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(Review) Revue rapide des Cartes Oracles des Déesses

Auteur : Doreen Virtue
Artistes : plusieurs artistes ont été contactés (je suppose) pour prêter leurs œuvres existantes aux cartes.
Traduction : Suzanne Anfossi et Lou Lamontagne
Éditeur : AdA (Québec)
Année du jeu : 2004
Année de la traduction : 2007

Les rares bons points

Qualité des cartes : ça c’est plutôt bon.

  • Les plus : Un joli dessin au dos (quoi qu’à dominance celtique dans son esthétique, c’est bien étrange, voire pas très adapté, pour un jeu qui se veut universel) ; des tranches dorées bien faites, et assorties à la couleur du dos (jaune) ; des cartes vernies qui brillent, bien épaisses, solides.
  • Les moins : les cartes « collent ». La texture du papier les rend difficile à mélanger, car elles attachent les unes aux autres.

Le livret : sa facture est positive, son contenu beaucoup moins.

  • Les plus : Un dos carré-collé et pas des agrafes. Une belle couverture glacée, en couleur, avec un lettrage brillant. Des pages numérotées, un table des matières au début. Une vraie liste des illustrateurs par lames ! Et comment les contacter.
  • Les moins : Chaque carte comprendre une double page très courte avec 3 sections : le message de la carte (explicitation de la citation), les mots clés, et le « à propos » de la divinité en question (trop souvent risible dans sa longueur et son contenu).

Les problèmes de ce jeu

Un jeu qui m’a été cédé il y a très longtemps, et je me servais de certaines représentations réussies pour les mettre sur mon autel. Mais aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus que l’illustration de Vesta qui me plaît réellement. Je me suis rendue compte qu’il ne sortait jamais du tiroir parce qu’il n’avait aucun intérêt pour moi, ni dans le contenu, ni dans ces visuels (qui est le critère rédhibitoire) . Alors c’était le moment de m’en séparer et de le faire parvenir à quelqu’un qui peut en tirer quelque chose.

Je vais être très brève dans la revue, parce que je n’ai pas de temps à accorder à un tel jeu. En gros : Pour moi ça n’est pas un bon oracle.
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1°) Il n’y pas d’unité visuelle. D’abord parce que plusieurs artistes différents ont été choisi pour obtenir les illustrations. Ensuite, et surtout, parce que les illustrations ont été réalisées en dehors du jeu, avant sa création, et non pas pour représenter les divinités choisies (le principe de commande). Finalement, la qualité laisse clairement à désirer : certaines images sont très nettes, d’autres beaucoup plus floues. On voit que les formats d’images n’étaient pas les mêmes d’une carte à l’autre.
2°) La mise en page laisse à désirer selon moi. Certaines couleurs de police tranchent bien trop avec la couleur de l’arrière plan de la carte, et du coup l’illustration en prend un coup, se retrouve « étouffée » et moins visible (alors qu’elle devrait être au centre). D’ailleurs, les polices choisies sont particulièrement basiques et non « inspirées ». Ouvrez n’importe quel logiciel de traitement de texte gratuit, et vous aurez la même police de base… je trouve que pour un jeu sur l’esthétique des déesses, ça ne marche pas.
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3°) Les messages sont flous, et incohérents par rapport à leurs illustrations. Probablement trop « New Age » à mon goût (pour rappel, je sis polythéiste et je mets un point d’honneur à respecter les traditions des divinités avec lesquelles je suis en contact) : les informations « divinatoires » ne sont donc pas en rapport avec la culture de la déesse en question. Exemple 1: Dana, « grande prêtresse », « vous possédez une connaissance divine, et par votre enseignement spirituel vous pouvez aider les autres. » Dana est une divinité, pas une grande prêtresse, ça me pose souci de lire cela, à cause de la culture irlandaise ; du coup je ne « comprends » pas la carte, je ne peux pas m’identifier et l’utiliser. C’est une barrière totale. Sans parler du fait de parler de connaissance et d’aider les autres. A la limite, Cerridwen est une déesse celte associée aux savoirs et à la connaissance magique ! Là ça aurait marché… mais Dana ? Non, ça ne va pas. Exemple 2 : Maeve, « cycles et rythmes », « honorez les cycles qui régissent votre corps, votre niveau d’énergie et vos émotions ». Je ne vois littéralement aucun rapport avec cette déesse, on dirait qu’on me parle d’une autre. Une déesse de la Lune, j’aurais compris qu’on me parle de cycles (ou même Perséphone). Mais pas Maeve. C’est complètement à côté de l’histoire de la divinité. A noter : certaines cartes ont des messages plus justes (comme Artémis et Diane), mais ça ne rattrape pas l’ensemble.
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4°) Lorsque les messages peuvent être juste, ce qui me pose problème ce sont les illustrations extravagantes, si le message n’est par chance pas New Age, les illustrations le sont. Très fantaisistes, aujourd’hui je n’accroche plus à cette esthétique. Exemple 1 : la carte d’Athéna, représente une femme en tenue Renaissance ! Pour moi cette information visuelle est incohérente, mon cerveau ne peut pas l’accepter, je ne peux faire le lien entre le message, la carte, et la réelle déesse qui est censée être invoquée derrière. Ce n’est pas un hommage, cela ne sert aucun but d’avoir choisi cette femme de cette époque ; c’est juste un « copié collé » (sens métaphorique), on a pris au pif une illustration qu’on trouvait jolie, et comme il y a une chouette, on l’a retenue pour « Athéna ». Ca ne marche pas. Exemple 2 : « Damara » représentée comme une gentille fée victorienne, la fleur aux cheveux… Exemple 3 : Nemetona, qui est une déesse très locale, absolument « végétale », liée aux « nemeton » ou bois sacrés… représentée avec des bougies partout autour d’une immense croix chrétienne.
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5°)  Au final, ces messages génériques n’ont pas vraiment vocation à répondre à des questions en tirage, car ils sont trop abstraits, et ne touchent pas du tout tous les domaines de vie. On peut se dire alors que c’est plutôt un oracle de guidance, une carte au quotidien… Mais en réalité les messages ne m’apportent rien non plus de cette façon.
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A noter que je ne suis même pas rentrée dans l’aspect « biographique » du jeu, des problèmes liés directement à l’auteur. Pour une fois je me suis contentée de regarder le produit (manque de temps). Mais je rappelle brièvement : Doreen Virtue a été au cœur de deux des grands drames de la sphère païenne il y a de nombreuses années maintenant. D’un côté, elle était un auteur reconnu comme étant avide d’argent, vendant des jeux à la pelle, surfant sur toutes les modes, etc (cf. le New Age et ses réappropriations culturelles et capitalistes). De l’autre côté, elle est devenue soudain membre d’une « secte » chrétienne, et rejetant tout ce qu’elle avait fait auparavant, le qualifiant de démoniaque. Cela a posé également des soucis pour les formations de voyance qu’elle donnait, mais je n’ai plus le détail. Note : d’ailleurs elle a beau eu dire que c’était démoniaque, ses jeux n’ont pas été retiré des ventes, et certains de ses sites de formation sont toujours en ligne… la belle hypocrisie.

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EDIT: je suis allée faire mon taff correctement et j’ai fait quelques recherches, car la dernière phrase ci-dessus me posait fortement problème. C’est quand même une sacrée affirmation sans avoir vérifié… Or il s’avère que D. Virtue, sur ce point, a tenté de faire preuve de cohérence : retirer ses jeux de la vente quand c’est possible (US, mais pas à l’étranger), faire retirer son nom des jeux, reverser les fonds reçus de la vente des jeux (a-t-on seulement une preuve ? … je ne crois pas, mais bon, on peut imaginer qu’elle ne veut pas de cet argent). Le détail ici sur son article, je vous présente le plus essentiel qui peut se traduire facilement :

  • Pourquoi tous les jeux ne sont pas retirés : les droits sont vendus = « The foreign rights were sold on my products, and I don’t have the ability to control these items or their websites. »
    - Sauf aux USA a priori : « In the US, some of my old products will go out of print, and my name has been removed from tarot cards and some other new age products. »
  • Ce qui me gêne beaucoup plus c’est la phrase qui concerne les droits d’auteur : « The money from the old new age materials is distributed in a combination of charity, paying off my back taxes, and supporting my volunteer work. » == une partie est reversé à des associations caritatives, ça c’est cool. Mais quid des « back taxes » et du « volunteer work »?? Je trouve ça super malsain… Back taxes = des retards d’impôts ! Donc si je suis dans la merde finacnièrement, j’accepte cet argent du diable parce que ça m’arrange ? Et le travail associatif, le bénévolat (volunteer work), c’est pas le principe, bénévolat = gratis?? mais on accepte l’argent du new age pour « financer mon bénévolat » ? …. c’est super louche comme démarche.
    - Par contre, l’argent des applications lui est donné à des associations : « My name is also coming off of my old New Age apps, and the money from those apps is being donated to a homeless shelter »

(Review) Revue du « Universal Wisdom Oracle »

(photo officielle de Blue Angel Publishing)

Auteur : Toni Carmine Salerno
Illustrateur : Toni Carmine Salerno.
Editeur : Blue Angel Publishing.
Année : 2004
Type de jeu : Oracle, 45 cartes.
Prix : 29.95 AUD. En France entre 22 et 24 euros selon les enseignes.


(photos officielles de Blue Angel Publishing)

La revue écrite en bref

J’avais toujours observé de loin les travaux de Salerno, et j’y voyais pas mal de soucis et d’ambiguïté. Certaines toiles me renversaient complètement, d’autres étaient brouillons, naïves. Lorsque j’ai eu l’occasion, sans faire de gâchis, j’ai voulu voir par moi-même de quoi il retournait plutôt que de critiquer de loin. Je me suis laissée la possibilité de me rendre compte que j’avais tort, que je me trompais sur des impressions non renseignées. Au final, il s’est avéré que mes impressions étaient plutôt justes :

  • une hétérogénéité dans l’exécution des toiles, certaines bien travaillées, d’autres beaucoup moins ;
  • une omniprésence des femmes, essentiellement nues, assez dérangeante ;
  • beaucoup de répétition de thèmes à traiter et de motifs ;
  • des thèmes New Age de bas étage ;
  • un livret inégal.

Et pourtant, ce jeu possède aussi des qualités :

  • il y a des toiles abstraites somptueuses, et des toiles dont la matière artistique (couleurs et textures) me chamboule ;
  • la qualité de cette publication Blue Angel est vraiment correcte (boîte très solide, bonne impression des cartes, livret correct).

En résumé : je suis coincée entre deux chaises car j’aime beaucoup l’art de cet homme, mais il travaille des thèmes (new age) qui sont à l’opposé ce mes croyances ou de ce que je suis. Probablement qu’il faudrait plutôt pour moi acquérir des lames à l’unité (cartes postales par exemple), pouvoir sélectionner uniquement celles qui me plaisent, et pas les autres… Mais pour l’instant je n’ai jamais trouvé cette possibilité.

La revue en détails

Accrochez-vous car on va tout décortiquer. Je me sens d’autant plus tenue de le faire que je critique ce jeu, et que je cherche à démontrer tout ce qui ne va pas. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pu prendre le temps d’aller aussi en profondeur, mais c’était ce qui m’intéressait le plus quand j’ai commencé à écrire des reviews en 2012-2013.

1°) L’objet carte :

- La taille : les cartes grandes, en ce qu’elles sont plus larges que des cartes de tarot, mais demeurent assez classiques pour des cartes d’oracles. Elles sont également plus épaisses que des cartes standard de tarot, mais pareillement, c’est assez classique pour des cartes d’oracle. Rien qui ne sortent de l’ordinaire.
- L’impression : de type glacée / vernie
- Le dos : ce papillon assez classique dans sa représentation, assez étrange pour le thème du jeu. A mon avis assez inapproprié (en termes de logique, par rapport au thème du jeu et des cartes), en tout cas ça ne correspond pas à mon goût. Ne se retournent pas pour celles et ceux qui aiment employer des cartes renversées.
- Qualité de mélange/ glisse : leur taille ne pose pas de soucis particulier à mélanger, côté texture par contre, ça n’est pas spécialement agréable non plus. Les cartes ne collent pas exactement entre elles, mais ça adhère très légèrement, ça ne glisse pas particulièrement.

2°) Le contenu du livret :

- L’introduction (message de l’artiste) : on nous propose ici une introduction vraiment courte, qui nous explique rapidement comment utiliser les cartes ; cette partie est rédigée par Denise Harradine, dont le nom n’est cité nulle part sur le site de Blue Angel et sur tous les autres sites de vent… ça n’apparaît pas non plus sur la couverture, pour moi c’est un peu irrespectueux. Ensuite 4 petits tirages sont proposés.
- Le traitement des cartes : assez succinct. Chaque carte possède une double page, mais pas toujours. La taille et de la police et les grandes marges font que ça n’est pas non plus très dense en texte.
- La facture du livret : Il est plutôt bien imprimé, ce n’est pas une agrafe comme un livret blanc, mais bien une reliure au dos « carré-collé » (broché). L’impression de l’encre est correcte et propre. Les pages sont bien numérotées (jusqu’à 110 environ), et c’est un détail que j’apprécie toujours personnellement, sans trop m’expliquer pourquoi ; les livrets sans numéros de page me perturbent. Dois-je le préciser aussi, il est intégralement en noir et blanc.

- Que dire de la qualité du contenu ? Honnêtement c’est très moyen… Irrégulier, voire incohérent.
Si la qualité matérielle du livret est plutôt bonne, son contenu laisse franchement à désirer selon moi. Il est entièrement inégal, toutes les cartes ne reçoivent pas le même traitement et la même profondeur, sans parler du fait que la typographie et la mise en page accentuent des confusions. En effet, les petites phrases poétiques sont tantôt en premier, tantôt en dernier ; et elles sont de la même forme de police que les simples phrases résumées. Visuellement il n’y a aucun moyen de faire la différence ! (tout est en gras italique) Du coup, on peut s’attendre à une phase poétique, et recevoir un simple résumé plat de la carte en deux lignes. Aussi, les messages sont trop génériques, pas toujours en profondeur par rapport à la carte ; on ne sait pas pourquoi cette illustration spécifiquement, ni ce titre de carte. Personnellement je trouve ça absolument frustrant, car cela n’apporte… pratiquement rien. Du coup à quoi bon avoir un livret ?  Une note importante : cela n’est expliqué nulle part dans le livret ni sur la boîte, et pourtant j’ai lu parfois en ligne dans des reviews qui disaient que c’était un jeu d’affirmation, qui proposaient des exercices quotidiens et des mantras… C’est tout simplement faux en fait. C’est fastidieux à faire, mais j’ai pris le temps de faire, regardez avec moi. Quand on prend le temps de regarder le livret et de compter, on peut classer les cartes dans les catégories suivantes :

Recensement des cartes qui possèdent un mantra – affirmation, seulement 2 au final !

  • 1. Abundance
  • 2. Magic Tree

Recensement des cartes qui possèdent quelques lignes poétiques :

  • 1. Blue Angel (pronom « I »)
  • 2. Butterfly Wings (pronom « you »)
  • 3. Compassion (pronom « you »)
  • 4. Earth Song (impersonnel)
  • 5. Healing (pronom « you ») – cette carte est un OVNI d’ailleurs, car le texte n’est pas descriptif, c’est une lettre qu’un être supérieur vous adresse directement, vous parle ;
  • 6. Luna (pronom « you ») : n’a pas de texte descriptif ! C’est la seule carte qui ne comprend que des « vers » poétiques
  • 7. Raphael  (pronom « you »)
  • 8. Rest (impersonnel)

Il faut faire la différence entre les lignes poétiques, et les introductions de cartes. Elles n’ont pas été marquées différemment dans le livret, tout est uniformément en gras et en italiques, alors que ça ne remplit pas du tout la même fonction. C’est pour cela que je trouve le livret incomplet et confus. Les cartes suivantes possèdent bien énoncé en italiques, mais il ne propose aucune poésie ou méditation, il s’agit d’une sorte de phrase qui résume le sens de la carte :

  • 1. Dreaming Heart  (pronom « you »)
  • 2. Magic Tree
  • 3. Meditation
  • 4. Music of the Spheres
  • 5. No More Wounds
  • 6. Om
  • 7. Release
  • 8. Rose Quartz
  • 9. The Universe

Les cartes qui proposent réellement des exercices :

  • 1. La carte »Abundance » propose un exercice de respiration ;
  • 2. La carte « Aradia » propose des lectures ;
  • 3. La carte « Blue Angel » propose de prier et parler à l’archange Michaël ;
  • 4. La carte « Creativity » propose de tenir un journal, voire un journal créatif ;
  • 5. La carte « Lady of the Rose » propose un exercice de respiration / méditation… au final c’est toujours la même chose en fait ; une méditation qui consiste à respirer et faire le vide ;
  • 6. La carte « Love » demande de visualiser / ressentir la connexion à tous les êtres vivants, la pulsation de vie, et les éléments ;
  • 7. La carte « Om » possède une courte méditation guidée ;
  • 8. La carte « Release » possède une visualisation guidée et une prière à Michaël

Outre ces problèmes de forme, on continue dans l’inégalité de traitement et l’insuffisance. Je disais plus haut que les messages explicatifs des cartes sont vagues, et en regardant le détail pour la revue, je me rends compte que c’est encore plus problématique : au final, quand on prend le temps de regarder le jeu carte après carte, page après page, il y a trop de répétitions dans les thèmes et les exercices. C’est trop général, et le jeu a l’air de dire toujours la même chose !  En gros, tout n’est qu’amour et lumière ; il faut se libérer de ses peurs ; nous sommes des êtres créateurs, … C’est cela que j’ai évoqué dans la vidéo, et que je vais détailler plus bas, quand je parle du problème des âneries New Age sur la guérison et l’excès de positivité. Regardez les introductions de carte comme celle de « Lilac Mist » : « Your life is always perfect ; you are always at the right place at the right time. » Tout va bien dans le meilleur des mondes, que vous avez des dettes ou le cancer, tout va pour le mieux… Quant aux exercices, la phrase qui accompagne « Lost in Your Own Equations » résume très bien le problème : « Meditate and focus on the beauty inside you. Open your heart and experience the overwhelming love that exists within and around you. » On vous dit « méditez » mais on ne vous dit pas comment ; on vous dit directement quoi ressentir, « amour », mais pas vraiment à quoi ça ressemble. C’est une forme d’injonction creuse. Aussi, le titre de la carte était pour une fois intéressant, plutôt original (« vous êtes perdus dans vos propres équations »), mais le message du livret lui va complètement à rebours de cela, et retombe sur un message d’amour New Age planplan, sans aucun rapport.

3°) Le problème de l’ambition du jeu

Je crois que certains auteurs et éditeurs sous-estiment énormément les implications de détails autour d’un jeu : son thème général, et son titre. Est-ce que c’est parce que Blue Angel Publishing considère que plus c’est vaste, plus ça attirera d’acheteurs ? Je trouve personnellement que c’est se tirer une balle dans le pied… Mais peut-être que je sous-estime la politique New Age de Blue Angel ? (ça me demanderait de faire des recherches approfondies sur BA, et ça demanderait un temps fou, que je n’ai pas en plus de cette review ^^’) Un thème et un titre, cela crée nécessairement quelque chose dans l’imaginaire de votre consommateur, et donc des projections, des attentes. Même si on part du principe que l’achat ne va pas être compulsif, juste à la vue de la couverture et de quelques cartes, il faut avoir une quatrième de couverture (le texte au dos d’un livre, ou d’un jeu) très explicite et précise, pour donner au lecteur futur acheteur un complément d’information qui va confirmer ou infirmer les impressions du titre et de la couverture. Ici pour moi c’est l’ensemble du produit qui est raté : titre + couverture + thème + dos des cartes.
 
Parlons-en.
 
A) Le titre : « Universal Wisdom Oracle », que veut-il dire ? C’est très vaste (universel, sagesse), donc très vague et confus, mais aussi très pompeux. La sagesse universelle vraiment ?
 
Le terme universel : son sens premier veut dire qu’une chose est valable en tout lieu et en tout temps. Applicable à tout le monde aussi. Prenons un exemple simple. Oui, certains « symboles » peuvent être universels : le symbole du soleil se retrouve partout dans toutes les cultures. Parce qu’ils n’est pas abstrait, il recoupe une réalité tangible : un astre, sa lumière, et sa chaleur. Il n’y aura pas de culture où le soleil va signifier le froid, ça serait absurde. Par contre, est-ce que c’est positif ou négatif le soleil ? Et bien on ne pourra pas trouver de signification universelle ! (c’est à dire valable partout) : dans les pays du nord, qui ont parfois très peu de soleil au cours de la journée en saison froide, sa venue sera très très appréciée. Le soleil, la chaleur, nous réchauffe, réchauffe la terre, les plantes, et permet les cultures. Mais dans les régions tropicales ou désertiques, le soleil peut être dangereux : on peut faire une insolation, mourir de soif, voir brûler les cultures…   Notez ici que j’ai été plutôt conciliante. J’ai parlé de « symbole » universel (parce qu’on est ici dans un domaine visuel, cela me semblait s’imposer). Or un symbole ça n’est pas la même chose qu’une « sagesse », qui est censé être quelque chose d’abstrait, qui a trait à la « vérité ». Et là je pense qu’avec ce terme vous vous souviendrez aisément du fait que la notion de « vérité » est extrêmement problématique. Une vérité ou la vérité ? des vérités ? On baigne dans la question de l’unique vs le multiple, et de la notion de relativité. Comment est-ce qu’une vérité pourrait être applicable partout dans le monde, à toutes les langues / cultures / religions ? Je pense que vous saisissez le problème. Par conséquent, choisir un tel titre, cela revient à prétendre qu’une sagesse universelle existe, et, doublement, que l’on va réussir à la dépeindre. Donc c’est ambitieux au mieux, mais selon moi plutôt prétentieux et mensonger.
 
On pourrait objecter qu’un deuxième sens possible à « universel » serait ce qui a trait au cosmos. Mais comment définir le cosmos ?  le ciel ? Un peu restreint s’il s’agit de notre ciel bleu et de ce qui s’y rapporte (les nuages ? les oiseaux ? le vent / la météo ? ). Alors plutôt la galaxie ? les corps célestes, planètes, étoiles, et divers phénomènes ? Mais qui de sagesse + universelle dans ce cas-là ? Je trouve que le sens du jeu n’en serait pas plus clair. C’est tout aussi flou et inapproprié. Finalement, on emploie parfois le terme universel / cosmos comme un raccourci pour parler de ce qui touche à la terre. Et là, on aurait pu déjà être plus concret. Sauf que je pense qu’il demeure nécessaire de définir par des mots un champ d’action précis. Sagesse de la terre ? A ce moment-là, on ne dit pas que ce sont des vérités de terre valables partout pour tout le monde, mais bien que ce sont des valeurs et vérités qui sont empruntées à toutes les cultures sur terre ? Ca serait plus clair, mais ça reste ambitieux.
 
En conclusion, il y a un travail d’édition à faire. Une quatrième de couverture au minimum. Au mieux : une quatrième de couverture ET une introduction en règle au jeu. Là on a littéralement aucune explication nulle part du titre… ni de l’éditeur, ni de l’auteur. On dirait qu’il a juste peint n’importe quelle image, dans aucun ordre ni but précis, et qu’il a apposé dessus un titre sans aucun but. Pour moi… ça n’est juste pas sérieux.
 
B) L’autre souci qui se dégage du titre, à mon avis, c’est que l’équipe a conservé le flou pour éviter d’employer un terme problématique. On a écrit « universel » pour cacher « New Age ».
 
Il y a bien des thèmes qui agissent comme des « warnings » pour repérer le phénomène new age : le karma, les chakras, le Nouvel Age (l’évolution de l’humanité), la Terre Mère / Gaïa, les Anges, … Cependant, pour cela, encore faut-il pouvoir observer le détail des lames (illustrations, titres, et / ou explications du livrets). Sauf qu’à l’époque, je crois que j’avais trouvé peu de cartes et pratiquement aucune reviews pour aller plus loin.
 
Qu’est-ce que le New Age ? Pourquoi ça me pose problème ? On pourrait disserter des heures là-dessus… c’est un travail à part entière, je ne peux pas le faire ici. Je vais résumer les aspects qui me paraissent marquants. Ce « mouvement » se dit libre et éclectique, mais il est en réalité plutôt synonyme de bricolage. En effet, il correspond à une attitude de consommation capitaliste (voire colonisatrice…) : on prend chez autrui tout ce qui nous intéresse pour en faire sa propre sauce – d’où le jaillissement du concept d’appropriation culturelle aussi. On extrait des concepts qui sont partie intégrante à de grandes traditions culturelles ou religieuses, brisant ainsi leur sens, pour en faire autre chose ; on les dit « universels » (jer vous renvoie à ce qui a été dit plus haut) même quand ça n’est pas le cas, on fait des amalgames et des généralités. La preuve en est, même les anges chrétiens sont sortis de leur contexte de départ, pareil pour le Christ, et Madeleine. Très souvent on associe ainsi ces figures « dominantes » (pour qui ? pour les occidentaux souvent) avec des divinités « indigènes » (Bouddha, Ganesh…) et des phénomènes « spirituels » et « païens » (la guérison par les pierres, le travail avec la Lune, la Terre, les vies antérieures, les anales akhashiques…). Ex de lames complètement dans cette mouvance : le Bouddha, le Om, les chakras, la guérison par les pierres, la montagne sacrée Uluru.
 
Une autre idée extrêmement répandue par le New Age est que la spiritualité est synonyme de guérison et/ou qu’elle a pour but premier la guérison. Ce n’est pas le cas, c’est un abus de principe (et probablement un principe de vente marketing et capitaliste). Bien entendu, vous pouvez choisir, à titre personnel, de faire de votre spiritualité une guérison. Mais la spiritualité est avant toute chose une recherche de sens. Il s’agit d’un ensemble de croyances, non forcément rattachées à une tradition. Elle distingue la matière (corps) et de l’esprit, et réfléchit à tout ce que cela implique, acceptant que l’homme possède une âme (ce qui reste à définir). L’âme est-elle première sur le corps ? En termes de temporalité, en termes d’importance (hiérarchie). Qu’arrive-t-il à l’âme quand le corps meurt ? Meurt-elle avec lui ? Poursuit-elle sa vie ? Si oui, comment et où ? Y a-t-il dans notre monde d’autres âmes non humaines ? etc. Pourquoi je parle d’abus et de phénomène de vente ? Parce que dire qu’une idée, qu’un principe, va vous guérir, ça fait vendre. Du coup, on parle partout de votre bien être et de votre guérison, comme si c’était LA solution, et LE but premier. Utilisez-vous des tarots et des oracles pour guérir ? Vous le pouvez. Mais est-ce qu’un tarot ou un oracle est par essence ou avant tout un outil de guérison ? non. Sauf que dans ce type de communication d’édition, et de jeu, on vous bassine avec ces idées. Guérissez-vous, guérissez-vous, guérissez-vous. Vous êtes malades. Vous êtes souffrants. Etc. C’est malsain.
 

4°) Ce qui me pose problème avec les illustrations

Comme je le disais, pour moi le jeu est répétitif et inapproprié. Après avoir expliqué le problème de fourre-tout new age qui s’approprie des thèmes et les mélange, voici les thèmes majeurs du jeu qui me posent problème esthétiquement, parce qu’ils produisent une grosse répétition visuelle :
a – Cartes à thématiques chrétiennes : 8/45.
- ailes tout court  (ange + papillon)
- ailes & ange
- Christ & personnages (Madeleine, Raphaël etc)


b – De grosses répétitions thématiques voire de motifs entiers :
- le cas des femmes à fleurs + papillons (3/45)
- le cas des femmes allongées (6/45)
- les femmes arbres (plutôt d’un jeu à l’autre qu’à l’intérieur d’un jeu), ici une seule carte

Trois illustrations pratiquement identiques : un centrage sur le visage de la femme, une grosse fleur collée à son visage, deux ou trois papillons au vol similaire (même type de papillon, même nombre de points sur les ailes, même traits sous le papillon pour marquer son mouvement), même goutte d’eau / lumière sur le 3e oeil de chaque femme…

Six femmes allongées, et vous noterez donc que toutes sont nues. Les neuf autres femmes nues :

c – Le problème de Toni Salerno et du corps des femmes (15/45).
Les symboles chrétiens, ça ne me branche pas de façon général. Pourtant, je peux en faire fi c’est esthétique. Cela serait probablement passé si cela avait été traité de façon originale. Le souci c’est que là on n’a seulement pompé la thématique des anges, d’ailleurs uniquement réduits à leurs ailes. Donc on a un motif d’ailes qui se répètent partout, doublé du problème papillon. Certaines scènes sont visiblement identiques, comme un étudiant qui s’entraîne à travailler certaines postures : le cas de la femme allongée qui vous regarde ; le cas de la femme-fleur ; le cas des femmes-arbres. Et alors les femmes nues, vraiment, je ne m’explique pas…
 
Pour cette raison, j’ai longtemps hésité à écrire à propos de ce jeu car je n’ai jamais trouvé personne qui en parle… Personne ne mentionne les répétitions, le new age évidemment, et, vraiment, ça me choque que personne n’évoque le problème de Toni et du corps des femmes. Ni en anglais, ni en français, les reviews n’abondent pas, et tout le monde encense l’artiste sans se poser de questions. Je ne comprends pas cette unanimité. ll y a quand même 15 cartes de femmes nues sur 45, ce qui fait plus d’un quart ! Sur un jeu qui se prétend de la « sagesse universelle ». Pour moi ça n’avait ni queue ni tête, et vraiment aucun sens intellectuellement parlant. Réflexions en vrac :
- Pourquoi associer la sagesse et la femme uniquement ?
- Pourquoi la sagesse, et la femme nue à chaque fois surtout ?
- Pourquoi représenter toujours des femmes nues ? Qu’est-ce que cela implique ?
- Une femme est-il seulement belle quand elle est nue ?
- Que signifie choisir une carte pour représenter la « pureté » et d’y dépeindre une femme nue ?
- Quid de l’absence totale d’hommes dans les représentations, en dehors du Christ ? (ou d’un Bouddha ici)
 
Et alors le pire… Le pire ! Je suis franchement étonnée que personne n’ait mentionné cela jusqu’ici : oser mettre dans un jeu de la sagesse universelle une carte directement érotique et masculiniste dans les termes et la représentation (j’explique le concept du « male gaze » dans la vidéo).
- Pour commencer, nous nous retrouvons avec une carte nommée « Dreaming of You« . Qu’est-ce que ça vient faire dans un jeu sur la sagesse « universelle » ? Vous voyez ce que je souligne depuis le début comme énorme problème de choix de titre, de flou du thème, et d’incohérences diverses ? En quoi le titre de cette carte, « rêve de toi », relève de la sagesse ??? Pour moi c’est incompréhensible que ça ait une place ici.
- Maintenant, si l’on met cela entre parenthèse, si on accepte ce principe pour x raison, demeure le problème. Réfléchissez juste quelques instants : que vous attendez-vous à voir, visuellement, sur une carte qui porte un tel titre ? Quelles images vous viennent à l’esprit ?
- Thématiquement parlant, à la limite, il y aurait eu plusieurs possibilités d’interpréter une telle idée. Ce texte aurait pu parler du lien fort qui unit deux personnes, quelle que soti la relation. Bien que je n’y crois pas, cela aurait pu concerner les âmes sœurs ; mais cela aurait pu aussi évoquer les relations platoniques (non physiques et romantiques, mais intellectuelles) ; cela aurait pu également parler des amis qui rêvent l’un de l’autre. On aurait pu parler de communion, de fusion, d’échange, de manque… plein d’idées auraient pu faire leur apparition ici. Mais non, le texte est complètement hypocrite à ce sujet ! Elle mentionne la tristesse de perdre des proches (« friends and loved ones »), des amis (« friends ») mais sa représentation correspond au désir charnel (pour être vulgaire comme dans la vidéo : c’est un cul en gros plan là, pas une silhouette souriante). Puis elle affirme que « le corps n’est qu’une coquille qui abrite l’esprit » (« the physical body is but a shell that houses our spirit »), comment affirmer un truc pareil, et représenter un fessier en gros plan ? Pourquoi ne pas appyuyer l’illustration sur l’esprit ?
- Pour terminer, plus que toute autre carte du jeu déjà inappropriée, elle présente donc une femme nue. Et là le problème se dédouble. Dans un premier temps, quid des femmes et des hommes qui utilisent ce jeu, et ne désirent pas d’autres femmes ? Quid des personnes (hommes, femmes, ou autres) qui désireraient plutôt des hommes ? Dans un deuxième temps… le regard de cette carte est obscène, typique du « male gaze » : la carte est directement centrée sur les fesses nues de la femme. Les proportions sont déformées, comme lors d’une contre-plongée ou d’un « fisheye », et les fesses se trouvent donc en gros plan au centre de la carte, beaucoup grandes que les autres parties (effet de zoom). Une femme se résume-t-elle à ses fesses ? Le désir se résume-t-il à une seule partie du corps ? (pour information, ça frise en principe le fétichisme, même si c’est plus complexe que ça). Autre ambiguïté pour le moins : la femme dort. Autant, la femme aimée qui dort fut un cliché positif dans l’amour courtois (Moyen-Age), et plus tard dans la poésie romantique, autant une femme nue qui dort est extrêmement vulnérable. Ce regard qui se fixe sur son postérieur alors qu’elle n’en est pas consciente et qu’elle ne peut pas donner son consentement, c’est voyeur.

 
Si cette carte était isolée dans un jeu sans aucun autre problème de représentation, je l’aurais probablement prise différemment. Mais dans un jeu, créé par un homme, qui présente 15/45 cartes avec des femmes dénudées, plus ou moins zoomées, quelque soit le thème, avec aucun homme sauf le Christ ? C’est de mauvais goût. Ça ressemble à une obsession. (Et je radote, mais, ça n’a rien à voir avec la sagesse selon moi. On n’attend pas cette carte dans un jeu de ce type). Prenez d’autres exemples. Réfléchissez juste un petit peu. Il faut considérer ce dont on veut vous parler, et observer comment on vous le montre, comprendre la corrélation avec les symboles choisis. Quels rapports entre le titre du jeu, le titre de la carte, et les symboles représentés ? Les choix ne sont pas gratuits, ils veulent dire quelque chose.
== Quand on vous propose « Butterfly Wings », les « Ailes de Papillon » (déjà, c’est qui le rapport avec sagesse universelle? bon…) qu’est-ce qui va être porté comme message au centre de la carte ? Les ailes non ? Ou au moins le mouvement du vol ? Ou la délicatesse des ailes ? Dans le cas présent, la carte « butterfly wings » vous place au centre de la carte, pas à gauche, à droite, en haut ni en bas, non, au centre, c’est à dire le coeur du sujet : une femme et ses seins nus. Les ailes sont périphériques. Si elles étaient centrales, alors la femme aurait dû être de dos (ou de 3/4), et là on aurait pu admirer les ailes. Si vous placez un sujet au centre, c’est que c’est lui qui compte le plus. Donc encore du nu. Ça n’est juste pas possible.
== Idem pour la carte du quartz rose : quel rapport entre « quartz rose » et la sagesse ? Aucune explication. Quel rapport entre la sagesse du quartz rose et une femme nue ?

Le sexe nu de la femme est pratiquement au centre… Il y a même un trait blanc qui représente la séparation des lèvres. Et les textures à cet endroit, par hasard me dira-t-on, évoquent le toucher du poil pubien..
 

Les questions que je me pose en parallèle

Comment on explique tout cela ?

1°) Qui choisit les lames qui vont entrer dans le jeu ? Est-ce Toni lui-même, ou bien la maison d’édition a-t-elle le dernier mot ? Peut-être qu’elles ne sont pas choisies pour leur cohérence visuelle, ni par ordre chronologique, ce qui pourraient expliquer l’hétérogénéité que je vois. Mais alors comment est-ce qu’on ose vendre un tel produit ? comment peut-on espérer qu’il marche ? … probablement parce qu’on vend un nom (Toni C.S.). Mais dans ce cas-là, c’est doublement malhonnête. Ca n’est pas professionnel (pas du travail sérieux, j’ai fait tout ce que je pouvais pour le montrer), mais en plus c’est vraiment prendre les acheteurs pour des jambons…
2°) De quand date ce jeu ? Quelle est sa place dans la chronologie des jeux Toni C.S ? Ainsi, est-ce que cette hétérogénéité serait corrigée dans les jeux « suivants » ? J’attends de récupérer l’Oracle Gaia, et l’Oracle de Madeleine pour le savoir. A priori, leurs thèmes sont plus lisibles / clairs, et le travail visuel plus homogène. Mais je ne suis pas sûre que cela respecte une chronologie.
3°) Pourquoi j’ai acheté un tel jeu si j’ai autant de problèmes avec ?
- pourquoi j’ai acheté le jeu si j’avais autant de réticences au niveau du New Age ?
- pourquoi j’ai acheté le jeu sans me renseigner avant ?

Alors d’une part, pour ce que j’en avais vu, j’apprécie beaucoup le travail pictural de Toni Salerno. J’aime sa matière visuelle, ses couleurs, ses textures, sa luminosité. Par exemple, j’ai aimé l’Oracle de Gaïa, qui a dû être mon premier jeu de Toni. Dans ce jeu-ci, comme je le mentionne dans la vidéo, il y a des cartes abstraites que je trouve somptueuses (exemple ci-dessus). De mémoire je n’ai pas voulu m’arrêter à quelques lames qui me parlaient moins. J’ai voulu tester par moi-même, et non juste critiquer de loin. D’autre part, j’avais fait des recherches en réalité. Cependant, on ne trouve pratiquement rien en termes de photos et de reviews sur les jeux autres que l’Oracle de Gaïa. Il m’était impossible de me faire un avis décent sans avoir le jeu entre les mains. Donc malgré mon hésitation, je voulais vraiment « voir des mes propres yeux » avant de critiquer quoi que ce soit, et c’était un gros choc de m’apercevoir que je ne m’étais pas trompée en ouvrant la boîte.

La revue en vidéo

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(Review) Revue du Crow Tarot

Informations générales

Auteure : Marguerite Jones (MJ) Cullinane
Illustratrice : Marguerite Jones (MJ) Cullinane
Éditeur : édition originale auto-éditée grâce à Indiegogo ; nouvelle édition grand public US Games.
Année : 2018 pour l’édition originale ; janvier 2019 pour l’édition US Games.
Type de jeu : Tarot, 78 lames (+1 lame de remerciement dans l’édition originale) ; tradition Rider Waite Smith.
Langue : anglais.
Prix : édition originale épuisée ; édition grand public à venir en 2019 (?) chez US Games, 22,95 dollars. Ils disent hiver 2018 mais je n’ai vu personne avec… A moins que les premières livraisons soient en décembre ?

Les plus

Il y a énormément de possibilités autour de ce jeu. L’auteur y attache énormément de vie. Vous pouvez également suivre :
- sa page Facebook, où elle publie les tirages et toutes les nouvelles ;
- sa page Instagram avec surtout les photos de tirages, et quelques photos de « backstage » ;
- sa boutique, qui propose des produits (carnets, mugs, coques de téléphone etc) illustrés aux couleurs du Crow Tarot ;
- son blog avec des tirages hebdomadaires et même quotidiens désormais avec le Crow Tarot !
- une application pour tirer vous-mêmes une carte.
Et ça n’est pas fini ! Il existe un premier livre de méditation sur les cartes, qui est sorti pendant la campagne indiegogo : le « Fly Through The Veil » Journal. Je ne crois pas qu’il est prévu de le rééditer, c’était une exclusivité de la campagne de financement jusqu’ici.

(photos officielles de MJC)

Par la suite, un livre complet va sortir ! (Crow Tarot Book) Pour y participer la nouvelle campagne en ligne sera lancée début 2019 je pense.

Notez : pour ceux qui n’ont pas acheté le jeu et qui seraient intéressés dans quelques temps, elle propose sur son propre site un lot du tarot US Games + le livre à venir (cliquez).

Et pour terminer, pour celles et ceux qui voudraient soutenir l’artiste au-delà de la campagne, avec un budget plus limité, ou autre, MJ a créé un patreon accessible ici.

L’avis en bref :

J’adore ce jeu ! Etant donné mon travail avec la Déesse Morrigan, j’ai une affinité particulière avec les corneilles (raven) et corbeaux (crow). Quand je l’ai vu, j’ai énormément hésité car les photomontages ça n’est vraiment pas mon truc… et pourtant, il y avait quelque chose dans les symboles et dans l’énergie que je ne pouvais pas ignorer. Ce qui m’a convaincue, étonnamment, ce sont les mots de l’auteur. C’est sa sensibilité qui m’a touchée, sa façon de décrire les symboles et de les appliquer au quotidien (sur son blog, ou sur l’application en ligne). J’aime beaucoup l’ensemble du travail symbolique, et pas simplement les images.


Cependant, le jeu a aussi pas mal de défauts techniques, liés à la mise en page du jeu. Il y a certaines cartes majeures qui sont beaucoup plus floues, comme si l’image originale avait été grossie. Au niveau du bandeau qui surplombe les cartes, il y a des ratés (les chiffres non harmonisés, tant purement lisses, informatiques, tantôt stylisés avec des ombres ; parfois le haut du motif est coupé). Au bas des cartes majeures, encore, la police est parfois aberrante (pas la même stylisation partout). Néanmoins, je tempère ma découverte à chaud, car je sais que c’était le premier jeu de cette artiste, et qu’elle l’a réalisé intégralement seule, sans aide extérieure. La masse de travail est énorme, et elle n’est pas un professionnel de l’édition, donc je pense qu’on peut lui pardonner ces erreurs… C’est juste embêtant pour moi quand ça me saute aux yeux et que ça me distraie de l’image.


Je m’interroge sur la nouvelle édition grand public. US Games a changé la police de titre, donc elle devrait être la même partout. Et je me demande si elle a corrigé les erreurs de bandeau en haut.

 La revue en détails

1°) Le livret blanc : pas grand chose à dire, il est standard. Tout petit, avec un micro paragraphe pour chaque carte. Il n’y a pas d’introduction, et pas de tirages proposés.


2°) Le « Crow Tarot Journal » : « This journal includes all 78 images from the deck and a brief description of the card, on the opposite page there is plenty of room to write your thoughts for the day or how you plan on using the energy from the image to work through a problem or motivate yourself.
I am creating the journal for those who are interested in connecting and exploring the feelings that surface from each image and its message. Each daily exercise of writing offers a short burst of inspiration or may even prompt an uncomfortable feeling that denotes an area that needs attention in order to move forward.
When creating this deck I found I was holding on to quite a few self-limiting beliefs that surfaced – and thankfully so – as it gave me an opportunity to examine why that belief was held and how to work on releasing it. » (présentation officielle pendant la campagne)
(photo officielle MJC)
Présentation : Il s’agit d’une édition en longueur (format paysage) avec une belle couverture en papier glacé. Les pages ne sont pas numérotées. Elles suivent l’ordre des majeures puis des mineurs, avec une double page pour chaque lame : à gauche une grande reproduction en couleurs de la carte, un petit paragraphe de texte et un encadré pour écrire une action du jour ; à droite des lignes pour prendre des notes personnelles. Il n’y a pas d’introduction ni d’explications, uniquement une petite page à la fin du livre pour remercier. A quoi sert-il ? A priori, l’auteure l’a conçu comme un livret d’accompagnement au quotidien, pour effectuer une méditation par jour. L’idée serait double: procéder à une introspection (thoughts) puis créer un mantra positif et trouver une action directe à réaliser à partir de la carte.
(photo officielle MJC)
Avis au premier abord : L’impression est vraiment satisfaisante en terme de qualité, pour la couverture comme pour les pages internes. Je suis juste un peu déçue de l’emballage rapide de l’envoi du jeu : une simple enveloppe à bulle, sans « mousse » à l’intérieur, le livre a été cogné de multiples fois ; seule la petite planche de carton au centre du paquet a évité que le livre soit trop plié ou tordu étant donné qu’il est entièrement souple. Le contenu est vraiment simple (le texte est court), mais il faudra que j’essaie la pratique en question pour en savoir plus. Si le texte est suffisamment inspirant, peu importe qu’il soit court (surtout qu’il accompagne un visuel), il devrait être efficace malgré tout. A titre personnel, j’ai du mal à écrire directement dans un livre, même un workbook… donc la page de droite sera un peu inutile, mais on verra si je tente.
Après observation, une petite déception : le petit texte accompagnateur n’est pas nouveau, c’est celui du « petit livret blanc » (little white book en anglais, abrégé souvent LWB). Donc il n’y a pas d’exclusivité du texte, ce ne sont pas des textes de méditation.

3°) Les cartes
L’édition backers comporte un dos unique, un motif presque géométrique, dans une dominante de tons bleus et jaune : au centre de la carte, plusieurs corbeaux sont représentés et assemblés pour former de loin un motif abstrait ; un cadre a été placé, également dans des figures abstraites, de type enjolivement / enluminure. La texture des cartes est magnifique je dois avouer. Bien qu’au départ leur finesse m’ait extrêmement surprise, les cartes sont très souples et très résistantes. Leur toucher est presque glacé sur le dos, et très soyeux. Cela donne des cartes qui glissent énormément, et sont faciles à étaler sur la table.


L’autre caractère unique du jeu original (édition backers) est le tour des cartes. MJ l’avait précisé, et cela a été confirmé par les premières images de chez US Games, les mineures possèdent un cadre coloré accordé à celui de la carte qu’elles représentent. Donc chaque carte mineure possède sa propre teinte, qui peut effectivement être grise, mais s’étend jusqu’au rose et à l’orange pour certaines. Le travail sur les arcanes majeurs est un peu moins marqué, cependant on retrouve une tentative pour teinter le cadre sur chacune. On obtient donc en étalant le jeu une palette assez variée et colorée (voir photo ci-après:)

Les mineures :
Niveau présentation, les mineures n’ont pas de titre inscrit sur la carte, seulement leur chiffre, en caractère romain, en haut. Je dois avouer qu’elle a réussi à le rendre visible tout en étant très discret, et cela permet de bien profiter de l’illustration, j’aime vraiment beaucoup. Les cartes de Cour, elles, comportent le titre en bas dans une bordure beige, à l’image des arcanes majeurs. En termes de travail esthétique et d’harmonie, je trouve que les mineures sont les plus réussies du jeu, au-dessus des majeures. J’ai du mal à me l’expliquer. C’est le mélange de l’esthétique réussie, dans la police, la bordure, les chiffres sans aucun accroc visuel… et la limpidité des illustrations. Elle a choisi de coller vraiment le plus possible au Rider Waite Smith d’ailleurs, ce qui rend le jeu accessible aux débutants à mon avis. Vraiment les mineures sont superbes. Ci-dessous deux photos de sélection : 4 exemples de couleurs de bordure personnalisées (gris clair, gris plus foncé, rose, et orange), sans titres donc ; puis un exemple des cartes de Cour avec titres et bordures.


Les majeures :
Il y a beaucoup plus de défauts sur les cartes majeures malheureusement. Côté symbolique, elles sont un peu calquées sur le Rider Waite Smith. Il y a de très belles réussites. Mais côté mise en page et graphisme, c’était un peu la débandade, et j’ai été un peu déçue en ouvrant (ce qui a vite été rattrapé par mon amour grandissant du jeu et de son thème). Voyons les exemples des problèmes principaux :
- certaines cartes sont presque floues, pixellisées ; à mon avis il ya eu une erreur de fichier ou quelque chose, c’est terriblement visible au milieu des autres lames, et terriblement laid à regard… La principale concernée est l’arcane de l’Empereur (IV), mais le hiérophant, xxxx sont également étranges. Observez la différence de netteté des textures entre les 3 cartes majeures suivantes (clic droit, « afficher l’image » pour voir en grand) :

- Comme vous le remarquerez également sur la photo qui précède, les majeures comportent des irrégularités dans l’utilisation des polices. La carte du Fou, par exemple, comprend une stylisation plus « floue », je pense en réalité « ombrée » (ombre du texte), que les autres cartes n’ont pas. La Haute Prêtresse et l’Empereur ont un texte « blanc », sans mise en forme, très informatique visuellement. Je pense qu’à l’usage je vais passer outre, mais au départ c’est très marquant, ça me sautait aux yeux d’une carte à l’autre. Ca me distrayait de l’image.
- En plus de problèmes esthétiques dans le bas des majeures (titres), le haut des cartes comportent également 3 gros défauts. D’abord, le motif central est coupé sur de nombreuses cartes, et on peut s’ôter facilement le doute en trouvant d’autres cartes où le motif demeure entier. Aussi, le style des chiffres romains est plein d’autres « bugs » : tantôt le motif n’est pas stylisé, il est apposé informatiquement sans ombres et sans flous, tantôt il est mis en forme. Les changements d’une carte à l’autre sont extrêmement visibles :

Par ailleurs, les bordures ne sont pas traitées également. Parfois, le côté de la carte et le haut de la carte voient l’ajout d’une texture harmonieuse et d’un fondu des couleurs. Parfois, les bordures côté et haut sont traitées indépendamment et cela donne un effet « paquet » / « empilement ». On se retrouve avec des sortes de « lignes » de démarcation claires.

Pour terminer, il y a eu cette carte terrible, celle du pendu (XII). Je me demande si MJ n’a pas également employé un fichier de travail (brouillon) au lieu de la version définitive, car laisser passer une telle erreur pour moi c’est incompréhensible. Le chiffre romain a été effacé à la main et réapposé ensuite, exactement comme un élève met du blanco (typex) pour effacer ses fautes. C’est tellement laid… je n’en revenais pas.

 
Après cette présentation technique, que retenir ?
Le Crow Tarot est le tout premier jeu d’une artiste qui a travaillé entièrement seule. Or être artiste, et être éditeur ou graphiste, ça n’est pas la même chose. Je me rappelle des heures que j’ai passé à mettre en page le jeu personnel que j’ai réalisé en 2012… la prise de tête que les photos ne soient pas toutes au même format, que les bordures ne soient pas de tailles égales, que je n’ai pas le même espace pour écrire un titre, que tout ne soit pas centré pareil… C’est long et fastidieux comme travail. C’est un métier après tout. Donc même s’il y a des erreurs qui me frappent, je me dis que cela reste attendu et compréhensible en connaissant le profil de la personne. Peut-être qu’à la longue je vais m’habituer à ces choses, et que je ne serais plus distraites du dessin à cause de ces irrégularités.
Le jeu a une magnifique énergie, la connaissance personnelle et approfondie que l’auteur a de l’oiseau en question se ressent à travers son travail. Les corbeaux sont vivants, les cartes portent clairement leur énergie et nous la délivre. Il est facile à lire, parce qu’il est clairement visuellement, et qu’il suit très bien le Rider Waite. Il est chaleureux aussi je trouve, dans ces couleurs (ce qui sera peut-être moins le cas pour la version suivante?), je l’ai trouvé positif et apaisant pour approcher des blocages. C’est une joie à prendre en main, à cause de la texture si soyeuse des cartes, un plaisir à mélanger. J’ai hâte de pouvoir me retourner d’ici un an, après avoir bien pratiqué avec lui, pour voir les richesses qu’il recèle, comment il réagit en méditation personnelle et avec les clients. Mais je n’en démords pas, malgré ses défauts, cela reste un magnifique jeu.
 

La revue en vidéo :



 

Qu’en est-il de la version grand public ?

Les photos officielles US Games nous confirment les premiers éléments de différence :
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- Le dos a donc changé, il est sombre avec un motif géométrique / végétal, qui peut rappeler des plumes ;
- Les polices ont été modifiées et harmonisées sur les cartes, partout la même, de la même taille etc. (Je préfère néanmoins le choix de la cursive de l’originale, mais on ne peut nier que le titre en majuscule, avec leur police, ça fait très net, très propre)
- Les mineures et les majeurs auront bien partout la même couleur de bordure approximativement ;
 
Pour en voir plus, ça tombe bien, MJ a posté juste après ma review un « unboxing » (déballage) de l’édition US Games, qui a l’air réellement somptueuse ! Cela vient donner chair à nos attentes !
- Les cartes sont plus épaisses (pour ceux qui préfèrent) ;
- Une belle boîte rigide ;
- un livret blanc avec une couverture en couleur, une mini reliure brochée, et j’ai même cru voir une proposition de tirage qui n’apparaît pas dans celui de la version backers ; Les polices sont léchées, le tout est bien harmonisé ;
- Une correction des entêtes sur les majeures ! La mise en forme des chiffres romains est harmonisée, avec les mêmes ombres partout, et le même style ! Et la carte du pendu (XII) qui avait ud « blanco » laid a été corrigée. ^^’
- Elle confirme que l’Empereur (IV) avait eu un problème sur l’édition backers, et elle a retrouve le bon fichier pour la version US games! Du coup les pixels et le flou dont je me plaignais sont probablement partis (je vois mal sur la vidéo).

(Review) Revue comparative du Cosmos Tarot 2e édition !

Auteurs : The Light Grey Art Lab, un collectif d’artistes
Illustrateurs : Même chose. Chaque carte = un illustrateur différent.
Éditeur : autopublié donc, par leur studio
Année : 2018 (juin)
Format : un tarot (78) et un oracle (22)
Langue : anglais
Prix : toujours 35 dollars américain (sans fdp)
En voir et en savoir plus ? Consulter le site de l’atelier ! (cliquez) Vous avez la possibilité de voir l’intégralité du jeu (toutes les lames, des deux jeux, avec également le texte accompagnateur) !

Photo officielle du Light Grey Lab

Pour voir d’abord l’ancienne revue, c’est par ici : cliquez.

Quelles différences avec la première édition ?

- La boîte : la couleur du fond a été légèrement modifiée : le fond de ciel étoilé est désormais violet sombre, avec une partie plus claire qui met en relief le sous-titre de la « deuxième édition ». Aussi, les cartes représentées sur la boîte sont légèrement différentes.
- La qualité d’impression des cartes : moitié positive, moitié négative, voir plus bas.
- L’apparence du livret : sa couleur a également été modifiée pour être accordée à la nouvelle boîte.

Pour les changements plus conséquents, il va falloir un peu s’étendre.

- Le contenu du livret : même nombre de pages, 141. Au début j’ai eu peur, car je ne voyais pas comment ils pouvaient avoir modifié et amélioré le livret sans avoir touché au volume de page. Et puis en un coup d’oeil rapide on est fixé : ils ont joué sur la taille de police, pour garder toujours une carte = une page. Ce qu’il se passe, c’est que certaines cartes avaient des pages un peu vide en fait, donc ils ont procédé à des ajouts pour que ça soit plus dense. Sur d’autres cartes, ils ont modifié les mots de liaison, retiré quelques phrases, ajouté d’autres… Donc en fait on garde bien un livret exactement de la même taille. Voir les deux exemples en photos plus bas.

- Les cartes : Plusieurs choses sont observables à l’oeil nu dans la nouvelle impression : des différences de couleurs, de chaleurs, de contrastes, et de piqué.

(Ex: Oracle, le 4, le 6 presque noir et plus gris sombre, pareil sur la 10, le 7 plus orangé et foncé ; la 17 est plus bleue dans la 1ere édition, plus bleu vert dans la 2e ; la 19 est plus violette dans la 2e, et bleue dans la 1ere ; 21 plus grise dans la 1ere, plus sombre et violette (?) dans la 2e ; la 22, plus piquée, sombre et moins brumeuse dans la 2e)

Premières impressions positives :

- La boîte a l’air d’être exactement de la même taille, aussi compacte et duveteuse.
- Les couleurs sont très éclatantes et contrastées. Ca attire beaucoup l’œil, c’est beau à regarder. J’ai comparé les deux : la différence est légère, mais ça fait quand même un changement ; plus de contraste et de piqué sur la 2e édition. Parfois ça rend plus sombre que sur la première.

Premières impressions négatives en ouvrant la boîte

- La boîte est toujours aussi dure à ouvrir, ça m’a pris plusieurs minutes, j’ai cru que j’allais finir par l’abîmer avec mes ongles.
- La qualité des cartes est moins bonnes…. Il faut que je vérifie ça de façon plus technique, mais quelle tristesse en ouvrant le premier paquet ! La « lamination » est ratée : tous les bords de cartes sont « marqués » et vont peut-être « feuilleter »… (voir oracle carte 10 en haut, 17). Les cartes ont collé les unes aux autres aussi.
- J’ai l’impression que les cartes glissent moins que dans la précédente édition.
- x

La comparaison côte à côte en photos

Les boîtes et livrets de même tailles, avec couleurs et labellisations modifiées.

La différence de colle entre les deux livrets. 1ere édition : sombre et épaisse ; 2e édition : blanche et plus fine.

Le contenu du livret légèrement modifié. 1ere édition à gauche, 2e édition à droite :
(clic droit + « afficher l’image » pour voir en plus grand et lire les caractères)

Maintenant passons aux cartes. La première de l’Oracle, et le changement de mot clé.

FR: Un zoom sur le bord des cartes : remarquez les petits points blancs qui montrent que le bord s’effrite alors que c’est neuf. Edition 1 à gauche, édition 2 à droite.
ENG: A close look at the new bad edge of the cards : see the white dots, showing that the edge is weirdly eroding. Edition 2 first, edition 1 below :

FR: Regardons d’autres cartes dont les couleurs et le contraste sont plus ou moins modifiées. Même ordre.
ENG: Another look at colors and contrast change. Edition 1 on the left, 2nd edition on the right.



FR: Regardez comme les contours sont plus noires et foncées à cause du changement de contraste.
ENG: Look at how certain lines are more black than before due to contrast.

FR : Passons maintenant à toutes les cartes sombres mentionnées dans la vidéo.
ENG: Let’s now look at how the dark cards become even darker.

FR : Parfois, c’est la « chaleur » de la carte qui est modifiée :
ENG : Sometimes, the hues change from cold to warm tones or the reverse.

FR : Outre le changement de « chaleur », remarquez le piqué qui change sur la carte suivante ; la brume de la carte de gauche n’existe plus sur la seconde.
ENG : Apart from the change of tone, note the sharpness on the following card ; the first version was blurry, almost misty, but the second one is very clear.

FR : les gris ont tendance à tourner au gris très sombre voire noirs.
ENG : the grey colors tend to turn to pitch black.

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La revue comparative en vidéo :

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Découverte du Floret Oracle !

Oyez, oyez, à tous les amoureux de plantes, et (ou) des représentations victoriennes ! Comme vous les savez sûrement, le célèbre « Victorian Flower Oracle«  publié chez Baba Studio est épuisé. Cependant, j’ai trouvé un autre oracle plus récent qui utilise les mêmes illustrations de J.J Grandville.

Pour celles et ceux qui ne le connaissaient pas, le voici :

Or, au détour de quelques pages internet au hasard ce matin, je découvre le « Floret Oracle » de Limoniume, qui a repris les illustrations de Grandville pour en faire un oracle accessible. Malheureusement voulu « intuitif », le jeu se présente sans livret (je dis malheureusement car la culture victorienne était extrêmement codifiée, et les fleurs ont des symboliques spécifiques, donc le prendre comme un jeu intuitif ça risque de faire flop). Les photos de l’auteur sont vraiment très mauvaises, pas très nettes et sombres, donc je préfère donner les références du site d’impression :


Quelques précisions :
- Les cartes sont petites ;
- Le jeu est livré sans boîte ;
- Je n’ai pas eu le temps entre les mains donc je ne connais pas sa qualité ;
- Il est a priori sorti entre 2014 et 2016 (date à confirmer)
- Son prix est de 20,16 dollars à l’heure où j’écris, sans les frais de port.
Vous le trouverez sur ce site d’impression à la demande.


J’ai trouvé une vidéo où l’on peut en voir les cartes :