjectif et non scientifique…

.

– Pour ces raisons, mais également à cause du problème du rapport à l’argent, mes contenus se sont modifiés en fonction des publics. J’avais beaucoup moins de mal à être moi-même sur les sphères anglophones, autant dans les partages que les services rémunérés. Une sorte de scission s’est mise en place avec les années… Au début cela me convenait de faire le tri. Aujourd’hui, cette fracture me fatigue, et je commence à me réorganiser dans mes structures et mes projets pour ne plus faire de différence, pour tout rassembler. (Un projet à venir qui l’explicitera)

.

Voilà. J’aurais aimé vous en dire beaucoup plus, mais le temps manque. Je pose déjà cette première pierre, qui vient apporter de nouvelles idées, et compléter aussi les postes précédents de ma série sur le cheminement du voyant.

by

Décoloniser le tarot, une initiative

No comments yet

Catégories: Décoloniser le tarot

Une nouvelle catégorie “ressources” pour le blog, une présentation s’impose.

Je n’aurai pas les ressources intellectuelles ni le temps de m’approcher du défrichage de genre dans le tarot, ce n’est clairement pas mon domaine. Je suis encore un bébé, dans la phase de renseignement et de déconstruction de mes automatismes culturels. D’autres le font, et beaucoup mieux que tout ce que je pourrais dire (un petit lien emblématique serait le bienvenue pour vous fournir une ressource ici). De la même façon, Cathou a proposé un immense travail sur la représentation des corps non normés dans le tarot, notamment regroupé sous le titre de “Grossir le tarot“.  De mon côté, en revanche, depuis des années je lutte pour le respect de la propriété intellectuelle, des écrivains et des artistes, pour le respect des cultures, et l’appropriation culturelle est un sujet qui me touche, d’autant plus qu’il est tout le temps sur ma route de l’étude du New Age sur lequel je prépare des dossiers. Je lis, je réfléchis, je me “forme”, et le tarot est un sujet particulièrement miné, les maisons d’édition ne font aucun travail de vérification, d’éthique, sur les représentations et le langage culturels… Du coup, je me décide à publier, doucement, des exemples d’analyse pour déconstruire l’appropriation culturelle des cultures autochtones dans le tarot. Je traduirai des travaux d’auteurs directement autochtones, mais je ferai aussi mon propre travail de déconstruction.

A noter que Marisa de “CircoTarot” nous avait invités sur Instagram à faire le travail avec elle, à relever des illustrations et des extraits de texte. Je pense qu’il serait tout à fait possible et intéressant que d’autres personnes se joignent à moi dans la sphère francophone pour étendre les possibilités, la communication, les représentations, etc.

Traductions à venir :

(J’attends son autorisation)

Vous retrouverez l’intégralité des articles publiés (tire + lien) dans l’Index du site.

by

Analyse d’une collection (1): Sélectionner des jeux, s’en séparer pour un voyage

No comments yet

Catégories: Le sens de nos "collections"


(Read the English post)

.

Cette petite “montagne” de jeux et de livres était un fragment cruellement manquant de ma “collection”. Le week-end dernier, je l’ai enfin reçu après bientôt 2 ans d’absence ! Ils attendaient dans un carton à plus de 6000 km…. Cela fait des mois que je parle de proposer un articles sur la définition d’une “collection” de tarots, et sur la mienne en particulier, mais je n’y arrive toujours pas. Trop de pensés dans la tête, un vrai foutoir, du coup je n’arrive pas à me poser pour écrire, et quand j’y parviens, impossible de réussir à coucher sur papier des idées cohérentes. Du coup je me suis dit… peut-être que le mieux serait encore de proposer une série de plusieurs articles plutôt qu’un seul gros, et de poser des mots quand je peux, au fur et à mesure. Voici le premier domaine que je vais tenter de traiter aujourd’hui :

Comment sélectionner des jeux quand on part à l’étranger pour plus de 6 mois ?

Quand on est praticien et que l’on possède une grande collection, choisir de se séparer de certains jeux sur une longue durée est quelque chose de très difficile à concevoir. Lorsqu’il m’a fallu analyser les problèmes de cette question, il m’a semblé voir émerger le principe suivant : lorsque l’on part pour plus de 6 mois, afin de ne pas être frustré il faut réussir à équilibrer le bon mélange entre différents jeux (peu nombreux). De quoi a-t-on besoin pour être équilibré dans nos aventures ? Visualiser dans l’avenir de quel jeu on aura besoin demande d’anticiper des besoins dont on n’a pas connaissance. A priori, j’ai remarqué que la bonne formule était la suivante. Il faut un mélange entre :

1°) Une nouveauté, c’est à dire un jeu que l’on a jamais, ou presque pas utilisé. Cela sera un jeu pour se faire plaisir, se stimuler, offrir des découvertes, et dont on n’aura donc pas l’impression d’avoir fait rapidement le tour. Je crois que cela peut également être un vieux jeu de sa collection que l’on n’avait pas utilisé depuis très longtemps. Vous savez, celui que vous aviez oublié au fond du tiroir ou au 3e rang de la bibliothèque.
2°) De vieux compagnons. Ce sont les jeux dont on est absolument sûr, parce qu’on sait exactement comment ils réagiront, comment ils répondront, pour soi-même et pour les consultants.
3°) Généralement, je cherche aussi à trouver un équilibre entre oracles et tarots. a) l’oracle sera a priori plutôt pour moi, pour mes guidances à la journée ou mes guidances spirituelles. Il m’offrira souvent un plus grand plaisir esthétique. b) de l’autre côté, il me faudra un tarot sûr, quitte à ce qu’il soit très classique (mais cela dépend du tarot que je maîtrise le mieux ou utilise le plus au moment de la sélection en réalité). En effet, souvent l’oracle ne se prête pas du tout à répondre à toutes les questions ni à tous les domaines. Or je sais que si un consultant vient me trouver, je ne pourrais pas l’aider correctement si je n’ai pas un jeu “à tout faire”, qui 90% du temps est un tarot. Ex: à un moment donné, !mon tarot à tout faire c’était le Wild Unknown ; à un autre, c’était le Fountain Tarot. etc.
4°) Ce qui est plus difficile de doser quand on manque de place / poids, et d’anticiper plus de 6 mois à l’avance, ce sont nos besoins spirituels lorsque notre pratique du tarot est lié à “autre chose”. En effet, les 3 points plus haut sont assez génériques, et peuvent répondre à tous ceux qui pratiquent la voyance soit prédictive, soit développement personnel. En revanche, ça se complique lorsque d’autres pratiques spirituelles se cumulent. Par exemple, plusieurs praticiens (c’est mon cas) utilisent également le tarot dans des pratiques de médiumnité, pour canaliser des messages d’entités spécifiques, Divinités, Esprits, Ancêtres, défunts divers, etc. D’autres dans des pratiques “magiques”, etc. Or pour y répondre, les jeux utilisés ne seront pas forcément les mêmes. Une illustration toute bête : vous préfèrerez probablement utiliser un jeu d’une culture spécifique pour rentrer en contact avec une divinité ou un défunt. Un jeu celte pour une divinité celte, par exemple. Un jeu “New Age” ou chrétien pour communiquer avec des anges ou des défunts. Etc.
5°) L’autre cas assez délicat, c’est de savoir si vous pouvez vous passer de livrets d’accompagnements et de livres sur les cartes pendant votre séjour, ou non. Parfois il y a des bouquins que l’on consulte sans cesse après un tirage, ou même des livrets d’accompagnement qui sont tellement bien conçus et rédigés qu’on en a besoin souvent, qu’on aime les relire, y compris quand on utilise des jeux avec lequel il n’a pas été conçu. Souvent ce qui peut faire la différence entre le choix entre X ou Y jeu dans la valise, c’est la taille du coffret et son poids, et donc la question de son livre.

Mon expérience (jeux présents sur la photo)

Les jeux présentés plus haut étaient restés derrière-moi au retour de mon séjour, à cause du poids des valises. Pendant plus d’un an. Voyons voir ce qui a causé le choix de rejet, ou ce qui a posé problème quand au final le délai de renvoi a été étendu beaucoup plus que prévu. Voici pour commencer la liste de ce qui y figure :

  • Mary El Tarot + livre
  • Tarot de Crowley + livre (gros coffret)
  • Enchanted Lenormand livret
  • Blue Owl Lenormand
  • Moleskine SDA petit format
  • Psycho Tarot
  • Gaia Oracle
  • Magdalene Oracle
  • Plant Ally Cards
  • Tree Ally Cards
  • Flowers of the Night Oracle
  • Winged Enchanted Oracle

Alors, pour synthétiser les questionnements, j’ai regroupés les jeux en 3 catégories selon l’importance des problèmes de “séparation”. Commençons par le plus simple. Ce qu’il a été facile de laisser derrière moi :

  • Le Blue Owl Lenormand : je possédais déjà un autre Lenormand traditionnel à la maison.
  • Le Psycho Tarot : une nouveauté achetée sur place, que je n’étais pas spécialement enthousiaste de découvrir. J’ai hésité, mais ce n’était absolument pas prioritaire dans mes urgences.
  • Flowers of the Night Oracle : un oracle pour des guidances ici et là, un peu trop flou / restreint… et surtout une déception. Une auteure malhonnête qui avait fait une promesse de campagne jamais tenue. J’attendais un livre d’étude complet sur les plantes du jeu, qui n’a jamais été publiée. J’ai préféré laisser l’amertume de côté. Ce jeu pourrait attendre d’être étudié.
  • Winged Enchanted Oracle : autre nouveauté ; j’avais très envie de découvrir les illustrations et de tester le jeu en application à des questions… mais ça n’était juste pas prioritaire dans ma valise à fermer.
  • Le Tarot de Crowley (Thot) : facile. Celui-ci était une toute nouvelle tradition symbolique je voulais étudier. Le 3e modèle de tarot (après le Marseille et le Rider). C’était un immense chantier que je n’avais pas commencé… du coup je me suis dit, je ne suis plus à quelques mois près, ça peut attendre. Il répond à ma recherche personnelle, mais pas à un besoin particulier ni à un besoin avec mes clients.

Les choix plus difficiles :

  • Le Mary El Tarot + livre : un jeu qui m’avait beaucoup aidée lors de mon arrivée sur place ; du coup c’était difficile sentimentalement de le laisser derrière. Ce qui m’a permis de trancher c’était le fait que j’avais plusieurs tarots à emporter, et que celui-ci avait une utilisation plus restreinte, face à deux autres qui étaient mes jeux “à tout faire”. Du coup nécessairement j’ai dû mettre la priorité sur ces derniers et laisser le Mary El derrière. (Qui en plus était grand, gros et lourd)
  • Les deux jeux de Lisa MacLoughlin (Tree & Plant Ally Cards) : aïe aïe aïe… un autre cas difficile aussi. J’adore ces jeux, ils sont vraiment rafraîchissants et chaleureux. De mémoire, je dirais que c’est leur aspect oracle quotidien qui a réduit leur niveau de priorité. J’avais plein d’autres oracles à la maison qui m’attendaient, et je devais prioriser les autres jeux que j’ai remportés (tiens, d’ailleurs il faudrait voir dans mes archives si j’ai avec moi la liste de ceux qui ont pris la valise du retour! Pour comparer les priorités… mais malheureusement je ne suis pas sûre de l’avoir encore).
  • Les deux oracles de Toni Salerno (Gaia & Magdalene) : je découvrais là-bas cet artiste dont j’avais dû souvent voir passer le travail ; je crois que l’oracle de Gaia était assez à la mode, peut-être sorti il y a peu, ou traduit en français il y a peu, donc on le voyait souvent sur la “sphère”. J’avais été fouiné sur le net, et je voulais voir un peu ce qu’il avait fait d’autre. A mon grand étonnement, personne ne parlait d’un autre jeu que celui de Gaia…. du coup impossible de me faire une idée, mais je voulais voir. Alors j’avais pris Gaia + Magdalene + Wisdom pour creuser la question. Étrangement, le Wisdom Oracle m’est revenu plus rapide que les 2 autres. Or le premier est vraiment mauvais, je vais m’en séparer, tandis que ceux-ci sont meilleurs. Pourquoi sont-ils restés derrière ? Malgré leur visuel qui me touchait beaucoup (la matière plastique de Toni CS), il avait globablement des messages beaucoup plus flous que tous les autres… alors je me suis dit qu’ils ne me seraient pas très utiles par rapport à mes besoins (autres que esthétique). Finalement ils sont restés derrière (si j’avais ajouté quelque chose, j’aurais probablement pris les deux du dessus)

Les crève-cœurs :

  • Le livre de l’Enchanted Lenormand : je savais que m’attendait à la maison l’immense livre de Caitlin Matthews sur le Lenormand. Une mine. Du coup, laisser derrière soi un petit bouquin sur le même sujet n’était pas un grand sacrifice pour laisser de la place et du poids à autre chose… Et pourtant. Ce livre est un de mes préférés tous jeux confondus je crois. Tout y est excellent. L’introduction, les explications sur comment construire son vocabulaire Lenormand, les exemples de tirage, et les doubles pages pour chaque carte… Caitlin s’est surpassée pour cet ouvrage. C’était MA référence d’apprentissage, l’idée de m’en passer me fendait le cœur… Je pensais attendre seulement 4 à 6 mois au départ, et avoir attendu presque 2 ans pour le récupérer ça m’a vraiment coûté. Combien de fois je cherchais une information qui était dedans ! Et quoi qu’on y fasse, ça n’était pas présent dans le livre complet… Idem pour les courtes explications de vocabulaire. Idem pour les fiches synthétiques sur chaque carte. Le nombre de fois où j’ai cherché à retrouver LA signification avec laquelle j’avais appris et que je ne pouvais pas… Un exemple de frustration absolue.
  • Idem avec le petit carnet Moleskine. Qu’est-ce qu’il fout là en fait ? Et bien c’était mon carnet de notes personnelles spécial Lenormand. Mes fiches bristol à moi sur les cartes, au format carnet. Tirées de mes propres exemples de tirage. Avec aussi quelques méthodes. Mine de rien un carnet ça peut peser lourd. J’ai dû me dire que j’avais MILLE carnets de notes à la maison, plein de fiches Lenormand en .doc, et du coup pas très important d’emporter avec soi celui-ci, ça pouvait attendre. Mais ça a été quand même frustrant de “briser” le cycle d’une pratique continue (revenir toujours au même livre ou au même carnet pour prendre des notes). Je crois qu’il m’a fallu choisir entre celui-ci et un carnet où je notais assidument les tirages. Côté priorité c’est ce dernier qui a primé du coup, car il représentait l’intégralité de mon historique, tous mes exemples de pratique etc.
  • Le Celtic Wisdom Oracle : celui-ci a été un crève-cœur insoupçonné… Je possédais d’autres jeux celtiques, oracles et tarots, y compris des jeux du couple Matthews. Donc je ne pensais pas qu’il me manquerait tant que cela. Je pense que ce qui a fait la différence c’est le temps, les 4 mois sont devenus 6, puis 8, puis 12, puis 16…. etc. Ce jeu je ne l’ai utilisé qu’une seule fois d’ailleurs ! Il faudrait que j’en parle dans un autre article complet ! J’avais fait un tirage de l’année tellement puissant qu’il m’a accompagné 12 mois, sans que je puisse remettre les cartes dans le paquet, le mélanger etc… Avec le temps, je me suis rendue compte que c’était le seul jeu que j’avais envie d’utiliser à Yule ou au nouvel an, et ne pas l’avoir me manquait. C’est également un jeu avec le lequel je ressentais une profonde connexion aux Esprits et aux Ancêtres (et Disir) – autres éléments d’autant plus important pour Yule.

Voilà, je crois que je n’ai rien oublié en route. N’hésitez pas à si vous avez des questions pour les prochains articles sur le sujet de la “collection” de jeux de cartes.

1 2 3