Archives de Catégorie : La Voie des Dieux

by

Ressources fiables sur les Oghams

No comments yet

Catégories: Ressources thématiques

Un premier mot un peu sombre : je suis navrée mais je ne connais à l’heure actuelle aucune ressource sérieuse en langue française. Beaucoup trop de livres traduits sont des livres pseudo-païens, à tendance New Age, remplis de fausses idées (ex: les ogams correspondent uniquement à des arbres) et d’aberrances (ex: le « calendrier celtique des arbres » qui n’existent pas, au sens où il n’a aucun fondement historique, c’est une invention du 20e siècle ; un article de Peter B. Ellis à ce sujet). Les articles et livres que je suis allée chercher qui partent vraiment de la matière historique et culturelle, qu’ils soient contemporains (païens) ou universitaires, sont tous en langue anglaise.

1°) Source numéro 1 : Erynn Rowan Laurie.

Erynn est une américaine de la côte ouest des USA, qui est à la fois une polythéiste majeure de notre époque, et une chercheuse indépendante. Elle est à l’origine du mouvement reconstructionniste celte. Elle écrit depuis de nombreuses années autant sur la phisophie, la théologie, les pratiques religieuses Celtes, ainsi que certaines divinités (Brigid), la poésie celte, et autres thèmes spécialisés. Elle a énormément d’expériences et de corde à son arc, mais je me suis arrêtée à ce qui concerne directement les ogams. Pour en savoir plus sur Erynn, je vous renvoie à sa biographie. (Vous trouverez notamment plusieurs articles majeurs sur son site)

Erynn a donc écrit LE livre à mettre en toutes les mains, moderne et païen. Il est recommandé par les polythéistes irlandais y compris reconstructionnistes : « Ogam: Weaving Word Wisdom« . Ce qui est doublement important, c’est qu’une personne de cette rigueur cite ses sources, donc on a bien entendu à la fin du livre une bibliographie sérieuse et complémentaire. Notez que l’autrice vous encourage vivement à boycotter Amazon pour soutenir les petites libraires indépendantes ; en ligne, orientez-vous directement vers le site de sa maison d’édition « Immanion Press« .

Notez qu’elle a également publié un « petit » pdf de 42 pages sur son site : « Not Your Mama’s Tree Ogam« . C’est le prélude au livre qui précède, qui se concentre sur la divination avec les Ogams. Il est disponible tout en bas de cette page (cliquez sur l’image pour aller vers un lien paypal).

2°)  Autre source contemporaine majeure : Lora O’Brien.

Prêtresse de Morrigan et « draoi » irlandaise, c’est une autre des personnes à l’approche réellement historique et rigoureuse. Elle s’est mise à rassembler ses recherches et à les proposer sous forme de formations en ligne, avec à la fois supports écrits et vidéos (Irish Pagan School). De fait, ses meilleures ressources (les plus approfondies) payantes, mais elle passe également une grande partie de son temps à donner des ressources gratuites en ligne, dont voici quelques exemples qui nous intéressent :

Je sais que ses ressources vidéos ne seront pas accessibles à tout le monde car elles demandent d’avoir un bon anglais oral, pour comprendre son accent et ce qu’elle dit. C’est pour cela que j’ai placé le livre d’Erynn en premier, support qui est généralement plus accessible.

[Dernière mise à jour : 19 février 2020]

by

Qu’est-ce que la dévotion ?

6 comments

Catégories: Réflexions et bases

J’inaugure avec cet article la difficile transition qui me mènera vers la réalisation d’un seul site central « Sur le Seuil », pour accueillir non seulement les activités tarot, mais aussi les dossiers païens, créatifs, et potentiellement anglophones. Je m’excuse d’avance de proposer un site non fini, mais la réalisation de la nouvelle architecture est très technique, et pas du tout terminée. En tout cas, voici le premier article païen sur ce site.

Ouverture

Avec ce post, j’effectue ici une transition entre la sphère Instagram, où pas mal de choses arrivent dans des stories éphémères ou épinglées, et une sphère plus durable, que je préfère situer sur les blogs. Ma consoeur Phro Nesis (NoxLux) a ouvert une série de question sur la dévotion, et pour moi cela méritait d’avoir plus d’espace pour y réfléchir. Voici en guide d’introduction ce qui lui a été demandé :

« Comment sait-on si on doit se dévouer à une divinité ? »

Extrait de la réponse de Nox : « tu peux tout à fait passer une vie heureuse de païenne sans jamais servir un dieu ou une déesse. La voie de la dévotion, c’est spécial et ça demande un engagement profond. »

A la lecture des échanges qui ont eu lieu, je me demande s’il n’y a pas une confusion parmi les nouveaux païens. Je crois qu’encore et toujours cela nous ramène vers les questions fondamentales que j’ai exposées dans l’article sur le travail sombre : avez-vous une spiritualité ou une religion ? quelle différence ? Comment les concevez-vous par rapport à ce que peut vous donner un dictionnaire et une encyclopédie ? Qu’est-ce que vous cherchez en étant païen, quel est votre but ?

Rappel de positionnement : comme je pars d’un prisme polythéiste strict (hard polytheist), forcément, pour moi la dévotion est fondamentale, et je ne vois pas comment le paganisme peut être autre chose que « dévotionnel », même si techniquement je peux imaginer qu’il existe cette option. Mais revenons-en à nos moutons.

Qu’est-ce que la dévotion ?

Si l’on reste très simpliste et terre à terre, la dévotion peut recouper deux choses : elle est à la fois une forme de ressenti intérieure (pieux / religieux) et une pratique. Dans le premier cas, il s’agit de la dévotion comme « attachement » (synonyme de piété). Nous ressentons un attachement et du respect envers des Entités (divinités). En français, on pense souvent à l’expression « piété filiale » pour illustrer ce point. Dans le second cas, au-delà du sentiment intérieur, il s’agit bien d’actions : la dévotion correspond le plus souvent à un acte de déploiement religieux. Dans le christianisme, on participe (par exemple) des messes et à divers rites religieux (culte public). Mais l’on peut aussi avoir un culte privé chez soi (un autel sur une table de nuit, des prières avant le repas, le coucher, etc). Les païens ont l’embarras du choix pour leur culte privé, sur la définition du terme « offrande », etc.

Pour moi, le paganisme est bien cela : la reconnaissance d’Entités extérieures à soi-même, envers lesquelles nous ressentons un attachement intérieur puissant, qui nous pousse à ne pas juste reconnaître leur existence mais à les honorer. Comme j’ai peur de n’être pas assez claire, je vais me répéter beaucoup : il s’agit bel et bien de mon prisme personnel polythéiste (donc une forme de biais), et pas d’une définition unique du paganisme. Je conçois le et mon paganisme comme fondamentalement religieux. Je reconnais et je vénère des Divinités.

[Note 1 : comme dictionnaires en ligne rigoureux (et gratuits), je vous recommande le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), et on trouve également le Littré en ligne.]

Se dévouer ou non ?

J’ai l’impression que la question posée par cet.te inconnu.e révèle un flou sur la définition de base, c’est pour cela que j’y reviens. Il ou elle n’est d’ailleurs par le/la seul.e puisqu’une autre personne a posé une question qui a les mêmes implicites : « Comment est-on choisi par un Dieu ?  Ou comment la dévotion se présente à nous ? »

Pour moi (selon mon prisme restreint), à cause de ce que je viens juste d’expliquer au-dessus, tout païen est forcément dévoué aux divinités, parce qu’il les reconnaît, et ressent ce sentiment interne. Je sais bien que al mise en pratique d’une routine de pratique dévotionnelle n’est pas évidente à mettre en place, certain.e.s n’y arrivent pas, mais c’est souvent le but. Il n’y a aucune nécessité d’en faire « plus », d’aller se « dédier » particulièrement à une divinité pour être païen. Dans cette question, je vois un mélange entre le terme dévotion, et l’expression « être à la dévotion de » ou « être dédié à ». C’est uniquement dans le second cas qu’émerge la notion de service. Êtes-vous là pour simplement développer votre vie en tant que païen dans le monde ? Ou êtes-vous là pour offrir des services aux divinités ?

Évidemment, ce sont des simplifications, car chaque mot possède différents degrés de signification. La piété peut contenir l’idée d’attachement aux pratiques religieuses, et cela peut ressembler donc à une « dévotion servile ». Je crois que c’est le placement d’intention qui fait la différence. On a le droit d’être un fervent dévot, d’être attaché aux pratiques religieuses, sans pour autant être au service. On le fait pour soi, parce que notre sentiment d’affection/respect déborde, mais on ne le fait pas forcément pour servir.

Personne ne « doit » rien à l’origine. Chacun fait son chemin, selon ses besoins et envies. Après, selon que vous êtes plus ou moins sensibles, plus ou moins polythéistes (les divinités sont « réelles », externes et avec une volonté), vous pouvez ressentir un besoin qui vient de l’extérieur de vous. Mais tout cela se nuance et s’étudie. C’est un autre tiroir que l’on pourrait ouvrir sur le sujet des perceptions extra-sensorielles dans le paganisme (qui a eu lieu à l’époque dans la sphère anglophone notamment avec les débats sur « lay pagan » ou « blind pagan« ). Tout le monde n’entend pas, ne voit pas, etc., les Dieux dans la vie courante. Est-ce nécessaire pour être païen ? Bien sûr que non.

Je pense qu’il est intéressant de rappeler ainsi qu’une divinité peut avoir un rôle particulier dans votre cheminement ou dans vos croyances, mais que ça n’est pas obligatoire. L’idée de se dévouer / dédier à une divinité est plutôt à rapprocher des concepts de « divinité patronne » (très à la mode en 2010) ou « tutélaire » (moins chargé). Cependant, ici on ouvre encore un très vaste débat, attenant à la dévotion, mais qui doit être tenu pour lui-même.

Aller chercher des ressources

En réfléchissant sur les stories de Nox, pas mal de souvenirs me sont remontés en tête. Je ressens une forme de perplexité face au gouffre qui sépare les païen.nes en ligne de 2010 et celles et ceux d’aujourd’hui. Ces questions avaient été largement explorées par la communauté sur les blogs, forums, listes de diffusion etc. Comment se fait-il que l’on redécouvre ces questions aujourd’hui comme si elles n’avaient jamais été posées ? Cela m’intrigue, me perplexifie même souvent, face à la pérennité des informations et des supports. On pouvait trouver plein de choses en ligne gratuitement, sans avoir à acheter des livres. On trouvait des témoignages variés, pour avoir différents prismes. J’ai l’impression qu’une partie des ressources sur la dévotion païenne s’est perdue avec les années, et que les personnes qui arrivent à la sorcellerie, la wicca, le paganisme aujourd’hui ne pensent plus à aller chercher sur les supports spécifiques employés pour débattre il y a 10 ans : les blogs. Ou alors elles sont introuvables ?

A titre d’exemple, autour de 2010 avait été lancé depuis la sphère anglophone le « Pagan Blog Project » : chaque semaine ou chaque mois une lettre, je ne sais plus. A chacun de choisir un terme qui lui plaisait. Et souvent, les gens se répondaient par blog interposé autour de la même lettre ou du même concept, c’était assez extra. Je pense qu’on a dû avoir moult « D is for Devotion » et définir chacun à sa façon la dévotion. Mais je ne crois pas avoir gardé les liens de tous les posts que j’ai lus. (Malheureusement, le site qui centralisait les thèmes, les années, les posts, a été supprimé depuis.) Chose importante, ce challenge avait été importé dans la pagano-sphère française, et je pense qu’il serait possible de réaliser une recherche pour déterrer tout ça. Le seul exemple dont je me rappelle est celui du Cairn : voyez ici l’article sur la dévotion. Voyez également son article sur les divinités patronnes ou non.

Je m’interroge sur la possibilité de retisser du lien entre deux mondes qui sont pourtant tous les deux virtuels, et qui devraient pouvoir se toucher. Notez également que cet article aura vocation à être complété avec le temps, c’est uniquement un premier pavé lancé dans la marre.