18 novembre, 2019 by

Oracle de Mercure, Je suis un vase

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Catégories: Exercices d'interprétation, Méditations, Suivre Freyja

(post original)

Je suis le vase.

Je suis un vase très rempli que chacun vibration secoue et remue de fond en comble. Je suis un vase sensible, sensible, si sensible… Fragile ? Peut-être, peut-être pas. Je suis prête à déborder, mais je suis riche de mon contenu. Ma sensibilité est une force aussi. Sensibilité qui transpire, goutte à goutte. Sensibilité qui s’écoule, comme un petit ruisseau. Ou sensibilité qui dévale comme un torrent prêt à tout emporter. Mes émotions m’habitent mais elles doivent être plutôt qu’être réprimées. D’ailleurs, au contact de la paroi, elles tâtent, elles auscultent ce qui me contient. Elles sont dans le corps et pas juste dans le cœur. Cette marée qui flue et reflue, est aussi bien prête à se répandre en moi qu’à l’extérieur de moi, qu’à toucher l’autre, qu’à se mélanger. De ce mélange je me transforme, et je transmute, et je résonne, je me répands en vibration. De ce contact je touche, je palpe, je capte. Émotion et intuition, les deux faces d’une même pièce.

Un peu de calme et de silence aujourd’hui, pour le contenant que je suis. Limitons les ridules.

Pour celles et ceux qui ont suivi le dernier post, vous remarquerez qu’à nouveau, Freyja n’est pas très loin.

Deck: l’Oracle de Mercure, par Alcide Nathanael. Ma déception de l’année. J’avais d’énormes espérances pour ce jeu. J’ai attendu 3/4 mois après sa sortie pour prendre du recul, pour éviter de trop me faire influencer par des personnes extérieures, et malgré ça, je suis tombée de haut.

5 Responses to Oracle de Mercure, Je suis un vase

  1. La nuit

    Hello Valiel ! J’étais intéressée par ce jeu, pourquoi es tu tombée de haut? il ne te parle pas? (J’ai eu aussi cette deception avec un oracle cette année, je suis si triste ! Il est magnifique mais ne me répond pas, ne me parle pas…)

    • Valiel Post author

      Bonjour Lanuit,

      Quelle surprise ! Je ne savais pas que tu me lisais ici ! Bienvenue <3

      Je n'arrive pas à faire une review pour l'instant, ça me pose problème, mais si je devais résumer.... Y a plusieurs choses.

      - J'ai un biais, parce qu'à l'époque j'étais en contact avec l'artiste. Du coup, j'avais entendu parler du temps qu'il était censé passer sur sa création, et sur l'écriture du livre (en solo, ce qui n'était pas le cas sur le précédent). J'avais hâte, et que je m'étais fait une représentation de ce "temps énorme" de travail. Du coup je pense que j'avais projeté un résultat : quelque chose de dense, de construit, etc.
      - Si l'oracle d'Algariel avait une "tradition" propre, si les symboles ont été complètement inventés, du coup on ne pouvait pas reprocher quelque chose d'extérieur, il a sa cohérence interne, c'est là qu'il faut chercher, en revanche l'Oracle de Mercure cherche une cohérence en dehors de lui, l'auteur est censé avoir trouvé le sens de sa structure dans une tradition. Du coup dans le jeu, on attend que tout cela soit bien expliqué, et pas flou.
      - J'ai encore du mal à l'expliquer, mais cela va vraiment plus loin. Ce n'est pas juste la structure globale du jeu (qui, à la limite, est pas trop mal explicitée), c'est le fond qui manque, toutes les raisons de cette structure. En effet, ce jeu-ci se prétend de tradition hermétique. Il emprunte donc des symboles, des mythes, etc, à des traditions déjà existantes. Du coup , en terme de travail et d'honnêteté, tu ne peux pas faire n'importe quoi avec... Y a des emprunts, y a un "standard". Et je ne trouve que du coup ça voulait s'y rattacher mais ça n'est pas à la hauteur. => Non seulement tout n’est pas expliqué, mais RIEN n’est sourcé, il ne cite aucun auteur classique pour affirmer le sens de tel mythe, tel symbole, etc, mais en plus il y a des interprétations super douteuses, voire “fausse” (à mes yeux, mais le terme est encore imprécis, pour ça que je ne fais pas de review, je trouve ce terme dur, je dois le réévaluer en trouvant des exemples pour être plus précises, et plus juste pour l’auteur).
      – Par là-dessus, il y a d’autres traditions qui sont malmenées. Ex en tête : la numérologie. Est-ce qu’il y a déjà des symboliques aux nombres chez les hermétiques ? si oui lesquels ? doit pas y avoir qu’une école, du coup laquelle ? c’est pas cité, on n’en sait rien. Or, la numérologie moderne ne vient pas de l’hermétique il me semble, du coup les interprétations ne sont pas les mêmes ! Pour certaines significations du 5? du 7, du 9 etc, le livre raconte des trucs complètement en contradiction avec ce que j’ai lu jusqu’ici, c’est très perturbant.
      – A certains moments, l’auteur précise bien que c’est SON interprétation, et ça c’est cool. En fait c’est juste la base. Mais à d’autres moments, si tu relis tu vois bien dans le style que c’était une interprétation personnelle, sauf qu’il ne prend pas la peine de l’écrire, et c’est noyé au milieu de trucs “génériques” qui sont censés être extérieur.. du coup c’est pas structuré, c’est pas assez cohérent / honnête dans la démarche.
      – Manque de clarté entre les informations disponibles dans le “LWB” et dans le “grand” livre. A priori ce ne sont pas les mêmes du tout. Pas qu’elles se contredisent, c’est juste que d’habitude le LWB est “extrait” du plus grand texte, là tu ne retrouves pas la même chose dans les deux. (A confirmer, mais les cartes que j’ai vues c’était ça)
      – A titre personnel, je DETESTE le papier glacé. C’est vraiment immonde en terme de lumière, de texture et d’odeur. En termes écologiques, pour une maison d’édition prétendument païenne, ça blesse énormément, car le papier le plus blanc du monde = masse de solvants dégueulasse, papier épais donc plein de matériau et pas recyclé, … Par ailleurs ça n’apporte à mon avis rien au bouquin, ça ne lui fait rien gagner. Note : les cartes aussi sont cheloues en texture, mais c’est moins gênant.

      L’auteur aurait clairement eu besoin d’aide, besoin de relecteurs pointus et consciencieux, et j’ai l’impression qu’à Alliance Magique ça accepte tout et n’importe quoi… Le travail éditorial n’est pas là, c’est vraiment énorme au niveau du résultat.

      Note 1 : c’est donc surtout le livre vendu à côté du jeu qui est une masse de déception.
      Note 2 : les cartes en elles-mêmes sont jolies, et fonctionnent a priori bien. Donc le jeu en soi peut être utilisé. C’est ailleurs que ça pose problème. Etrangement, elles vont fonctionner pour moi presque mieux à un niveau intuitif, alors même que le jeu rejetait ça en bloc pour aller du côté des traditions les plus strictes qui soient. (Hermétisme = un symbole = un faisceau de sens, et pas un autre, pas d’intuition là-dedans ; un peu comme le Lenormand). D’où le fait que je dise : ça se prétend une chose, mais dans les faits ça n’y correspond pas (ou pas totalement). C’est plus un jeu **d’inspiration** traditionnelle et hermétique, mais il n’en a pas la filiation ni la rigueur.

  2. Alcide Nathanaël

    Ah, c’est bon, j’ai trouvé ton commentaire au sujet du livre sur ton blog.

    Tout d’abord merci pour ce pavé fort intéressant. J’ai essayé de lire tout ça en me disant que ce n’était pas le fruit de notre passif commun et tumultueux, même si à certains moments, j’ai eu des gros doutes sur la véracité de tes propos 🙂

    De mon point de vue, le travail est considérable, j’ai fourni un travail considérable, proposé comme étant “inspiré”, et je cite : “s’inspirant de l’Alchimie, de l’Hermétisme et de la mythologie gréco-égyptienne.”. C’est écrit dans la description même de l’oracle, et je suis choqué de lire que j’ai manqué de transparence sur ce point. Je n’ai jamais prétendu comme mon jeu en avait l’affiliation et la rigueur comme tu le sous-entends.

    Je mentionne également dans les pages de ce livre, que certaines interprétations sont propres, et que c’est un choix de ma part d’avoir rendu difficilement déchiffrables certains aspects de la carte et qu’il y a donc un autre niveau de lecture codifié, pour les adeptes ou non.

    Il m’a fallu trouver une solution pour contenter tout le monde, un style d’écriture ambivalent pour que le livre soit compréhensible par tous. J’insiste, c’est ton droit et je le respecte, mais je pense que notre passé fait que c’est peut-être difficile pour toi, et que tu as sans doute eu du mal à comprendre ma démarche.

    Concernant le livre, c’est un papier impri’vert… Concernant l’oracle, il est similaire à du carton France Cartes… Donc je ne vois pas trop le problème en fin de compte. Les cartes sont douces et ont un grammage de 400.

    Concernant les sources, tout est disponible dans le chapitre bibliographie, pas de façon aussi précise, soit, je te l’accorde 😉 Je me suis avant tout documenté à partir de nombreux ouvrages de référence, soir et matin, et j’ai réécrit avec mes propres connaissances acquises, et mes propres envies (ça aussi, quand je décide de modifier un symbole ou autre, bah je le précise dans le livre).

    Pour la numérologie, j’ai été conseillé par une très bonne amie numérologue, et à aucun moment cette numérologie n’a de rapport avec l’hermétisme. C’est de la numérologie, point barre ! 🙂 Après, si les numérologues se contredisent les uns les autres, c’est plus mon problème. J’ai mis toute ma confiance en cette personne qui pratique la numérologie de façon régulière, et ce, depuis plusieurs années.

    Je te rassure, pour l’ouvrage, et avant même de le faire éditer, j’ai proposé celui-ci en relecture à des personnes hautement qualifiées dans les domaines d’inspiration de l’Oracle de Mercure. Que ce soit des mordus de mythologie ou des passionnées de symbolique, des Alchimistes et/ou autres de ma propre famille ou non, et en qui j’ai donné toute ma confiance.

    Je suis très fier de cet Oracle et du travail qu’il y a derrière, mais je n’ai jamais eu la prétention de vendre mon jeu comme étant de tradition hermétique. Je pense avoir était très transparent concernant mon rôle autour de ce jeu. Je ne suis ni un alchimiste, ni rien d’autre, je suis juste un passionné qui propose un travail différent, inspiré par mes propres lectures et influences, et dont je laisse chacun libre de prendre ce que je propose, ou non.

  3. LanuitLanuit

    Ravie de te retrouver ici aussi 🙂 Pardon, comme ce n’est pas sous les commentaires wordpress je n’ai pas eu la notification de ta réponse, je viens juste de la voir aujourd’hui!
    Je comprends tout à fait ta déception! Je suis comme toi, j’aime bien que les choses soient claires et comprendre d’où cela vient. c’est dommage que ça semble flou (surtout pour prix cartes + Livres!!). Et si tu te délaisses de ces déceptions? Que tu essaies de ressentir les cartes une par une pour te faire ta propre interprêtation? (je vois que dans ta Note 2 tu y fais référence!)

  4. Valiel Post author

    Bonjour Alcide,

    Merci d’être resté calme dans la discussion, ça n’est pas facile d’entendre des critiques sur son travail. Pour expliquer les positions que je maintiens, je vais répondre de façon approfondie afin que tu comprennes mieux ce qui a été écrit plus haut. Il me semble que c’est important que je le fasse pour ton cheminement d’artiste. Tout bêtement, je serais frustrée à ta place de ne pas comprendre, ou d’avoir des éléments mais pas assez. Alors allons-y dans les détails. On notera que ces derniers demandent énormément de temps, que je n’avais pas au moment de rédiger le commentaire original. Cela a peut-être pu occasionner des flous ou du doute, peut-être un ton de voix expéditif ? En tout cas j’y reviens, comme cela ça sera plus clair. Cela te permettra, j’espère, de mieux saisir les implications ce que j’avais écrit rapidement. Et si ça n’est pas le cas, au moins cela servira pour les lecteurs.

    1°) Comme tu l’as vu, j’ai précisé d’entrée de jeu aux personnes intéressées qu’il y avait un biais dans ma réception du jeu, à cause de notre “passé” (il y a eu un message ici, et d’autres sur Insta). Je n’ai pas trouvé bon de livrer des détails de ta vie personnelle de cette façon en public, donc je m’étais contentée de parler du fait que j’avais entendu parler de ton travail sur ce jeu avant la publication, et que j’en avais imaginé des choses. Mentionner que j’étais en contact avec toi à l’époque, et que je ne l’étais plus. Mais tu mentionnes cela ici avec des termes ambigus, donc je préfère clairement m’y arrêter une minute. Il n’a rien eu de « tumultueux » à proprement parler. Cela impliquerait beaucoup de bruit et d’agitation de part et d’autre (toi comme moi), ce de façon un minimum prolongée, ce qui n’a pas été le cas. Non, tout se passait très bien entre nous jusqu’au jour où j’ai appris que tu te comportais de façon inacceptable pour moi. Alors, ça s’est terminé parce que j’y ai mis un terme ; c’était soudain, brutal si tu veux, mais pas tumultueux. Notons qu’à l’heure où j’ai répondu au commentaire de La Nuit, on était à plus d’un an après l’événement. J’ai toujours aimé ton art, et je considère que comme prise de recul c’est une durée acceptable.

    2°) « Ton travail considérable » : Je t’invite à relire mon commentaire de départ, qui ne parle pas du tout d’une absence de travail. Il indique quelque chose qui vient de mon fait, que j’ai un biais biographique très clair. Je l’ai identifié littéralement comme tel : c’est une *projection* de ma part qui aboutit à une déception sur le livre. Je ne dis pas que tu n’as pas travaillé, ça n’est pas vrai, je ne le pense pas. Je dis que j’avais *imaginé* autre chose, un autre résultat (j’ai employé le terme de « représentation »), à l’aune de tout ce temps que je sais que tu y as passé. Si on voulait vulgariser pour être sûrs de bien se comprendre : je m’en étais fait une montagne ; c’est mon erreur. Cela ne nie pas l’investissement que tu as fourni. Je ne considère pas que tu n’as pas travaillé pour cet ouvrage. Mon commentaire dénonce des attentes, des projections dans ma tête, qui ont biaisé ma réception du jeu.

    Ce qui ne s’arrête pas là. Pour le reste, qui a été expliqué par la suite dans mon commentaire originel, ma déception est liée à un gros problème de méthode de rédaction. Et on va y revenir ici plus en détail.

    3°) Sur la question de la tradition ou non. Ton message juste au-dessus apporte un rappel très nécessaire. Je perçois mieux ce que tu veux faire, je trouve que ça aurait dû être mis beaucoup plus avant. En effet, je pense que si je me suis arrêtée sur ce point, c’est parce que la communication n’est pas claire à ce sujet, ni dans le petit livret, ni dans le livre. Tu as le droit de ne pas être d’accord bien évidemment, tout ce qui est écrit n’est que mon avis. Mais, comme tu le sais très bien vu que tu me connais, je suis extrêmement pointilleuse et exigeante. Et là, pour moi, il y a un flou de communication. Une phrase dans une sens, une phrase dans l’autre. Etc. D’ailleurs cela vaut autant dans le travail esthétique (visuel, l’hommage que tu rends) que dans l’écriture. Mais je vais me focaliser sur l’écriture vu que c’était l’objet de mon commentaire.

    Exemple : livret de la boîte, introduction page 7 (en fait c’est également le dos de la boîte). Tu me dis ici que c’est inspiré et pas traditionnel, mais sur le petit texte accessible à tous, il y a deux fois la noyau « tradition », plus aussi une revendication d’appartenance à une lignée de jeux traditionnels. Prenons le détail dans l’ordre :
    – La première phrase : « jeu moderne mais non moins traditionnel ». On part sur une base moderne affirmée, effectivement, bon rappel. Mais juste derrière, on (je dis on car je ne sais pas si c’est toi qui rédiges ce passage, ou la maison) évoque l’inspiration ou l’apparence traditionnelle. Je peux comprendre qu’il y ait un manque de place pour expliquer exactement le projet. Mais il ne devrait pas être flou sous prétexte qu’il est résumé.
    – De plus, immédiatement après : « s’inscrit dans les lignes du Tarot de Papus et de l’Oracle Belline ». (Je passe sur la faute de lexique, qui m’ennuie également car je te pensais soutenu en termes éditorial, je la relève ici car elle n’est pas isolée.) Ces jeux-là que tu cites ne sont pas « d’inspiration » à l’inverse de la démarche que tu décris. Le Tarot de Papus surtout est un tarot extrêmement traditionnel, c’est à dire avec batterie de références et de symboles qui appartiennent à une tradition etc., pas à l’auteur. L’Oracle de Mercure n’est pas de ce type. C’est ce genre d’affirmation qui perd le lecteur, qui envoie un message contradictoire. Je ne dis pas que ton intention était de perdre le lecteur et de prétendre être ce que tu n’es pas (une intention de tromper), ça n’aurait pas de sens. Ce que je vois simplement, c’est un langage imprécis, qui nuit à la présentation de ton projet. Or c’était facile à corriger.
    – Autre phrase juste un peu plus bas « j’ai créé cet oracle de façon traditionnelle en utilisant ma médiumnité ». Et ce traditionnel-là, que veut-il dire ? De quelle tradition on parle ? Il est traditionnel ou bien inspiré ? On ne comprend pas bien le contexte, c’est de ces flous-là que je parle.
    A la réponse « dans le livre il y avait plus de place pour expliquer », je réponds cependant que ça n’est pas équitable que les gens avec moins de moyens, qui n’achètent que le jeu, n’aient pas une explication suffisante. D’ailleurs, je viens d’aller vérifier mais l’introduction du livre (que je voulais comparer à celle du livret), elle ne parle absolument pas de la démarche, de la conception du jeu, de son inscription dans une tradition ou pas.

    Si le jeu se veut moderne et personnel, alors ça change beaucoup de choses, on peut assouplir tout un tas de choses quand on le regarde et l’évalue. Il demeure cependant cette impression de vouloir se rattacher à des traditions existantes dans la forme et dans le fond (c’était peut-être inconscient, ou c’était peut-être juste un manque de précision dans l’écriture). Prenons l’exemple d’Algariel qui « n’existait » pas comme *tradition*, donc tu n’avais pas citation à faire (enfin, seulement si on part du principe que tu ne t’es pas servi de symbolisme traditionnel dans certains cas). Tu as toi-même choisi des symboles et des lieux pour rendre compte de significations propres à cet univers. Mais ni l’hermétisme, ni l’alchimie ne sont de ton fait, donc cela demande beaucoup plus de d’explications, de citations et d’identification (savoir où est-ce que tu cites une interprétation symbolique de la tradition, et quelle est ta source, versus où est-ce que tu proposes ton interprétation). Cela aurait pu être traité notamment dans la forme, par exemple : faire une partie titrée « tradition quelque chose » en vis-à-vis d’un autre paragraphe titré « gnose personnelle » (ce ne sont que des exemples pour que tu comprennes de quoi je parle, ça se raffine un titre). Comme dit également en commentaire, ce n’est pas uniquement ton problème, c’est le problème de la maison d’édition qui est censé d’encadrer et t’aider. C’est du travail éditorial.

    4°) Je rappelle que le message qui précède n’est pas une review, que c’était uniquement une réponse en commentaire à un lecteur qui m’a posé une question (et comme ça n’était pas la seule personne, ça m’a semblé important de l’écrire quelque part). J’aime reprendre vraiment le temps d’aller au fond des choses, de tout expliquer, avec exemples à l’appui, et de tout vérifier. Ton jeu représente selon moi une certaine masse de travail pour être « reviewé » correctement, je n’avais pas ce temps pour le faire. Les réponses en commentaire au-dessus sont donc rapides, et pas très détaillées / explicitées. Je n’avais ni le temps ni la place de donner des exemples. Je me permets ici d’aller dans les détails car c’est la fin d’année, et que cela approfondira la réponse que j’avais fournie plus haut pour la communauté.

    5°) Rappelons aussi qu’ici je venais parler de « déception », je me devais d’expliquer ce terme aux lecteurs. Mais cela ne veut pas dire que tout est raté dans le jeu ! Il y a aussi des choses chouettes. Je me suis demandée par exemple pourquoi, tu revenais plus bas sur la question des cartes (« Concernant l’oracle, il est similaire à du carton France Cartes… »), alors j’ai essentiellement critiqué la qualité matérielle du livre. La boîte est très chouette, et je dis bien que les cartes sont « jolies » et douces, agréables à utiliser. Je dis aussi que le jeu fonctionne bien en soi. Je l’utilise, j’apprends à le connaître. Il y aurait d’autres choses positives à en dire, mais encore une fois, ce n’est pas un article complet de review (qui fait apparaître le bon et le mauvais), c’était uniquement un commentaire en réponse pour donner des explications sur ma « déception », puisque c’est ça qu’il fallait justifier.

    6°) Sur la question de tes interprétations personnelles. « Je mentionne également dans les pages de ce livre, que certaines interprétations sont propres ». Comme tu l’as vu, j’ai commencé à expliquer déjà plus haut ce qui pose problème. A certains moments oui tu le précises, mais pas systématiquement, ni de façon assez rigoureuse. Pour chaque carte, il n’est pas identifié assez clairement les phrases qui te sont uniquement personnelles, et celles qui sont issues d’analyses de la tradition de rattachement (avec sources éventuellement). On passe d’une phrase à une autre sans savoir si l’on a changé de niveau (perso/trad) ou pas. Or en le lisant attentivement, on peut bien identifier qu’il y a des sauts. Mais ça n’est pas toujours fait dans le même ordre etc. Il n’y a pas d’homogénéité d’écriture.

    7°) « c’est un choix de ma part d’avoir rendu difficilement déchiffrables certains aspects de la carte et qu’il y a donc un autre niveau de lecture codifié, pour les adeptes ou non. » Oui, je me souviens l’avoir lu. Je suis en désaccord non pas sur l’idée (techniquement pourquoi pas), mais sur la forme. Être mystérieux sans être abscons, c’est difficile. On tombe très facilement dans le piège du mystère pour le mystère, mais en perdant le sens. (Et je dis on, car ça m’est arrivé de faire la même chose dans le passé). Je pense que ta façon d’écrire aurait pu être encadrée pour t’aider à garder le mystère, tout en restant clair.

    8°) J’ai l’impression que tu baignes dans des symboles et que tu ne visualises pas toujours bien le public novice, d’où peut-être le fait que tu ne précises pas certaines choses. La question la plus flagrante est celle du titre : « L’Oracle de Mercure », tandis que la boîte parle de civilisation « gréco-égyptienne ». Mercure est un dieu romain, pas grec, donc que fait-il là ? Moi j’ai une partie de réponse, mais cela me semblait un passage obligé pour les novices, or ça n’est pas été expliqué. De la même façon, si à titre personnel j’étais ravie de voir Hathor dans le jeu, pourquoi elle et pas d’autres divinités ? Ce ne sont que deux micros-exemples.

    9°) « J’insiste, c’est ton droit et je le respecte, mais je pense que notre passé fait que c’est peut-être difficile pour toi, et que tu as sans doute eu du mal à comprendre ma démarche. »

    Non, cela n’a pas de rapport avec notre passé, mais avec ton écriture. Peut-être que les détails apportés ici donneront le contexte qui te permette de le voir. J’accepte que tu ne sois cependant pas capable d’entendre mes critiques. Je pense qu’en me lisant, les gens seront capables de voir d’où je tire mes arguments, que ce sont bien des arguments et non des opinions détachées de l’objet. Tu le sais que je suis très exigeante. Encore une fois, cela ne veut pas dire que tu n’as pas travaillé, tu peux t’enlever l’idée de la tête que c’était mon propos, ça n’était pas le cas. C’est simplement que le résultat n’est pas rigoureux selon mes critères / exigences / valeurs.

    10°) « Concernant le livre, c’est un papier impri’vert… Donc je ne vois pas trop le problème en fin de compte. »
    Ici je pense que c’est un souci de connaissance de ta part tout simplement. J’ai été ravie au départ quand j’ai vu le logo imprim’vert justement, ça m’a donné plein d’espoir. Mais le problème, c’est qu’un label ça ne fait pas tout. Le « greenwashing » bat son plein, et parfois un label peut être mensonger (au pire) ou insuffisant (au mieux). Quelques informations en vrac pour les gens qui n’ont pas ces connaissances et qui passent ici :
    – Même si le label recycle papiers et produits (ce qui est plus que pas mal d’autres !), le recyclage en soi est polluant. Le mieux est d’employer dès le départ des produits à faible impact environnemental.
    – Autre exemple de label problématique : on se vante d’utiliser du papier labellisé FSC ou PEFC. Est-ce que c’est bien ? C’est mieux que d’autres probablement, sauf que les média ont mis au jour des abus dans le domaine des labels de forêt. Exemple tristement célèbre notamment du grand scandale d’Ikea, qui se vante d’employer du bois FSC, sauf que c’est un label abusif octroyé à une terre qui leur appartient en Russie, où ils ont abattu des arbres centenaires à la vitesse de l’éclair, et fait de la déforestation massive (800 arbres par jour).
    – le fait de « glacer » le papier demande d’employer des produits supplémentaires, quid de l’impact écologique ?
    – même si c’est une vraie forêt PEFC etc, il n’empêche que la couleur du papier est très souvent un indicateur (c’est comme le sucre !) : plus c’est blanc, plus ça a été raffiné, donc plus y a de produits = plus c’est polluant. Le papier véritablement recyclé est très majoritairement de couleur grisâtre (et parfois il a même des inclusions). Notons que je trouvais l’édition du livre d’Algariel chez Arcana Sacra largement suffisante, au niveau du papier, et moins tape à l’œil (ça c’est mon goût personnel, que j’ai affiché très clairement dans mon commentaire originel, le papier glacé me rebute au plus haut point. Je ne le tolère que pour des ouvrages artistiques, pas des livres, où ça n’apporte rien).
    Ce ne sont que quelques exemples. Cela demanderait des recherches plus poussées, qu’on pourrait envisager dans une review.

    11°) « Concernant les sources, tout est disponible dans le chapitre bibliographie, pas de façon aussi précise, soit, je te l’accorde Je me suis avant tout documenté à partir de nombreux ouvrages de référence, soir et matin, et j’ai réécrit avec mes propres connaissances acquises, et mes propres envies (ça aussi, quand je décide de modifier un symbole ou autre, bah je le précise dans le livre). »

    Ce qui embêtant avec les sources pas citées directement à chaque fois que c’est nécessaire dans ton livre, c’est que comme tu ne cites pas au fil de l’écriture, on ne sait pas dans quel livre aller chercher quelles informations. Quand on regarde la biblio, tu cites notamment le jeu de Yaguel Didier, mais pourquoi ? Quel rapport avec Alchimie et Hermétisme ? Y a plein de codes formels faciles que tu aurais pu employer pour résoudre ces problèmes. Ou qui aurait dû t’être donnés par la maison d’édition.
    D’ailleurs, la bibliographie présente beaucoup de problèmes.

    A) Elle est courte. B) Il y a des ouvrages majoritairement génériques et pas spécialisés (dictionnaires, encyclopédies), C) Il y a des ouvrages totalement inconnus, pas du tout traditionnels (quid de l’Oracle de Loutia ?) D) Il y n’a pas de codification bibliographique unifiée, donc il y a des références incomplètes (maisons d’édition manquantes, ref des traductions manquantes, etc). L’exemple typique c’est l’ouroboros que tu as trouvé sur la BNF, on suppose le site Gallica (portail numérique, puisque tu n’habites pas en IDF), mais qui sort d’on ne sait où (quel livre ? quelle trad ? etc). Alors que les autres ouvrages sont bien référencés.

    12°) La question de la numérologie est assez typique : le seul « ouvrage » que tu cites dans ce domaine n’est donc pas une source « fiable ». C’est une créatrice contemporaine inconnue au bataillon. Pas que son travail à elle ne soit mauvais, on n’en sait rien. Mais quand on établit une bibliographie on cite des sources premières (les sources de la tradition) avant les sources secondaires (notamment modernes). Quelle école suis cette personne ?

    Est-ce que la très bonne amie numérologue dont tu parles dans ton commentaire est cette même Loutia, ou bien une autre ? Comment se fait-il qu’elle n’apparaisse alors ni dans la bibliographie, ni dans les remerciements, si c’était une part importante de ton travail pour le jeu ?
    « Après, si les numérologues se contredisent les uns les autres, c’est plus mon problème. »

    Effectivement. Personne n’a dit que tu étais responsable des désaccords symboliques au sein d’un grand domaine. Ce qui est ton problème, c’est de bien identifier l’école et les maîtres que tu suis (en astrologie on n’a le même problème), afin que le lecteur puisse s’y référer pour comprendre comment tu te situes. Et si tu t’es basé sur le travail de quelqu’un d’autre qui a fait les recherches de numérologie à ta place, il est quand même besoin d’identifier quelles sont les sources premières. Et pour cela, si elle travaille de façon rigoureuse, elle aura elle-même une bibliographie dans son grand cahier-livret, avec bien en vue les références traditionnelles principales.

    13°) « Je te rassure, pour l’ouvrage, et avant même de le faire éditer, j’ai proposé celui-ci en relecture à des personnes hautement qualifiées dans les domaines d’inspiration de l’Oracle »

    Rendu à ce niveau-ci de ma réponse, tu auras compris je pense que ce que je vois est un problème d’écriture général, dans la *façon* de rédiger. Je me suis fendue d’en écrire les détails pour que tu comprennes les différents problèmes.
    Note qu’il est également possible que tout soit tellement évident dans ta tête (en termes de symboles etc.) que tu as l’impression qu’il n’est pas nécessaire de bien identifier les choses, de tout mentionner, etc.

    14°) « Je pense avoir était très transparent concernant mon rôle autour de ce jeu. Je ne suis ni un alchimiste, ni rien d’autre, je suis juste un passionné »
    J’ai montré en quoi il y avait du flou plus haut. Je pense que cette phrase aurait mérité de figurer tout en haut du petit livret de la boîte, et d’être repris dans le grand livre.

    On peut encore ajouter que justement, le livre propose des phrases affirmatives : « L’alchimie se soucie de la réalité de l’être humain … », « En cela, l’Alchimie est d’autant plus intemporelle… » Qui le dit ? Toi ou une tradition ? Encore une fois, il suffit de quelques mots pour résoudre ce doute. Sans quoi on est dans la surface, dans l’apparence, qui se veut mystérieuse, qui veut nous livrer des clés (« mettre à la disposition de tous des notions principales propres à l’Hermétisme et au chemin de l’Alchimiste »)… Comme si tu étais un alchimiste.

    Or le flou se renforce avec la préface qui suit directement l’introduction : elle affirme dès les 1ers mots « pour créer de nos jours un oracle alchimique ». Je ne l’invente pas : « oracle alchimique », et pas oracle d’inspiration alchimique. Le doute persiste. Comment l’artiste ne serait pas alchimiste s’il nous propose d’avoir créé un outil qui l’est ? A cela s’ajoute l’aura de mystère : l’auteur.e de cette préface est par défaut mystérieux.se puisqu’on n’en a que les initiales, et donc dont on ne peut pas aller vérifier son parcours et son travail. On s’entend, je ne dis pas qu’il est interdit de rester anonyme ; je dis quelle est la conséquence de ce choix dans un ensemble.

    Bon, ce fut beaucoup plus long que prévu. Mais bizarrement, quand on fait une critique, on n’a toujours besoin de plus beaucoup plus expliquer que quand on complimente. Je trouve que c’est important de le faire.

    Garde si tu le peux en tête que le jeu est tout à fait fonctionnel, je ne prétends pas le contraire. Je suis toujours en train de le découvrir et de l’utiliser. Je ne prétends pas non plus que tu inventes une tradition ou que tu imposes un point de vue. On prend ce que l’on souhaite, on brode là où on le souhaite, et ainsi de suite. C’est outil.

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