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Journal de prêtrise par temps troublé

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Catégories: Voie des Dieux

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Qu’est-ce qu’être une prêtresse polythéiste en cette période ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que cela implique ? Qui est-ce que je sers ? Comment être au service ?

Cela fait au moins une semaine que je suis déchirée entre ce qui se passe ici, et ce que j’entends gueuler de l‘Autre Côté. J’essaie de trouver de quoi il s’agit sans en rajouter, sans y mélanger de la peur irrationnelle, de démêler les émotions des vrais messages intuitifs. La pratique du discernement est déjà difficile en temps normal, mais encore plus critique dans une période comme celle-ci. Il me paraît si loin le temps où j’avais un réseau de spirit-workers et de prêtres à portée de main où nous nous soutenions dans ce genre de moment. Les liens aujourd’hui sont distendus, non systématiques. Quelqu’un d’autre se pose-t-il/elle les mêmes questions en ce moment ? Comment fait-il/elle ? Où obtenir du soutien, des échanges ? En attendant je me console en quelque sorte avec le livre de Lora O’Brien qui est vraiment excellent sur le sujet, et je ressors mes propres journaux d’écriture de prière ou de dévotion (les deux petits cahiers au centre de la photo).

Une chose très délicate dans ce genre de moment c’est une sorte d’immense pression à gérer qui pèse sur tout mon corps et mon esprit. Mais elle n’est pas d’ici, et donc pas toujours évidente à percevoir et à reconnaître, car on la prend pour du stress ou de la peur irrationnelle liés au monde commun. En réalité ça fait un mois je pense que ça dure, que les Murmures sont revenus, mais j’avais du mal à décrypter de quoi il s’agissait. Or comme je suis, dans plusieurs domaines de ma vie, confrontée à des peurs et à des angoisses (hors situation du virus) ces derniers temps, j’ai eu tendance à mettre entre parenthèse tout faux semblant intuitif, sous prétexte que j’étais probablement incapable de toute façon de recevoir des messages « sérieux » en ce moment, et que je mélangeais avec des choses plus banales. Sauf que du coup, quand je regarde la chaîne que cela représente, précisément, les pressions ont commencé avant que la situation ne s’emballe dans l’actualité. En dehors de toute situation de panique, je ressentais déjà le phénomène, qui n’avait donc pas de cause extérieure pour être dénigré. Les personnes aux perceptions extra-sensorielles développées sont souvent assaillies de tas de flux énergétiques dans les périodes troublées, bien en amont. Et il faut démêler ce qui n’est pas visible de ce qui est visible, et cela prend souvent beaucoup de temps et d’efforts.

De mon côté il a donc fallu que je m’arrête. Que je mette « pause » sur tout ça, que je fasse de l’introspection, que j’observe. Et très vite, j’ai vu que mon corps disait « stop ». Quand je suis allée trouver Morrigan pour lui demander des explications, elle m’a rappelée à l’ordre également. Alors j’ai suivi ce que lui me disait : repose-toi. D’un coup je suis tombée comme une masse, je me suis rendue compte que j’étais vaseuse depuis plusieurs jours, que les lever étaient à nouveau difficile, le sommeil lourd et pourtant agité. Et malgré la culpabilité, il a fallu que je le dédouble encore, que j’accepte de faire aussi des siestes car mon corps ne suivait pas. « Repos. Repos. Repos. » Dès que ça vient, écouter. Morrigan a toujours été là pour me rappeler à l’essentiel : sans ton corps tu ne fais rien. Sois en forme. Pour cette raison (entre autre), il y a plusieurs années j’ai commencé à lui  dédier une pratique des arts martiaux chinois et d’une de leurs formes de médecine énergétique. Hier Elle m’a pointé du doigt mes livres, le besoin de pratiquer plus souvent, à la maison aussi. Dors bien, bois-bien, et surtout travaille sur ton corps. Cela me permet non seulement d’être en santé physique, mais aussi en santé émotionnelle (travail du corps = travail des émotions) et énergétique (circulation des flux). Cela m’aide à m’ancrer, car les pratiques corporelles sont pour moi ce qu’il y a de plus efficace. Or la tradition chinoise que je suis nous apprend clairement aussi que nous réalisons en réalité également un centrage très fort dans toute pratique, alors même que nous sommes en mouvement. Être en mouvement mais s’ancrer et se centrer en même temps. It’s never enough. Alors je prends cette piste-là et je la tiens. J’ai ressorti mes livres (les deux du bas sur la photo) et aussi mon carnet d’étude (oui, y a énormément de choses à retenir et à méditer). Et je réfléchis à mettre en place une routine dans mon quotidien, on sait tous à quel point c’est difficile. Toujours accompagnée de ces vieilles perles de prière que vous voyez sur toutes mes photos (je me doute que ça n’est pas très original, mais elles me suivent partout), ainsi que de l’excellent oracle de Morpheus Ravenna.

Parallèlement, je continue de réfléchir à mes activités d’écriture, en ligne et personnelles. Depuis cet été et le lancement du Patreon pour obtenir votre soutien, beaucoup de choses décantent, mutent, se créent. C’est un processus sur le long terme assez perturbant, mais plutôt extraordinaire. C’est comme une forme de croissance accélérée, tout en étant, comme toute phase de transformation, floue. Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas très bien, toutes mes activités d’écriture en ligne sont des « dons », des offrandes à mes Alliés. C’est une de mes activités de service. Donc quand je m’interroge sur ce que je dois faire, ce que je peux faire dans une période comme celle-ci, forcément l’écriture pointe son nez. Continuer à faire ce que je fais déjà, ou faire quelque chose de différent de d’habitude ? La liste de mes projets est très très longue, il me semble que vous le savez, donc je pourrais juste reprendre n’importe quel projet en cours. Mais est-ce une chose juste à faire ? Y a-t-il plus pressant ? Dans tous les cas, je poursuis mes réflexions de fond, et notamment la création dans mon coin pour un futur recueil, tout en poursuivant l’assemblage de mon recueil de poésie en cours (dont j’ai parlé sur Patreon). Cela explique dans cette pile de lecture et d’inspiration le livre de Drury « Creating Poetry », qui est un thème de méditation et d’étude pour moi ces derniers temps. Cela a d’ailleurs engagé de belles discussions avec certain.e.s d’entre vous.

Je rassemble mes idées pour vous proposer un autre article avec des suggestions et des questions directement pour vous demain.

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Banque d’articles web païens

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Catégories: Banques de ressources thématiques

Pour voir l’ensemble des ressources par types et par thèmes, je vous renvoie à l’index du site. En bas de la page, vous y trouverez précisément la liste des « banques » païennes publiées.

Préambule

Je poursuis l’établissement de la « Banque de ressources » tous thèmes confondus sur le site. Cela demande pas mal de temps à mettre en place, et au fur et à mesure que je rassemble les éléments, je comprends mieux la forme qu’elle peut prendre. Ici je ne fais que poser les premières pierres ; ça sera un travail de longue haleine.

Quel est le but de cet article ? Rassembler tous les articles « majeurs » que je trouve au sujet du polythéisme, sur les questions soit de base, soit d’approfondissement, d’éthique, et autres. Mais qu’est-ce qu’un article « majeur » pour moi ? C’est un article qui traite des questions essentielles à tout païen ou polythéiste, débutant ou expérimenté. Revenir sur les définitions et les théories fondamentales. Il a pour but de combler un manque de « survivance » des ressources en ligne à l’ère des réseaux sociaux, ou après la fermeture de certains blogs, et aussi de faire la passerelle entre les anglophones ou les francophones. Je ne vais pas TOUT citer, je vais citer ce que je reconnais comme sérieux. Et l’idée est non seulement de juste glisser une liste de liens, mais bien de catégoriser pour qu’on s’y retrouve, pour que selon vos questions vous sachiez ou aller. Le mieux, à terme…. serait de parfois résumer et commenter les articles. Cependant, cela la demande déjà un temps incroyable de trier mes archives d’articles anglophones, rien que pour en extraire ce qui est vraiment utile… Et ensuite il faut classer par thème, alors écrire des résumés… C’est vraiment l’objectif final. Merci de votre compréhension vis à vis du caractère brouillon de cet article. Il va grandir avec le temps, mais il faut bien commencer quelque part.

Nota : n’hésitez pas à m’écrire si vous trouvez un article qui vous semble entrer dans une des catégories traitées, ou si vous vous demandez si vous n’êtes pas tombés sur un article de référence ! Plus on est de fou, plus on rit pour construire une ressource.

Bases pratiques

Conseils généraux

- « 9 façons de faire du paganisme n’importe comment« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : En réponse à une controverse du milieu anglophone (un article paru sur « j’ai essayé de devenir une sorcière en 1 semaine et les résultats sont inquiétants »), John Beckett nous en tire un post à la fois hilarant à cause du contexte, et extrêmement juste et utile sur le fond. Essayez de ne traduire que les titres déjà pour commencer si vous avez du mal.

- « 9 façons d’améliorer notre paganisme en 2020« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : Essayez de ne traduire que les titres déjà pour commencer si vous avez du mal. Beckett précise que cela peut s’appliquer à n’importe quelle spiritualité ou pratique magique.

- « Extraire la vérité de nos expériences païennes« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : un des nombreux articles de Beckett sur la définition, la porté, la pratique du discernement païen.

 Exercices, rituels, etc.

- « Un rituel pour purifier sa maison« , J. Beckett. (ENG)

Bases théoriques

Visions théologiques

- « Les Dieux ne sont pas jaloux/exclusifs, de l’importance de construire une vision du monde païenne« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : l’auteur explore d’où vient cette mentalité, dont une des causes pour lui viendrait d’un héritage chrétien où Dieu est perçu comme jaloux. (Ce serait vraiment important de traduire entièrement l’article, ou au moins de le résumer, mais pour l’instant je manque de temps).

- « Les Dieux appellent qui ils veulent« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : a) Les Dieux ne sont pas limités à un seul endroit, certains peuvent bouger. On possède des récits de leurs migrations et invasions même parfois. b) La relation à un Dieu se fait parfois à partir d’une expérience unique, puis on décide de l’honorer sur le long terme, y compris lorsque l’on déménage ou émigre. c) On peut penser aussi aux traces de circulation de la culture avec des temples romains en Angleterre, des temples égyptiens en Italie, etc. d) Les Dieux n’ont pas besoin de nous pour savoir qui est la « bonne » (right) personne pour les honorer. C’est de l’hubris de dire à quelqu’un « X Dieu ne peut pas t’avoir appelé ». c) Suivre une divinité ce n’est pas la même chose que suivre une tradition ou d’appartenir à une culture. Personne ne « possède » les Dieux. Et suivre une divinité ne fait pas de tout un membre de sa culture d’origine. Ses représentants n’ont aucune obligation de nous accueillir.

Définir les concepts de base

- « Pourquoi l’UPG est une chose bonne et nécessaire« , J. Beckett. (ENG)

- « La dévotion (is always a matter of love)« , le Cairn. (FR)
- « Qu’est-ce que la dévotion ? (1)« , Valiel. (FR)
- « Dévotions quotidiennes« , Nimue Brown, 2011 (ENG).

- « Les Déités Patronnes« , Le Cairn. (FR)
- « Personal Patronage in Hellenism« , Baring the Aegis. (ENG)
- « Professional Patronage in Hellenism« , Baring the Aegis. (ENG)
- « Trouver sa divinité patronne« , Morgan Daimler, 2018. (ENG)

De l’impureté spirituelle, thème extrêmement débattu dans la communauté anglophone entre 2010-2013.
- »Miasma, katharmos, se préparer pour les Dieux« , Baring the Aegis (ENG)
- « Revister miasme & katharmos« , Baring the Aegis. (ENG)

Prêtre/prêtresse, clergé, mystique, experts/spécialistes spirituels, etc. (A venir)
- « C pour Clergé« , Baring the Aegis, 2012. (ENG)
- « Le Mysticisme comme vocation« , Dver, 2011. (ENG)
- « Les spécialistes spirituels« , Dver, 2009. (ENG)
- Table Ronde Khémite sur la prêtrise (ENG)

Sacrifices & offrandes (A venir).
- « Un essai sur le sacrifice« , Eryn Rowan Laurie, 1990s. (ENG)
Contexte : Grande reconstructionniste américaine des religions celtiques et irlandaises. Article sérieux de type académique. Ici il s’agit d’un article théorique général sur la fonction du sacrifice rituel.
- « Sponde et khoe, les offrandes liquides« , Baring the Aegis. (ENG)
- « Votives, offrandes de remerciements et pinakes : dédicaces dans la Grèce ancienne« , Baring the Aegis. (ENG)
- « Pratiques dévotionnelles« , quelques exemples, Dver, 2013. (ENG)
- « Types d’offrandes« , Dver, 2016. (ENG)
- Table Ronde Khémite sur les offrandes. (ENG)
- « Offrandes acceptables pour les personnes fauchées« , Columbine, 2013. (ENG)
- « Parlons de sacrifice« , Columbine, 2013. (ENG)
- « Aperçu des types d’offrandes » dans le polythéisme gaëlique par Seren de Tairis.co.uk (ENG)
- « Les offrandes » dans le polythéisme gaëlique par Seren de Tairis.co.uk (ENG)
- « Faire une offrande » dans le polythéisme gaëlique par Seren de Tairis.co.uk (ENG)

Relations aux divinités

- « Les Déités Patronnes« , Le Cairn. (FR)
- « Personal Patronage in Hellenism« , Baring the Aegis. (ENG)
- « Professional Patronage in Hellenism« , Baring the Aegis. (ENG)
- « Trouver sa divinité patronne« , Morgan Daimler, 2018. (ENG)

- « Cheminer aux côtés des Déités« , Le Cairn. (FR)
- « S’investir dans une relation avec une divinité« , Baring the Aegis. (ENG)

- « La Peur de certaines déités« , Le Cairn. (FR)

- « Se faire jeter par une déité« , Le Cairn. (FR)

- « Les relations bilatérales« , Le Cairn. (FR)

- Être en relation juste avec les Dieux, concept de « Kharis » dans la religion grecque, Baring the Aegis. (ENG)

- Table Ronde Khémite sur la communication avec les Dieux (ENG)

 

Quand une divinité vous contacte

- Court article de Sarenth pour savoir comment gérer quand une divinité vient vers vous (ENG)

- Vidéo de Phro Nesis (12 min) sur un tirage d’identification d’une divinité (FR)
- « Est-ce que c’est un Dieu ou pas ? Identifier à qui l’on parle« , J. Beckett. (ENG)

 

La question de notre libre arbitre dans le rapport aux Dieux

- « Parfois les Dieux prennent ce qu’ils veulent, parfois ce qu’ils veulent c’est vous« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : la plupart du temps, on a le choix de travailler avec les Dieux ou non, mais parfois pas. Le fait de penser que l’on fait ce que l’on veut, qu’on est un agent totalement libre, est présenté ici comme un privilège. Ceux qui expérimentent du familier, de la sécurité, du libre arbitre total dans le paganisme le font depuis leur expérience : ce n’est pas parce que c’est la vôtre qu’une autre expérience (moins libre) n’existe pas. La réalité d’autrui peut être différente. Par la suite, l’auteur donne des pistes sur le « comment » gérer une telle situation plutôt que son « pourquoi ». C’est un thème qui a déjà été pas mal traité par Beckett, et il renvoie dans l’article à plusieurs autres essais en ligne.

- « 6 points sur le fait que les Dieux choisissent des dévots« , J. Beckett. (ENG)
Résumé : A venir. C’est déjà intéressant de vous les 6 sous-titres, qui illustrent des idées répandues que l’auteur va déconstruire : 1) Les Dieux ne sont pas toujours vertueux. 2) La vertu divine n’est pas la vertu humaine. 3) Les divinités qui emploient la force ne valent pas qu’on travaille avec Elles. 4) Peut-être que la divinité n’était pas en train d’exprimer qu’elle te choisit. 5) Les Dieux t’obligent à évoluer malgré ta résistance. 6) L’expérience que tu fais est psychologique.

Culte des Ancêtres

- « Les problématiques dans le culte des Ancêtres« , Le Cairn. (FR)

- « 10 questions les plus fréquentes sur le culte des Ancêtres« , Galina Krasskova, 2011. (ENG)
Contexte : autrice controversée, c’est un cas difficile et long à expliquer. Pas mal de ses travaux avant 2015 sont corrects voire bons, mais elle a été rejetée par ses théories sur le libre-arbitre et ses pratiques BDSM dans le paganisme. Par la suite, j’ai découvert qu’elle avait été décriée en raison d’une radicalisation violente (racisme, fasciste, anti-islam, anti-pauvres, …). Ça demande des recherches extrêmement longues et fastidieuses, et de tout soupeser.

- « La société des poètes disparus, ressusciter le culte des poètes des anciens grecs« , Ryan sur Paganreverie, 2012. (ENG)

- « Ancêtre et héritage dans la tradition germanique« , Kveldulf Gundarsson. (ENG)
Contexte : un des meilleurs auteurs américains contemporains que l’on peut lire sur les traditions nordique/germanique. Rédaction de rigueur universitaire.

 

 

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Ressources fiables sur les Oghams

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Catégories: Banques de ressources thématiques

Un premier mot un peu sombre : je suis navrée mais je ne connais à l’heure actuelle aucune ressource sérieuse en langue française. Beaucoup trop de livres traduits sont des livres pseudo-païens, à tendance New Age, remplis de fausses idées (ex: les ogams correspondent uniquement à des arbres) et d’aberrances (ex: le « calendrier celtique des arbres » qui n’existent pas, au sens où il n’a aucun fondement historique, c’est une invention du 20e siècle ; un article de Peter B. Ellis à ce sujet). Les articles et livres que je suis allée chercher qui partent vraiment de la matière historique et culturelle, qu’ils soient contemporains (païens) ou universitaires, sont tous en langue anglaise.

1°) Source numéro 1 : Erynn Rowan Laurie.

Erynn est une américaine de la côte ouest des USA, qui est à la fois une polythéiste majeure de notre époque, et une chercheuse indépendante. Elle est à l’origine du mouvement reconstructionniste celte. Elle écrit depuis de nombreuses années autant sur la phisophie, la théologie, les pratiques religieuses Celtes, ainsi que certaines divinités (Brigid), la poésie celte, et autres thèmes spécialisés. Elle a énormément d’expériences et de corde à son arc, mais je me suis arrêtée à ce qui concerne directement les ogams. Pour en savoir plus sur Erynn, je vous renvoie à sa biographie. (Vous trouverez notamment plusieurs articles majeurs sur son site)

Erynn a donc écrit LE livre à mettre en toutes les mains, moderne et païen. Il est recommandé par les polythéistes irlandais y compris reconstructionnistes : « Ogam: Weaving Word Wisdom« . Ce qui est doublement important, c’est qu’une personne de cette rigueur cite ses sources, donc on a bien entendu à la fin du livre une bibliographie sérieuse et complémentaire. Notez que l’autrice vous encourage vivement à boycotter Amazon pour soutenir les petites libraires indépendantes ; en ligne, orientez-vous directement vers le site de sa maison d’édition « Immanion Press« .

Notez qu’elle a également publié un « petit » pdf de 42 pages sur son site : « Not Your Mama’s Tree Ogam« . C’est le prélude au livre qui précède, qui se concentre sur la divination avec les Ogams. Il est disponible tout en bas de cette page (cliquez sur l’image pour aller vers un lien paypal).

2°)  Autre source contemporaine majeure : Lora O’Brien.

Prêtresse de Morrigan et « draoi » irlandaise, c’est une autre des personnes à l’approche réellement historique et rigoureuse. Elle s’est mise à rassembler ses recherches et à les proposer sous forme de formations en ligne, avec à la fois supports écrits et vidéos (Irish Pagan School). De fait, ses meilleures ressources (les plus approfondies) payantes, mais elle passe également une grande partie de son temps à donner des ressources gratuites en ligne, dont voici quelques exemples qui nous intéressent :

Je sais que ses ressources vidéos ne seront pas accessibles à tout le monde car elles demandent d’avoir un bon anglais oral, pour comprendre son accent et ce qu’elle dit. C’est pour cela que j’ai placé le livre d’Erynn en premier, support qui est généralement plus accessible.

[Dernière mise à jour : 19 février 2020]

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Qu’est-ce que la dévotion ?

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Catégories: Définir les concepts

J’inaugure avec cet article la difficile transition qui me mènera vers la réalisation d’un seul site central « Sur le Seuil », pour accueillir non seulement les activités tarot, mais aussi les dossiers païens, créatifs, et potentiellement anglophones. Je m’excuse d’avance de proposer un site non fini, mais la réalisation de la nouvelle architecture est très technique, et pas du tout terminée. En tout cas, voici le premier article païen sur ce site.

Ouverture

Avec ce post, j’effectue ici une transition entre la sphère Instagram, où pas mal de choses arrivent dans des stories éphémères ou épinglées, et une sphère plus durable, que je préfère situer sur les blogs. Ma consoeur Phro Nesis (NoxLux) a ouvert une série de question sur la dévotion, et pour moi cela méritait d’avoir plus d’espace pour y réfléchir. Voici en guide d’introduction ce qui lui a été demandé :

« Comment sait-on si on doit se dévouer à une divinité ? »

Extrait de la réponse de Nox : « tu peux tout à fait passer une vie heureuse de païenne sans jamais servir un dieu ou une déesse. La voie de la dévotion, c’est spécial et ça demande un engagement profond. »

A la lecture des échanges qui ont eu lieu, je me demande s’il n’y a pas une confusion parmi les nouveaux païens. Je crois qu’encore et toujours cela nous ramène vers les questions fondamentales que j’ai exposées dans l’article sur le travail sombre : avez-vous une spiritualité ou une religion ? quelle différence ? Comment les concevez-vous par rapport à ce que peut vous donner un dictionnaire et une encyclopédie ? Qu’est-ce que vous cherchez en étant païen, quel est votre but ?

Rappel de positionnement : comme je pars d’un prisme polythéiste strict (hard polytheist), forcément, pour moi la dévotion est fondamentale, et je ne vois pas comment le paganisme peut être autre chose que « dévotionnel », même si techniquement je peux imaginer qu’il existe cette option. Mais revenons-en à nos moutons.

Qu’est-ce que la dévotion ?

Si l’on reste très simpliste et terre à terre, la dévotion peut recouper deux choses : elle est à la fois une forme de ressenti intérieure (pieux / religieux) et une pratique. Dans le premier cas, il s’agit de la dévotion comme « attachement » (synonyme de piété). Nous ressentons un attachement et du respect envers des Entités (divinités). En français, on pense souvent à l’expression « piété filiale » pour illustrer ce point. Dans le second cas, au-delà du sentiment intérieur, il s’agit bien d’actions : la dévotion correspond le plus souvent à un acte de déploiement religieux. Dans le christianisme, on participe (par exemple) des messes et à divers rites religieux (culte public). Mais l’on peut aussi avoir un culte privé chez soi (un autel sur une table de nuit, des prières avant le repas, le coucher, etc). Les païens ont l’embarras du choix pour leur culte privé, sur la définition du terme « offrande », etc.

Pour moi, le paganisme est bien cela : la reconnaissance d’Entités extérieures à soi-même, envers lesquelles nous ressentons un attachement intérieur puissant, qui nous pousse à ne pas juste reconnaître leur existence mais à les honorer. Comme j’ai peur de n’être pas assez claire, je vais me répéter beaucoup : il s’agit bel et bien de mon prisme personnel polythéiste (donc une forme de biais), et pas d’une définition unique du paganisme. Je conçois le et mon paganisme comme fondamentalement religieux. Je reconnais et je vénère des Divinités.

[Note 1 : comme dictionnaires en ligne rigoureux (et gratuits), je vous recommande le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), et on trouve également le Littré en ligne.]

Se dévouer ou non ?

J’ai l’impression que la question posée par cet.te inconnu.e révèle un flou sur la définition de base, c’est pour cela que j’y reviens. Il ou elle n’est d’ailleurs par le/la seul.e puisqu’une autre personne a posé une question qui a les mêmes implicites : « Comment est-on choisi par un Dieu ?  Ou comment la dévotion se présente à nous ? »

Pour moi (selon mon prisme restreint), à cause de ce que je viens juste d’expliquer au-dessus, tout païen est forcément dévoué aux divinités, parce qu’il les reconnaît, et ressent ce sentiment interne. Je sais bien que al mise en pratique d’une routine de pratique dévotionnelle n’est pas évidente à mettre en place, certain.e.s n’y arrivent pas, mais c’est souvent le but. Il n’y a aucune nécessité d’en faire « plus », d’aller se « dédier » particulièrement à une divinité pour être païen. Dans cette question, je vois un mélange entre le terme dévotion, et l’expression « être à la dévotion de » ou « être dédié à ». C’est uniquement dans le second cas qu’émerge la notion de service. Êtes-vous là pour simplement développer votre vie en tant que païen dans le monde ? Ou êtes-vous là pour offrir des services aux divinités ?

Évidemment, ce sont des simplifications, car chaque mot possède différents degrés de signification. La piété peut contenir l’idée d’attachement aux pratiques religieuses, et cela peut ressembler donc à une « dévotion servile ». Je crois que c’est le placement d’intention qui fait la différence. On a le droit d’être un fervent dévot, d’être attaché aux pratiques religieuses, sans pour autant être au service. On le fait pour soi, parce que notre sentiment d’affection/respect déborde, mais on ne le fait pas forcément pour servir.

Personne ne « doit » rien à l’origine. Chacun fait son chemin, selon ses besoins et envies. Après, selon que vous êtes plus ou moins sensibles, plus ou moins polythéistes (les divinités sont « réelles », externes et avec une volonté), vous pouvez ressentir un besoin qui vient de l’extérieur de vous. Mais tout cela se nuance et s’étudie. C’est un autre tiroir que l’on pourrait ouvrir sur le sujet des perceptions extra-sensorielles dans le paganisme (qui a eu lieu à l’époque dans la sphère anglophone notamment avec les débats sur « lay pagan » ou « blind pagan« ). Tout le monde n’entend pas, ne voit pas, etc., les Dieux dans la vie courante. Est-ce nécessaire pour être païen ? Bien sûr que non.

Je pense qu’il est intéressant de rappeler ainsi qu’une divinité peut avoir un rôle particulier dans votre cheminement ou dans vos croyances, mais que ça n’est pas obligatoire. L’idée de se dévouer / dédier à une divinité est plutôt à rapprocher des concepts de « divinité patronne » (très à la mode en 2010) ou « tutélaire » (moins chargé). Cependant, ici on ouvre encore un très vaste débat, attenant à la dévotion, mais qui doit être tenu pour lui-même.

Aller chercher des ressources

En réfléchissant sur les stories de Nox, pas mal de souvenirs me sont remontés en tête. Je ressens une forme de perplexité face au gouffre qui sépare les païen.nes en ligne de 2010 et celles et ceux d’aujourd’hui. Ces questions avaient été largement explorées par la communauté sur les blogs, forums, listes de diffusion etc. Comment se fait-il que l’on redécouvre ces questions aujourd’hui comme si elles n’avaient jamais été posées ? Cela m’intrigue, me perplexifie même souvent, face à la pérennité des informations et des supports. On pouvait trouver plein de choses en ligne gratuitement, sans avoir à acheter des livres. On trouvait des témoignages variés, pour avoir différents prismes. J’ai l’impression qu’une partie des ressources sur la dévotion païenne s’est perdue avec les années, et que les personnes qui arrivent à la sorcellerie, la wicca, le paganisme aujourd’hui ne pensent plus à aller chercher sur les supports spécifiques employés pour débattre il y a 10 ans : les blogs. Ou alors elles sont introuvables ?

A titre d’exemple, autour de 2010 avait été lancé depuis la sphère anglophone le « Pagan Blog Project » : chaque semaine ou chaque mois une lettre, je ne sais plus. A chacun de choisir un terme qui lui plaisait. Et souvent, les gens se répondaient par blog interposé autour de la même lettre ou du même concept, c’était assez extra. Je pense qu’on a dû avoir moult « D is for Devotion » et définir chacun à sa façon la dévotion. Mais je ne crois pas avoir gardé les liens de tous les posts que j’ai lus. (Malheureusement, le site qui centralisait les thèmes, les années, les posts, a été supprimé depuis.) Chose importante, ce challenge avait été importé dans la pagano-sphère française, et je pense qu’il serait possible de réaliser une recherche pour déterrer tout ça. Le seul exemple dont je me rappelle est celui du Cairn : voyez ici l’article sur la dévotion. Voyez également son article sur les divinités patronnes ou non.

Je m’interroge sur la possibilité de retisser du lien entre deux mondes qui sont pourtant tous les deux virtuels, et qui devraient pouvoir se toucher. Notez également que cet article aura vocation à être complété avec le temps, c’est uniquement un premier pavé lancé dans la marre.

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Culte des Ancêtres (1) : impressions, bilan, deuil

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Catégories: Voie des Dieux, Voie des Esprits

(For a short English version, click here)

Sometimes all you got to do is cry.

Cela faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. D’avoir une phrase très précise qui me tourne dans la tête au sujet de quelque chose de spirituel. Est-ce que c’est un message ? Une coïncidence ? Mon autre Moi qui me parle ? Ma Brochette ? (Bien que je crois ne jamais avoir utilisé ce mot-là publiquement ici avant ; ceci vous donnera une idée) Je ne sais pas. Le temps me manque pour demander les 3 signes de confirmation requis. Pas le temps d’attendre un rêve, pas l’énergie de me faire un tirage, ni de demander à quelqu’un un tirage complémentaire… Je crois qu’en fait peu importe d’où ça vient. Je prends cette phrase et je la place sur mon cœur. Je la ressens, je la laisse se diffuser, pour saisir son message. Et je médite.

Parfois on n’est que l’ombre de soi-même. Avec les années qui passent, on évolue, on a de nouvelles priorités, on a moins d’énergie ou pas pour les mêmes choses… Si mes croyances n’ont pas changé, mes pratiques « religieuses », elles, sont très dématérialisées, voire « désintégrées » même. D’autres choses ont pris la place. J’ai dû freiner, économiser mes forces. La croyance, l’amour (pieux), restent dans mon coeur, dans cet espace intime. Mais en termes d’action, je suis limitée. En fait, avoir des pratiques mystiques ce n’est pas juste avoir des pratiques. C’est tout un mode de vie. J’avais clairement adapté ma vie pour y creuser une part non négligeable et dédiée. Mais si je n’ai pas plus ni cet espace, ni ce temps… Ça n’est pas tellement possible de maintenir ni un rythme, ni des pratiques de cette fréquence et de cette intensité. Le spirit-work c’est une forme de vocation (ou, comme dit, de style de vie).

Les temps changent. Je dois faire le deuil de cette vie-là. Le temps que je peux prendre pour moi, je le passe énormément à créer et à écrire, des choses qui sont en partie dédiées aux Esprits et aux Dieux de toute façon. Cela a toujours été une offrande pour Eux. Si je peux rouvrir la porte, leur accorder plus de temps, je le ferais… mais tout est une question de dosage. Ça serait peut-être plus sage de prioriser certaines questions de santé par exemple. Et ma vie professionnelle requiert toutes mes forces actuellement, et encore pour un temps. Alors les choses sont… réduites au minimum. Je dois gérer d’être en décalage avec cette autre image de moi, ce que j’ai pu être dans le passé. Ils sont loin les mois de Novembre où je faisais une cure de silence, des cycles quotidiens de prières, de pratiques d’écriture avec les Ancêtres, des fêtes des morts collectives et personnelles, des associations avec la lune… La transition octobre / novembre était souvent mon mois le plus chargé et le plus intense de l’année.

Sometimes all you got to do is cry.

Aujourd’hui, « je n’ai plus que mes yeux pour pleurer ». (Une phrase à prendre dans un sens métaphorique.) Aujourd’hui, meurtrie en différents endroits, il faut accepter une phase de vulnérabilité et de transition (ce qui n’est pas vraiment valorisé dans le milieu païen en ligne). Alors ce que je peux faire… est très peu. Soit. Mais je peux le faire, je peux prendre 10 minutes. M’assoir devant l’autel plein de poussière et m’y connecter. Être présente et m’ouvrir, le regarder vraiment. En jauger les équilibres et les déséquilibres, et modifier les placements. Faire circuler un peu d’énergie, et infuser chaque geste que je fais avec une intention marquée. Pour que chaque geste soit chargé, que chaque geste compte, puisque je dois les économiser. C’est être plantée là, et réfléchir à qui je souhaite appeler, honorer, et ce que je pourrais leur offrir. Alors, remplir quelques bols d’offrande, allumer deux bougies avec parcimonie (je vous renvoie ici à ce sujet), allumer un peu d’encens. Et regarder encore pleinement, sentir, voir briller.

Prendre ce temps et l’offrir, prendre notre énergie et la dédier à ce moment. Ça compte. Offrir sa concentration, et pratiquer sa présence dans l’instant. Être ouvert. Ca n’a l’air de rien, mais c’est un retour à la base. Aussi, il faut accepter que parfois rien de « constructif » n’en ressortira. Mais on a pris le temps, et on a fait. Il y a effectivement des choses qui se passent une fois rendue là. Mais… ce qui remonte est très flou. De la tristesse, de la peur, de la confusion ? Un maelström d’émotion qui vient des tripes, masse informe ou inconnue, dont je n’arrive pas à identifier la forme. Mais la première étape c’est déjà d’être justement, de prendre le temps de faire cette pause, et de ressentir ces choses. De les accueillir, même quand c’est flou, même quand c’est désagréable. Même si ça n’ira pas plus loin cette fois. Même si ça ressemble à une forme deuil de personnes disparues depuis plus de 15 ans et que c’est derrière nous. Même si c’est le deuil d’une forme de soi-même a l’air débile (au pire), ou immature (moins de jugement).

Après tout… j’en connais Une qui m’interpellerait à l’idée que les larmes ne sont pas des offrandes précieuses qui peuvent transmuter ou être transmutées.

 

[Jeu sur la photo : l’Oracle des Runes de Gulliver l’Aventière et Lyra Ceoltóir]