Impressions sur le Wooden Tarot après… 6 ans

Auteur : Andy Swartz
Illustrateur : Andy Swartz
Éditeur : autopublié grâce à Kickstarter (lien de la campagne)
Année : 2013
Langue : anglais
Type de jeu : Tarot ; seulement les 22 arcanes majeurs + les 4 as. => Je parle donc ici de première parution, édition collector limitée à 1000 exemplaires.
Prix : environ 23 euros à l’époque.
NB: Vous trouverez [ici] l’ancienne review réalisée sur mon premier blog.
.

[To read the following article in English: click here]

.

Depuis plusieurs mois je me suis mise à parcourir ma collection pour la purifier, quels jeux n’étaient plus du tout utilisés, pourraient l’être ou bien ne me correspondaient plus etc. J’ai du établir une liste d’une grosse dizaine de jeu (peut-être 15?). L’un a déjà été vendu, deux sont en liste de vente / troc, d’autres sont en réflexion, d’autres en attente… Il m’est revenu à l’idée de travailler avec le Wooden Tarot grâce à Cathou, car j’ai vu de beaux tirages réalisés avec, mais vraiment, en ressortant l’édition originale, quelque chose ne passe pas…

1°) La taille des cartes.

Elles sont vraiment immenses. Je n’ai pas la possibilité de vérifier au moment où j’écris, mais si je ne me trompe pas elles sont même plus grandes que les cartes des Druid Animal et Druid Plant Oracles, réputés dans le domaine comme étant le plus grands. Voyez la seconde photo avec une petite carte taille « poker » en comparaison (avec le White Fox Oracle). En conséquence, ce n’est donc pas un jeu facile à manipuler du tout, ni pour mélanger, ni pour étaler les cartes. Quand je me pose et que j’observe les cartes, j’ai plutôt l’impression d’avoir affaire à des cartes postales en réalité. Ou des petits tableaux portatifs que l’on peut contempler. Mais pas de cartes « à jouer » (ou à « diviner »). Il me semble me souvenir que dans le passé, quand j’ai essayé d’utiliser ce jeu, je ne piochais qu’une seule carte et je la laissais poser sur mon autel pour méditer. Ce n’était pas une pratique divinatoire.

2°) La qualité des images.

Ici, j’ai comme un petit doute, j’ai du mal à affirmer quelque chose fermement. Mais l’impression qui se dégage pour moi est que la qualité des fichiers image n’était pas très bonne en réalité. Ce n’est pas systématique, certaines cartes sont tout à fait correctes. Mais d’autres ont un côté… flou ? Comme un manque de piqué, comme un micro effet de pixels ? Six ans après avoir acheté ce jeu, et en avoir eu entre les mains tellement d’autres, y compris des jeux auto-édités, quand je reprends ce jeu-là il y a un fossé. Nous avons clairement été habitués à avoir de meilleurs scans, à ne pas laisser échapper une « erreur » à l’impression. Comme dit, certaines des majeures ont une impression nickel, d’autres par contre me donnent cette sensation de flou.

.

3°) Les bordures.

Esthétiquement, à l’époque j’étais peut-être moins difficile car ce choix était tout à fait courant : les bordures étaient souvent grosses et larges. D’ailleurs à mon avis, le phénomène « borderless » (sans bordure) est justement arrivé à cette période pour répondre à une envie commune de supprimer ces terribles bordures blanches, voire d’enlever tous les cadres qui entouraient les illustrations. En regardant la carte aujourd’hui par contre, je me rends donc bien compte que ces bordures blanches ne sont pas vraiment belles, et surtout, pas utiles. (On notera que l’artiste, dans son édition finale complète, a retiré tout cadre et toutes bordures.) Une fois de plus, 6 ans après cet achat, bientôt 8, j’ai vu passer tellement de jeux différents que j’ai développé des préférences, et peut-être même un « oeil ». On va beaucoup plus facilement et rapidement ce qui fonctionne ou pas avec une bordure. Je pense que sur ce jeu-là, ce choix des grandes bordures blanches n’était pas une bonne idée. A) Ca produit un effet figé, carte postale, qui entrave l’utilisation pratique du jeu. B) Ca dessert totalement le propos esthétique de la peinture sur bois, puisque l’oeil est totalement distrait par ce cadre. C) A titre personnel, j’ai l’impression que cela bloque l’énergie des symboles en présence et les empêche de s’exprimer.

En conclusion

Si je suis honnête avec moi-même, je ne devrais pas garder ce jeu. Je ne pense non seulement pas l’utiliser, mais il a perdu totalement sa valeur esthétique également. Il serait tellement plus logique, plus agréable, qu’il gagne un foyer qui lui fera un bel accueil et qui le mettre en pratique. Ce qui est délicat, et qui m’a retenue notamment jusqu’ici, c’est la valeur sentimentale de l’objet : cela doit être un des premiers (sinon LE premier) jeux indépendants que j’ai soutenus, et, surtout, mon nom est donc mentionné à l’intérieur du livret. Bien que cela soit devenu un classique des campagnes « crowdfunding » (y compris pour les vidéastes, podcasts etc), à l’époque c’était assez nouveau (je crois). Et je n’étais pas du tout sûre de savoir qu’Andy prendrait autant son envol à l’époque. J’avais vu sortir ce jeu un peu de nulle part, je ne pensais pas du tout qu’il irait au bout du projet complet.Pour moi c’était l’idée de soutenir un artiste matériellement et de l’aider à matérialiser son projet dans le monde. Comme dit, aujourd’hui c’est devenu monnaie courante, mais à l’époque ça l’était moins, et du coup je suis plus marquée par cette campagne-là, qui me donnait l’impression de lui donner sa chance, de lui permettre de poursuivre sa quête, de faire d’autres choses plus tard. Mais aujourd’hui, garder le jeu pour cette raison ne résonne plus, ça ne me semble pas « juste ».

.

La question qui demeure pour moi, c’est comment lui trouver un nouveau foyer ? Qui voudrait d’un jeu avec seulement les 22 majeures ? Est-ce que quelqu’un serait intéressée par ce format aux bordures blanches ? A cette première édition, alors qu’une nouvelle existe, plus complète et plus esthétique ?

.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>