Archives de Catégorie : La Voie des Dieux

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Eivør – Patience

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Catégories: Evocations musicales

Petit préambule

Cela faisait un moment que c’était dans mes brouillons, mais je n’y avais pas encore touché car je n’étais pas bien sûre de l’idée. Comme depuis quelques mois je commence à accumuler des choses de ce côté, je finis par me lancer, même si ça ne parlera pas à grand monde. Je tente, j’expérimente.
De quoi donc ? J’inaugure une catégorie “évocations musicales” dans la partie polythéisme du blog. Je travaille régulièrement les mythes en musique, et les Esprits avec lesquels je travaille aiment bien envoyer des messages comme ça. Ce médium est mixte, puisqu’il mélange poésie (la langue) et musique (support non verbal). Parfois le résultat pour un polythéiste est très littéral et évident, parfois il permet de mettre des mots sur des énergies, des entités, ou des mystères beaucoup plus subtils. Sur mon Patreon je me suis notamment permis d’analyser une chanson d’Eivor en avril (pour approfondir la magie de l’océan). Ici je vais laisser le champ totalement libre. Il y aura une chanson et juste la piste d’identification / évocation que j’y vois, avec les paroles. Les paroles peuvent être copiées-collées dans un traducteur automatiques pour les non-anglophones, et quand j’aurais le temps je proposerais des traductions mais pas systématiquement (par contre sur Patreon j’avais proposée une véritable traduction expliquée).

Aujourd’hui je commence avec cette chanson partagée hier sur Instagram à la volée :

Evocation :

Freyja Mardöll en quête d’Ödr (Odin / Heimdallr)

Paroles (Musicmatch) :

“Patience, when did you become a stranger?
I hardly know you anymore
Patience, if only we could be together
Won’t you to come knock on my door?

I want to walk with you again
Even if I have to wait
I just want to walk with you again
Tell me it’s not too late

Patience, there’s a shadow in the mirror
It’s not who I want to be
Patience, I’ve seen you in my mother
She never lost her faith in me

I want to walk with you again
Even if I have to wait
I just want to walk with you again

Everything I thought I knew is fading in the sand
There’s nothing left to hold onto
Every time I lose my ground, I reach out for your hand
I know no one else can save me now but you

I want to walk with you again
Even if I have to wait
I just want to walk with you again
Tell me it’s not too late
I just want to walk with you again
Tell me it’s not too late”

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« Le Chaman », compte-rendu de conférence

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Catégories: Chamanisme, Définir les concepts

[Repost de mon article de février 2015. Avec les temps qui courent, ça me paraît d’autant plus important de republier ce texte]

Jeudi 2 Décembre 2010 – Musée du Quai Branly à Paris

Titre original : « le chaman et la science », mais je trouvais ça pas tellement approprié…  le contenu de la conférence est un parcours du combattant, j’espère que ça sera clair.

Conférence de l’Université populaire du Quai Branly : « Le Chaman », par Charles Stépanoff

Grâce à une coupure du 20 minutes de la veille pris dans le métro, je tombe sur une « publicité » sur ce cycle de conférence au Quai Branly et je vois pour le lendemain donc « Le Chaman »… Coïncidence ou pas, j’étais à la fac sur Paris ce Jeudi 2 Décembre, et mes cours se terminaient avant la conférence ce qui m’a permis d’y aller. Alors je n’ai pas raté l’occasion !

Faire un lien précis entre le cycle de conférence (Histoire de la colonisation, les Archétypes), le titre je trouve. Ça manquait de clarté. Mais malgré tout c’était particulièrement intéressant.

La conférence était organisée en 2 moments : la première partie était l’exposé de l’intervenant, et ensuite une partie question. Je vais vous rendre compte des deux même si je trouve que c’était surtout les questions qui ont mené à des choses intéressantes.

J’espère que mes notes ne seront pas trop fouillis.

I – 1er Moment : l’intervention

L’exposé de Charles Stépanoff était coupé en 3 parties, pour exposer 2 théoriques scientifiques sur le chaman (dans le temps), et à la fin la théorie des « indigènes » eux-mêmes.

1°) Petit résumé historique

Au 16e et 17e siècles, les archives nous permettent de retrouver des gravures très parlantes qui affichent le plus le point de vue que l’on porte sur le chaman : il est perçu comme un démon, ou LE démon, Satan, et les représentations sont sensées être effrayantes. On a retrouvé en 1676 par exemple les Mémoires d’un chrétien, qui fournit la première description historique d’un rite chamanique : le chaman est décrit de façon similaire à un sorcier occidental, démoniaque.

Au 18e siècle en Russie a lieu une politique de démystification grâce à Pierre Le Grand. Il fait rassembler dans un même lieu, la Kunskamera, des étrangetés de tout l’Empire. Les chamans n’y échappent pas, ils doivent devenir des objets d’étude. On ne souhaite plus céder à la peur et les associer à des diableries, on veut percer leur mystère et comprendre. On envoie alors des émissaires collecter des idoles, rapporter des schémas, des dessins…

2°) La thèse des Lumières

C. Stépanoff nous a renvoyé à l’article de l’Encyclopédie pour nous exposer la thèse des Lumières. Tous les aspects négatifs y sont : illusion, Diable, faussaire, rapport cupide à l’argent… Le chaman est un fourbe faussaire qui recherche l’argent, utilise l’ignorance et la peur pour faire « marcher » son imposture.

C’est une théorie rationaliste très puissante qui influencent même les gens sur place, en Russie. Deux français, La Pérouse et Lesseps, traversent la Sibérie pour aller voir par eux-mêmes et rapportent des récits terrifiants qui concordent avec la théorie de l’Encyclopédie. Les philosophes reprochent au chaman la transe, qui permet d’accéder à la connaissance par un repli intérieur (critique du geste mystique).

Les rituels chamaniques sont coupés de leur contexte social, et transformés en spectacle ; Catherine II de Russie crée un théâtre pour y donner des représentations.

3°) Une très difficile entrée dans le monde moderne

Au 19e siècle on se rend compte que l’on a peut-être vu les choses sous un mauvais angle : on s’aperçoit que les chamans croient réellement en ce qu’ils font. Notamment, on observe qu’un chaman qui est malade va voir un autre chaman. L’attrait devient vraiment curieux, et tout étranger qui se rend en Russie essayera d’aller voir un chaman. Néanmoins, des théories péjoratives continuent de circuler, on reprend la théorie des climats de Montesquieu : la Sibérie, par son climat et sa rudesse, est un pays vide d’idées. Les habitants de Sibérie sont donc vus comme une race primitive, sauvage et inculte, issue d’un passé lointain. On effectue quelques comparaisons avec les druides européens.

Au début du 20e siècle se tient une première conférence ethnographique très importante. On essaie de faire naître un sentiment d’identité sibérienne. Mais dans les années 20 et 30, la montée du communisme embarque le chaman dans sa suite : on le tolère, mais on espère en faire un bon bolchevik. On tourne des films de propagande sur le sujet, le chaman peut être un outil. Puis dès les années 30, après une réunion ethnographique, la situation se dégrade, on procède à des exécutions pour briser la « résistance » de certains chamans, et on invente des excuses pour avoir une raison de les condamner (on les assimile à des koulaks). On essaie également de mettre de force les enfants nomades à l’école pour éradiquer les croyances et pratiques chamaniques. « Odna » est un film très célèbre sur le sujet, qui a parfois été diffusé sur Arte sans aucun commentaire, alors qu’il s’agit de cette propagande. On procède littéralement, et volontairement, à une destruction du régime social pour éradiquer les croyances animistes.

4°) La vision indigène

Ici je n’aurais que des points éparts à vous livrer.

– Contre la terreur, l’esthétique. D’après les chamans sibériens, la transe, la danse, les instruments, les gestes, tout dans la pratique est sensé être beau.

– Le doute essentiel. Contrairement à ce que les occidentaux auraient pu croire, les chamans sibériens favorisent le doute, il est un moteur essentiel du chamanisme. Il est important d’être toujours sceptique en quelque sorte, à l’affut d’un chaman charlatan, ou de pratiques douteuses.

– Être chaman : il y a des indices d’une nature individuelle différente, une essence invisible. Ce qui est fabuleux pour notre regard, c’est que selon les sibériens c’est une particularité de tout le règne vivant, les hommes ne sont pas les seuls à pouvoir être chaman : cette différence fondamentale se retrouve aussi chez les animaux, les plantes, etc. Il y a beaucoup de récits sur des Arbres Chamans (des arbres tordus ou étranges souvent ; des animaux albinos).

– Les Touvas d’aujourd’hui ont également des remarques très intéressantes sur l’attrait que l’on porte au chamanisme : ils trouvent cela stupide/naïf de venir jusqu’en Russie pour trouver des chamans, selon eux, il suffit de regarder autour de soi.
De même pour eux le néo-chamanisme est une douce illusion. Cela ne s’apprend pas d’être chaman. C’est soit une hérédité familiale (qui peut être une particularité physique), soit une particularité qu’un individu a développé dans sa lignée. Il faut commencer avant toute chose à étudier ses propres ancêtres et racines, et pas aller en Russie chercher des chamans, « copier » et dénaturer un chamanisme d’ailleurs.

II – 2e Moment : les questions

La partie question est très aléatoire puisque c’est le principe ouvert des questions. Je noterai ici essentiellement les choses qui allaient plus loin ou cherchaient à préciser des éléments (les provocations, les définitions tout ça, je pense que ça n’est pas utile).

– Une question sur le néochamanisme a permis de préciser les points déjà abordés à la fin de l’exposé : tous les gens qui prétendent apprendre le chamanisme sont des imposteurs pour les sibériens. Si on n’est pas repéré, si on ne possède pas de particularité, on n’est pas chaman. Cela n’est pas nécessairement héréditaire. Cela n’arrive pas forcément non plus pendant l’enfance, ça peut arriver très souvent à l’adolescence, parfois plus tard. Il existe des signes extérieurs reconnaissables (dont vous avez entendu parler : maladies graves, dépression, grosse crise « existentielle », fugue, épilepsie). Il existe paraît-il au sein des communautés un rituel pour vérifier si l’on possède ou pas l’essence chamanique.

De plus, il n’y a donc pas d’initiation possible. L’essence spécifique et les compétences sont déjà là si on est chaman, cela ne s’apprend pas, il s’agit seulement de trouver/créer (et se faire transmettre) les instruments.

– Il a également insisté à nouveau le doute (« insécurité cognitive permanente »). Il n’y a pas de critères. Par exemple, un chaman « alcoolique » : ça n’est pas forcément négatif, peut-être qu’il voit parce qu’il possède des puissants esprits alliés qui ont très soif.

– Il a également expliqué que les psychotropes, pour les Sibériens, sont une douce illusion aussi. Cela n’est pas réservé aux chamans en soi, et surtout, ça n’est pas nécessaire, c’est plutôt pour les débutants qui ne savent pas « faire ce qu’il faut » (modification de l’état d’esprit, transe…)

– Une remarque intéressante aussi : il y a autant de visions du monde que de chamans. Pour les sibériens/touvas, si un chaman dit la même chose qu’un autre (même vision du monde etc), alors c’est un imposteur.

Et finalement, puisque cette conférence faisait partie d’un cycle sur la colonisation, il a émis une phrase finale en lien très percutante : le New Age, le néo chamanisme, sont des formes nouvelles de colonisation en quelque sorte. On extrait une matière première et on la transforme « à la mode de »… (l’occident)

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Appropriation culturelle, un aperçu

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Catégories: Appropriation culturelle

Si vous vous demandez pourquoi je parle de cela ici, l’embrasement des réseaux sociaux à cause des luttes antiracisme aux Etats-Unis et en France n’ont pas dû vous échapper ? Je vous recommande d’aller voir directement toutes les stories que j’ai postées sur Instagram (dossier “appropriation” sur mon profil). Mais je sais qu’il va falloir approfondir, il faut qu’on en parle. Alors voici une liste commencée y a quelques années (que je voulais commencer à mettre en forme en 2019) des thèmes que je voudrais aborder pour déconstruire morceau par morceau :

  • Cela avait commencé l’an Pratiquer avec les Esprits animaux, ne plus employer le mot totem, trouver une autre terminologie, etc
  • Chamanisme versus animisme
  • Le tambour, l’outil du chaman, pas l’outil animiste ; quelles zones géographiques ? pourquoi employer un outil pas natif de nos traditions ? etc
  • Lutter contre l’appropriation n’est pas une forme de “folkish”, d’extrémisme raciste où chacun se concentre sur ses ancêtres ;
  • “Voyage chamanique” : qu’est-ce que cela veut dire ? pourquoi en faire ? En a-t-on réellement besoin ? quels autres techniques de voyage existent dans d’autres traditions ? Quelle différence entre voyage et état de conscience modifié ? A-t-on besoin du voyage pour avoir un état de conscience modifié ? etc.
  • L’appropriation ne touche pas toutes les cultures et identités de la même façon. Souvent on pense les blancs versus les autres, puisent qu’on a été les grands colonisateurs. Mais le cas de l’appropriation de… disons, des éléments égyptiens, n’aura rien à voir avec les cas d’appropriation du “chamanisme”. Puisqu’on a une culture qui a été longue et entière sur un territoire, pas marginalisée du tout, versus de l’autre, une multitude de cultures (c’est pas “les amérindiens”, c’est les centaines des nations autochtones différentes) qui ont été brutalisées par une rassemblement sous un seul terme (chamanisme) qui ne vient pas d’elles, avec derrière un véritable processus de répression-destruction (faire migrer, parquer dans des cas, détruire le mode de vie nomade, interdire de parler la langue et donc la détruire, lois répressives sur les pratiques religieuses, etc). Il faut sortir de l’universalisme. On ne peut pas traiter les choses en blocs massifs.
  • Cette synthèse publiée en 2018 : “Comprendre la différence entre appréciation culturelle et appropriation culturelle“;
  • Souvent on revient aussi beaucoup à la définition dans les problèmes que cela pose aux gens, qui n’ont pas compris quelle était exactement la définition de l’appropriation culturelle ;

Il y a les choses que je voudrais analyser moi-même, notamment pour proposer des nouvelles terminologies, mais il y a aussi des choses qui sont des synthèses d’ouvrage, d’articles, beaucoup de ressources anglophones. Car je n’invente pas ces choses, je les relaie. Je cherche les explications des populations concernées. Et je voudrais que cela garde la place ici. Il y aurait énormément à traduire, mais c’est un double boulot : ça veut dire le faire pour moi, lire une fois, deux fois, vérifier que j’ai compris et intégré, et ensuite le temps de travail de “rapport”, soit synthèse, soit traduction. C’est un travail de titan qui m’a découragée des tonnes de fois. Et en fait, que doivent dire les personnes qui sont directement concernées par les oppressions et les vols ? Elles ne sont pas fatiguées peut-être ? Aîe…. A nous d’écouter et de chercher, de faire le boulot de déconstruction. Trop facile de dire “j’ai pas le temps”…

Toutes les personnes qui prennent le temps d’échanger avec moi et de poser des questions permettent qu’on réfléchisse ensemble à tout cela. N’hésitez pas à partager les problèmes que ça vous pose, les “comment j’appelle ça alors?”, ou “comment changer telle pratique?” etc.

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Tarot et consommation (1)

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Catégories: Capitalisme et consommation, Ethique, Le sens de nos "collections"

J’imagine que cela ne sera pas la seule fois où je parlerais de tarot et de consommation vu comme le sujet est vaste, alors je lui ai glissé un petit numéro. Ici, faudrait-il le préciser, ce n’est pas une leçon. C’est un témoignage à cœur ouvert de ce qui me préoccupe, de ma façon de voir, et de mon propre cheminement interne. 

C’est quand la dernière fois que vous avez pris le temps de remettre en question votre façon de consommer dans un domaine qui vous tient le plus à cœur ? Que vous avez interrogé votre Ombre et votre cohérence éthique ?

Moi c’était il y a quelques jours.

Je sais pertinemment que le tarot est un « péché mignon ». En termes écologiques et de consommation, c’est une bête noire. D’où vient le jeu ? Où est-il imprimé ? Quelles encres ? Sont-elles très toxiques ? Sont-elles bien « triées » et « recyclées » pour polluer le moins possible ? Où sont-elles libérées ? Dans quels contenants et matériaux ? Et quel papier ? des arbres de quelle espèce, qui sont élevés comment et où, qui ont quel âge, récoltés dans quelles conditions ? Et quelles conditions de travail pour les employés de l’imprimerie ? Quelle éthique de la maison d’édition ? Acheter son jeu à une petite boutique, ou à une grosse qui achète par lot, et « rassemble » les colis de jeu ? La liste est super longue, on peut passer des heures à réfléchir et à calculer des bilans carbones aussi. Je suis sur un chemin de toute façon, non seulement la perfection n’existe pas, mais en plus je suis encore plutôt au début du chemin. Ce qui arrive souvent, ce que l’on lit, c’est qu’il y a des domaines où c’est plus facile de suivre principes que d’autres. Pour ma part, j’ai bien remarqué que quand l’objet m’est vraiment trop important, cela entraîne une frustration trop grosse. Sachant qu’il y aussi des « petits » gestes, et des « grands » gestes en termes écologiques (ceux qui ont plus d’impact, comme le fait de ne plus manger de viande et de produits laitiers). Alors je sais que pour ce domaine, je mets mes principes « entre parenthèses », et j’essaie de compenser sur d’autres terrains. Pour cette passion-là, qui apporte autant de joie, de réflexions, et qui est aussi un domaine professionnel, je m’autorise un chemin beaucoup plus long. Je continue de réfléchir, mais je vais au « moins pire », tout en sachant que pourtant la solution la plus éthique et écologique serait de ne pas consommer du tout. Parfois j’arrive à suspendre mon rythme d’acquisition qui était déjà énorme pour beaucoup (1 jeu par mois). Et j’ajuste.

Pour poursuivre les réflexions sur la consommation, il y a aussi tout l’aspect beaucoup plus terre à terre du « gâchis », des objets vraiment pensés, vraiment utiles. Les bilans qui existent dans le minimalisme depuis des lustres, mais remis à la mode par Marie Kondo. Et ça, ça c’est un terrain où je peux beaucoup plus facilement progresser que l’écologie (qui, pour être « idéale » doit tendre vers la décroissance et le non-achat au final). Pour acheter moins, chasser le superflu. Et mon superflu à moi n’est pas le même qu’un autre, et il va même évoluer dans le temps. D’un côté, il y a aussi le fait de trier sa bibliothèque déjà acquise. J’ai toute une partie de mes études qui se passe en sous-marin depuis 1 an environ, où je passe en revue ma collection, je fais des tests, j’ai dressé des catégories de jeux « insatisfaisants » etc pour m’en séparer éventuellement dans l’avenir. Histoire de ne pas accumuler du vide. Histoire que cela reste un tout cohérent.

D’un autre côté, je fais mon chemin pour gérer de façon consciente les nouvelles entrées dans ma collection. Plus le temps avance et plus il y a de sorties, de kickstarters, vraiment j’ai l’impression d’en découvrir encore plus qu’avant, et pourtant je vois bien aussi que toute une partie me plane au-dessus car elle concerne des artistes soit qui ne m’intéressent pas, soit qui me sont carrément inconnus. C’est dingue cette vitesse et cette profusion. En tout cas, j’ai travaillé sur moi pour mon réagir, pour moins m’enthousiasmer à la sortie d’une campagne, puis que si c’était extraordinaire il y a 6 ans à 8 ans (sortie du Wooden Tarot 1st ed, ou du Wild Unknown par exemple), aujourd’hui c’est devenu monnaie courante. C’est entré dans le système. Les artistes se financent ainsi, de plus en plus. Du coup on a moins l’effet « c’est Noël » (image hautement capitaliste, j’en ai bien conscience, c’est révélateur que ça soit passé dans le langage courant).

Là où le bas blessait pour moi c’est mon amour profond de l’Art en tout genre, et le fait de me réjouir d’avoir 78 exemplaires de tableau d’un artiste que j’adore, même si cela reste pour le plaisir des yeux et pas pour la pratique du tarot. Je voyais ça comme acheter un set de 78 cartes postales en quelque sorte, il y a des années. Or quand j’étais plus jeune, je collectionnais effectivement les cartes postales d’artistes fantasy. Mais le temps avançant, et en prenant le temps de faire un pas de recul sur ma collection, certains jeux très beaux me sont totalement inutiles. Je n’arrive pas à pratiquer avec. Est-ce que je le garde quand même, parce qu’il a une valeur esthétique très haute, mais ne sera jamais un outil de pratique ? [Insérer ici toute une série de questions typiques de journal introspectif – On n’a pas le temps aujourd’hui] En tout cas, j’essaie de trouver un équilibre, et de ne plus avoir quelque chose juste parce qu’il est beau. Ce qui est délicat dans le cas d’un jeu, c’est que quand on ne l’a pas encore eu entre les mains, comment savoir si on va l’utiliser ou pas et si ça va matcher ? C’est toute la difficulté d’acheter un jeu en ligne, et encore pire, quand le jeu est kickstarté et pas terminé au moment de l’achat. Pourtant, avec le temps, j’ai développé une façon de faire. A priori, j’ai de moins en moins de mal à évaluer des tarots qui sont « jolis » esthétiquement, mais que soit je les trouve creux, soit j’arrive à voir que j’ai déjà un jeu à la maison qui peut répondre à cette fréquence énergétique, soit j’arrive à identifier que cela ne correspond pas à mon univers.

Je suis heureuse que ma wishlist soit en ce moment en suspens. Je procède à un véritable rééquilibrage énergétique, pour savoir ce qui me correspond exactement. J’ai mis les achats en pause. J’essaie de prendre beaucoup plus de temps pour déterminer mes priorités, mes goûts, et mes besoins. Là il y a quelque jour donc, je suis tombée sur un jeu « piège ». Il s’agit d’une artiste que j’apprécie, qui va autopublier son jeu. Donc c’est du soutien direct pour permettre à son projet d’exister, hors des circuits capitalistes. Elle a publié de nombreux jeux ces dernières années en peu de temps (c’est devenu son métier à plein temps), et j’avais réussi à ne pas en acheter juste pour la curiosité, parce que ces jeux ne résonnaient pas avec moi si je prenais le temps d’écouter. Sous mes yeux soudainement, je découvrais pourtant qu’après de multiples illustrations qui ne m’accrochaient pas et que je trouvais répétitives, elle avait commencé à réaliser quelque chose qui vibrait pour moi. L’univers qu’elle propose me plaît beaucoup, un mélange de nature et de moderne, une ambiance nocturne très particulière qui correspond bien à certains types de travaux spirituels que je fais. J’ai vraiment eu l’envie de suivre cette impression, de foncer. Petite clochette qui tinte à mon oreille, j’ai été pressurisée par l’appel marketing de la réduction « early bird » parce que les moyens sont difficiles ces derniers temps. J’ai d’abord cliqué pour le mettre dans mon panier. Et puis… Il a suffi de quelques minutes. « Est-ce que tu es sûre ? Est-ce que c’est une intuition ou une pression ? Est-ce que tu as quelque chose de l’Autre Côté qui t’indique qu’il y a un sens à cet objet ? » Un pas de recul en amenant un autre, j’ai réussi à récupérer mon protocole : pour éviter les achats impulsifs, laisse toujours l’objet au moins 24h dans ton panier. J’ai eu beau me dire « oui mais l’early bird c’est aujourd’hui, c’est pas demain », la seule façon de ne pas regretter, ne pas agir aveuglément, c’était de m’imposer ce délai minimal. C’est une solution pour passer le premier rush émotionnel. Quand on veut aller jusqu’au bout, il est conseillé d’attendre beaucoup plus longtemps (1 semaine au moins, dans les tendances minimalistes, je crois qu’on dit 1 mois).* Quand j’ai le temps et l’énergie, il m’arrive de tirer les cartes pour savoir s’il y a un alignement particulier avec le jeu en question au niveau spirituel. Ici j’ai donc laissé le temps faire son œuvre plutôt. J’ai réussi à sortir du piège marketing et de l’impression de manque, la peur de passer à côté de quelque chose, qui se dédouble chez les gens qui ont peu de moyens, et qui doivent acheter au prix le plus bas pour se le permettre (et donc c’était seulement possible très peu de temps). Je me suis dit tant pis. Ça n’est qu’un objet, respire. Laisse-toi le temps de savoir s’il t’anime vraiment, et seulement alors tu seras capable d’en profiter.

En observant un peu, même quelques heures après j’ai réussi à me dire non. Ce jeu me plaît énormément il faut bien l’avouer. Il a beaucoup de charme, et il pourrait donner un travail intéressant. Mais c’est plutôt ma curiosité professionnelle et artistique qui se sont exprimées. En m’écoutant honnêtement j’ai fini par me sentir que je n’en avais pas besoin. Pas d’appel du cœur, pas d’appel de l’Autre Côté non plus.

*Si je le retrouve, je vous publierai ici le lien vers un article qui réfléchissait sur des garde-fous à se mettre pour constituer une collection. EDIT : Les seuls dont je me rappelle à l’heure actuelle qui abordent ces questions sont deux anciens articles d’Arcanae Mirror : ici et ici.

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La notion d’appel dans le paganisme

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Pistes de réflexions posées en 2013, sur le blog originel “La Voie des Dieux”. Je commence à trier et importer les archives.

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Je remercie Péma pour avoir jeté un pavé dans la mare, et contre toute attente, je me suis sentie « piquée » pour écrire un petit morceau ici. Je vous conseille de lire d’abord son article, surtout que je vais en dériver pour exprimer d’autres idées qui me sont venues en lisant le sien.

En fait la question d’un appel spirituel est particulièrement dense. Il y a plein de petites idées ici et là qu’il faudrait défricher, et je vais balancer ici des pistes, quitte à ce que ça soit très schématique. Mais en gros, c’est un mythe : le terme est inadéquat, et les conceptions qu’on s’en fait aussi.

Il y a de nombreux types d’Appel, et pas qu’un seul :

  • Si vous êtes une personne spirituelle, que vous cherchez à développer une relation à une transcendance, à la nature, au sacré…. Vous pouvez considérer que c’est déjà un appel. Vous êtes déjà « éveillés ». Pas au sens « vous êtes la frange supérieure de l’humanité qui va nous guider vers la prochaine ère » (connerie New Age en vue), mais tout simplement au sens plein et matériel : vous vous êtes réveillés à votre propre sensibilité. Vous sentez des choses immatérielles, ou vous sentez une attirance pour d’autres questions, d’autres paradigmes.
  • Il y a bien des gens qui sont choisis par des entités (dieux, esprits), qui ont une marque particulière sur leur chemin et leur vie. Oui, ça fait d’eux des êtres « à part », mais ça n’est qu’une catégorie de plus, de la même façon qu’ils seront blancs, noirs, grands, petits… Et ça n’est pas soudain comme un éclair, un matin on passe d’un athéisme pur à une croyance en Dieu, ou devenir en une seconde un dévot de la Déesse alors qu’on était chrétien…
  • Il n’y a pas que des gens élus. Nous sommes tous là, et nous pouvons tous faire nos choix. Sari soulèvent un point très important : l’action. Il faut travailler, et de la même façon que les élus ne se sont pas révélés en un jour, ils étaient probablement déjà engagé sur une voie, les autres aussi, tout le monde cherche. Cherchez ce qui vous fait vibrer, et suivez le. J’aime sa notion « d’appel du coeur ». Comme une passion profonde.
  • D’ailleurs il y en a forcément d’autres, des catégories, des définitions.

Personne n’a donc besoin d’être Appelé d’une façon spéciale pour être et vivre. Nous le sommes tous en fait, chacun à notre façon. On peut penser que certains auront une foi et des alliés plus « puissants » (je dirais plutôt plus efficaces) parce qu’ils ont été appelés au sens le plus commun (celui du centre, l’élection). Mais ça n’empêchera personne d’autre de marcher dans une voie si elle lui plaît et si les divinités répondent.

Il est important de noter aussi que tout le monde ne sait pas lire les signes, tout le monde n’entend pas les dieux… Comment faire alors ? Et bien on revient au problème de la définition : vous saisissez un appel plutôt que de le recevoir. Vous pouvez choisir, et avancer de façon volontaire. Le problème vient pour moi de confusions et de préjugés sur la tension réceptivité, passivité / action.

  • D’une part, tout le monde doit faire son boulot, la spiritualité n’est pas être assis sur un rocher et attendre. Même dans les formes les plus épurées de spiritualité qui n’impliquent pas de divinités etc… il y a une recherche. Intellectuelle, émotionnelle, etc. Il s’agit de se connaître (« connais-toi toi-même », et oui!), de trouver ce qui résonne en nous, ce qui nous correspond, et donc de chercher des voies. Ce qui ne correspond pas on le retire, ce qui nous correspond on le garde.
  • D’autre part, dans le paganisme, il y a un culte de la réceptivité et des facultés extra-sensorielles… mais ça veut dire quoi, ceux qui n’en ont pas sont condamnés à ne jamais pouvoir rien faire ? Ben non, ils font ce que bon leur chante ! ^^ Si on ne ressent pas les Dieux, ça ne pose pas de souci. Aux dernières nouvelles, à moins d’être amputé ça n’empêche personne de rendre un culte, de dresser un autel, de faire des offrandes, si c’est ce qu’il souhaite et ce qui lui parle. Ni à quelqu’un de se dire que si le chamanisme résonne avec lui, il va aller fouiller dans cette direction. Et s’il n’a pas entendu l’esprit du loup lui dire… Ben, on s’en fiche !

J’aime la conclusion de Péma aussi, qui rejoint quelques idées soulevées sur un autre blog, et un gros débat actuel sur la sphère anglophone : tout ça manque franchement de liberté et d’assurance. Chercher à faire comme autrui, pourquoi faire ? Chercher à être légitime… pourquoi faire, pour qui ? Soyez vous, et seulement pour vous.

EDIT : pour les courageux qui veulent explorer la question encore un peu plus avant, un autre point de vue sur la question qui me rejoint totalement.

 

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