4 juin, 2020 by

Appropriation culturelle, un aperçu

1 Commentaire

Catégories: Appropriation culturelle

Si vous vous demandez pourquoi je parle de cela ici, l’embrasement des réseaux sociaux à cause des luttes antiracisme aux Etats-Unis et en France n’ont pas dû vous échapper ? Je vous recommande d’aller voir directement toutes les stories que j’ai postées sur Instagram (dossier “appropriation” sur mon profil). Mais je sais qu’il va falloir approfondir, il faut qu’on en parle. Alors voici une liste commencée y a quelques années (que je voulais commencer à mettre en forme en 2019) des thèmes que je voudrais aborder pour déconstruire morceau par morceau :

  • Cela avait commencé l’an Pratiquer avec les Esprits animaux, ne plus employer le mot totem, trouver une autre terminologie, etc
  • Chamanisme versus animisme
  • Le tambour, l’outil du chaman, pas l’outil animiste ; quelles zones géographiques ? pourquoi employer un outil pas natif de nos traditions ? etc
  • Lutter contre l’appropriation n’est pas une forme de “folkish”, d’extrémisme raciste où chacun se concentre sur ses ancêtres ;
  • “Voyage chamanique” : qu’est-ce que cela veut dire ? pourquoi en faire ? En a-t-on réellement besoin ? quels autres techniques de voyage existent dans d’autres traditions ? Quelle différence entre voyage et état de conscience modifié ? A-t-on besoin du voyage pour avoir un état de conscience modifié ? etc.
  • L’appropriation ne touche pas toutes les cultures et identités de la même façon. Souvent on pense les blancs versus les autres, puisent qu’on a été les grands colonisateurs. Mais le cas de l’appropriation de… disons, des éléments égyptiens, n’aura rien à voir avec les cas d’appropriation du “chamanisme”. Puisqu’on a une culture qui a été longue et entière sur un territoire, pas marginalisée du tout, versus de l’autre, une multitude de cultures (c’est pas “les amérindiens”, c’est les centaines des nations autochtones différentes) qui ont été brutalisées par une rassemblement sous un seul terme (chamanisme) qui ne vient pas d’elles, avec derrière un véritable processus de répression-destruction (faire migrer, parquer dans des cas, détruire le mode de vie nomade, interdire de parler la langue et donc la détruire, lois répressives sur les pratiques religieuses, etc). Il faut sortir de l’universalisme. On ne peut pas traiter les choses en blocs massifs.
  • Cette synthèse publiée en 2018 : “Comprendre la différence entre appréciation culturelle et appropriation culturelle“;
  • Souvent on revient aussi beaucoup à la définition dans les problèmes que cela pose aux gens, qui n’ont pas compris quelle était exactement la définition de l’appropriation culturelle ;

Il y a les choses que je voudrais analyser moi-même, notamment pour proposer des nouvelles terminologies, mais il y a aussi des choses qui sont des synthèses d’ouvrage, d’articles, beaucoup de ressources anglophones. Car je n’invente pas ces choses, je les relaie. Je cherche les explications des populations concernées. Et je voudrais que cela garde la place ici. Il y aurait énormément à traduire, mais c’est un double boulot : ça veut dire le faire pour moi, lire une fois, deux fois, vérifier que j’ai compris et intégré, et ensuite le temps de travail de “rapport”, soit synthèse, soit traduction. C’est un travail de titan qui m’a découragée des tonnes de fois. Et en fait, que doivent dire les personnes qui sont directement concernées par les oppressions et les vols ? Elles ne sont pas fatiguées peut-être ? Aîe…. A nous d’écouter et de chercher, de faire le boulot de déconstruction. Trop facile de dire “j’ai pas le temps”…

Toutes les personnes qui prennent le temps d’échanger avec moi et de poser des questions permettent qu’on réfléchisse ensemble à tout cela. N’hésitez pas à partager les problèmes que ça vous pose, les “comment j’appelle ça alors?”, ou “comment changer telle pratique?” etc.

One Response to Appropriation culturelle, un aperçu

  1. Iesca L'Étoile

    Bonjour Valiel 🙂

    Merci pour ton article qui apporte des pistes de reflexion interessantes et nécessaires.

    Je songe pour ma part à renommer certains concepts et pratiques que j’emploie dans mon cheminement personnel. Si ceux-ci évoluent, sont adaptés dans le temps et l’espace occupés, aux goûts et besoins de chacun, voire naissent spontanément apportant quelque chose d’inédit jusque là, alors on ne peut emprunter un nom préexistant pour les définir sans prendre le risque de s’approprier ou dénaturer un héritage qui n’est pas le nôtre. C’est vrai.

    Pour la question du tambour, je suis assez confuse toutefois. Il me semblait que l’usage de ce type d’outil et autres percussions était assez universel, toutes fins et manières confondues, musicalement et rituellement ?

    Voici un lien que j’ai consulté, qu’en penses-tu ?

    http://idavoll.e-monsite.com/pages/art-et-technologie/la-musique-des-vikings.html

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