« Des Barrières saines dans la com’ spirituelle », témoignage personnel sur mes pratiques de service

Je partage aujourd’hui une vidéo pas forcément facile d’accès (non sous-titrée, très longue), mais dont le sujet est essentiel. Ouassima et Iria Del abordent un thème sur lequel il est absolument nécessaire qu’on s’interroge tous ensemble : les bonnes relations à maintenir entre nous tous, entre clients et professionnels, mais même entre toute personne qui sert la communauté et ses membres. Difficile de revenir sur tous les points abordés, et pourtant j’aimerais beaucoup avoir le temps de le faire.

Quelques points abordés dans la vidéo  :

- L’intimité qui se créé entre les deux personnes quand on touche à des sujets si personnels (le soi, le spirituel, notre évolution…). Par extension, certains certains clients / abonnés prennent cette intimité de sujet pour une intimité personnelle, voire pensent être proches de nous (voire des amis).
- Il existe un paradoxe énorme entre nos messages de libération des individus et leur autonomie versus les personnes qui viennent nous demander qu’on leur livre toutes les réponses (dans un email, dans un tirage, etc).
- Lorsqu’une personne nous exige ainsi de lui livrer les clés pendant qu’il reste passif, et sans réfléchir : on se retrouve face à quelqu’un qui vient nous demander de l’aide, que l’on a proposé d’offrir puisque nous services sont ouverts (ou que l’on partage en ligne) ; dans ces cas-là, même si la personne nous a lu(e)s elle n’a visiblement pas compris nos démarches, mais puisqu’elle vient demander de l’aide, comment dire non ?!
- Beaucoup de personnes voient nos faces, nos noms, et pensent qu’on se met en avant, alors qu’on se bat pour du contenu, des idées, que c’est ce que l’on dit qui compte.
- Le cercle vicieux du temps nécessaire pour investir toujours plus de temps.  Nous avons besoin de beaucoup de temps pour créer des contenus et accompagner les personnes ; mais parallèlement, on a aussi besoin de temps supplémentaire, libre, pour nous ! Parce qu’on doit continuer à cheminer, à apprendre, etc, pour continuer à donner, à guider, etc.
- Un gros problème : les gens qui ne savent pas faire la différence entre inspiration et « plagiat soft ». Au départ ils sont mus par un grand enthousiaste de envers nos travaux, mais ils ne se rendent pas compte qu’ils copient une personnalité au lieu de trouver leur propre individualité et de la développer. Et souvent cela finit par récupérer les contenus mots pour mots.
- Il demeure une tendance à avoir un peu peur de se montrer, d’être dans ce milieu etc ; c’est mal vu, on se cache lorsque l’on consulte une cartomancienne, etc.
- Un problème de vision : les internautes ne réalisent pas toujours la préciosité de notre temps, y compris lors des messages et y répondre ; la réalité du travail d’écriture, de conception d’idées, de vidéos, etc, n’est pas vraiment intégrée.
- Les grosses projections et transferts que font les abonnés ou les clients sur nous. Plein d’exemples sont donnés dans la vidéo : a) quand on ne répond pas à la minute, ou pas le jour-même etc… que les gens se sentent trahis ou abandonnés. b) quand on renvoie une personne qui nous a posé une question vers une formation ou un autre service que l’on a conçu, et que celle-ci pense qu’on est dans capitalistes sans âme là pour gagner de l’argent, alors qu’on a seulement écouté leur besoin, et qu’on les aiguille vers ce qui leur conviendrait mieux (selon notre opinion). Sachant qu’Iria nomme aussi très bien le fait que parfois on aiguille vers d’autres praticiens que soi; on n’est pas là pour faire de la pub aux copains, on renvoie vers quelqu’un qu’on pense être plus qualifié, ou plus adapté à votre parcours.
- Il demeure un fossé très grand entre les francophones et les anglophones concernant le rapport à l’argent.

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Quelques éléments de témoignage :

- Cela a été extrêmement dur, mais j’ai déjà renvoyé des proches ou des clients vers d’autres cartomanciens ou voyants quand je n’avais pas assez d’énergie, ou que je me sentais douteuse sur un sujet. De la même façon, sur les sujets humains, j’ai toujours essayé d’être douce, car certaines personnes prennent peur, mais j’ai souvent exprimé que telle difficulté qui prenait trop de place dans la vie d’un client pourrait ou devrait être traitée avec un thérapeute professionnel (de la psychologie). Je précise que je donne des pistes, mais que cela n’est pas ma profession, et que quelqu’un est professionnellement formé pour traiter tel ou tel sujet.

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- Des réflexes de se cacher qui persistent. Ces quelques dernières années, je me suis rendue compte que malgré un travail introspectif et sur mes Ombres concernant mon assurance et mon auto-affirmation, notre chemin n’est pas linéaire, et parfois on fait des « rechutes ». Sauf que je me l’étais un peu caché. J’ai eu beau faire des travaux et des services publics dès 2010 (notamment avec le site sacré à Morrigan et mes questionnements sur la prêtrise), et remettre le couvert en 2013 lorsque j’ai ouvert ma boutique Etsy et le site de « Sur le Seuil » (qui étaient en partie commandés, en partie dévotionnels), j’ai progressivement tu une partie des mes motivations, de mes activités. Pourquoi ? Par peur évidemment. Certaines imaginaires, et d’autres fondées. On m’a bien traitée de folle à liée dangereuse avec mes histoires de Dieux. Comment ça polythéiste ? Les Dieux ne sont que des archétypes, ça n’existe pas. Eh oui… Même dans « notre » milieu (le paganisme en gros), chacun prêche pour sa chapelle, et ce n’est pas uniquement des gens extérieurs qu’il a fallu se méfier, mais de nos « pairs ». Et ça, ce fut vraiment très dur. J’ai aseptisé mes sites de leur tendance polythéiste stricte au fil du temps. D’autant plus que je savais qu’une grande partie de la communauté française d’adorateurs de carte n’a rien à voir avec le paganisme. Il y a plein de chrétiens, officiels ou simples dévots des anges. C’est terrible de voir que je m’étais moi-même auto-censurée sans que personne ne me demande rien… A côté de la folie, il y a eu aussi tous les reproches de crise d’ego, car cet argument a bon vent, y compris dans un contexte qui n’a rien à voir. Affirmer entendre les divinités, recevoir des messages, et pire, affirmer que *le divin* nous a demandé explicitement de faire des choses et de transmettre des messages ? Ça ne plaît pas à beaucoup de monde. Cela a été perçu comme des délires narcissiques à une période. Parce qu’on est derrière nos écrans, qu’on ne peut pas vérifier, qu’on est de toute façon dans un domaine purement subjectif et non scientifique…

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- Pour ces raisons, mais également à cause du problème du rapport à l’argent, mes contenus se sont modifiés en fonction des publics. J’avais beaucoup moins de mal à être moi-même sur les sphères anglophones, autant dans les partages que les services rémunérés. Une sorte de scission s’est mise en place avec les années… Au début cela me convenait de faire le tri. Aujourd’hui, cette fracture me fatigue, et je commence à me réorganiser dans mes structures et mes projets pour ne plus faire de différence, pour tout rassembler. (Un projet à venir qui l’explicitera)

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Voilà. J’aurais aimé vous en dire beaucoup plus, mais le temps manque. Je pose déjà cette première pierre, qui vient apporter de nouvelles idées, et compléter aussi les postes précédents de ma série sur le cheminement du voyant.

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