(Review) Revue du Crow Tarot

Informations générales

Auteure : Marguerite Jones (MJ) Cullinane
Illustratrice : Marguerite Jones (MJ) Cullinane
Éditeur : édition originale auto-éditée grâce à Indiegogo ; nouvelle édition grand public US Games.
Année : 2018 pour l’édition originale ; janvier 2019 pour l’édition US Games.
Type de jeu : Tarot, 78 lames (+1 lame de remerciement dans l’édition originale) ; tradition Rider Waite Smith.
Langue : anglais.
Prix : édition originale épuisée ; édition grand public à venir en 2019 (?) chez US Games, 22,95 dollars. Ils disent hiver 2018 mais je n’ai vu personne avec… A moins que les premières livraisons soient en décembre ?

Les plus

Il y a énormément de possibilités autour de ce jeu. L’auteur y attache énormément de vie. Vous pouvez également suivre :
- sa page Facebook, où elle publie les tirages et toutes les nouvelles ;
- sa page Instagram avec surtout les photos de tirages, et quelques photos de « backstage » ;
- sa boutique, qui propose des produits (carnets, mugs, coques de téléphone etc) illustrés aux couleurs du Crow Tarot ;
- son blog avec des tirages hebdomadaires et même quotidiens désormais avec le Crow Tarot !
- une application pour tirer vous-mêmes une carte.
Et ça n’est pas fini ! Il existe un premier livre de méditation sur les cartes, qui est sorti pendant la campagne indiegogo : le « Fly Through The Veil » Journal. Je ne crois pas qu’il est prévu de le rééditer, c’était une exclusivité de la campagne de financement jusqu’ici.

(photos officielles de MJC)

Par la suite, un livre complet va sortir ! (Crow Tarot Book) Pour y participer la nouvelle campagne en ligne sera lancée début 2019 je pense.

Notez : pour ceux qui n’ont pas acheté le jeu et qui seraient intéressés dans quelques temps, elle propose sur son propre site un lot du tarot US Games + le livre à venir (cliquez).

Et pour terminer, pour celles et ceux qui voudraient soutenir l’artiste au-delà de la campagne, avec un budget plus limité, ou autre, MJ a créé un patreon accessible ici.

L’avis en bref :

J’adore ce jeu ! Etant donné mon travail avec la Déesse Morrigan, j’ai une affinité particulière avec les corneilles (raven) et corbeaux (crow). Quand je l’ai vu, j’ai énormément hésité car les photomontages ça n’est vraiment pas mon truc… et pourtant, il y avait quelque chose dans les symboles et dans l’énergie que je ne pouvais pas ignorer. Ce qui m’a convaincue, étonnamment, ce sont les mots de l’auteur. C’est sa sensibilité qui m’a touchée, sa façon de décrire les symboles et de les appliquer au quotidien (sur son blog, ou sur l’application en ligne). J’aime beaucoup l’ensemble du travail symbolique, et pas simplement les images.


Cependant, le jeu a aussi pas mal de défauts techniques, liés à la mise en page du jeu. Il y a certaines cartes majeures qui sont beaucoup plus floues, comme si l’image originale avait été grossie. Au niveau du bandeau qui surplombe les cartes, il y a des ratés (les chiffres non harmonisés, tant purement lisses, informatiques, tantôt stylisés avec des ombres ; parfois le haut du motif est coupé). Au bas des cartes majeures, encore, la police est parfois aberrante (pas la même stylisation partout). Néanmoins, je tempère ma découverte à chaud, car je sais que c’était le premier jeu de cette artiste, et qu’elle l’a réalisé intégralement seule, sans aide extérieure. La masse de travail est énorme, et elle n’est pas un professionnel de l’édition, donc je pense qu’on peut lui pardonner ces erreurs… C’est juste embêtant pour moi quand ça me saute aux yeux et que ça me distraie de l’image.


Je m’interroge sur la nouvelle édition grand public. US Games a changé la police de titre, donc elle devrait être la même partout. Et je me demande si elle a corrigé les erreurs de bandeau en haut.

 La revue en détails

1°) Le livret blanc : pas grand chose à dire, il est standard. Tout petit, avec un micro paragraphe pour chaque carte. Il n’y a pas d’introduction, et pas de tirages proposés.


2°) Le « Crow Tarot Journal » : « This journal includes all 78 images from the deck and a brief description of the card, on the opposite page there is plenty of room to write your thoughts for the day or how you plan on using the energy from the image to work through a problem or motivate yourself.
I am creating the journal for those who are interested in connecting and exploring the feelings that surface from each image and its message. Each daily exercise of writing offers a short burst of inspiration or may even prompt an uncomfortable feeling that denotes an area that needs attention in order to move forward.
When creating this deck I found I was holding on to quite a few self-limiting beliefs that surfaced – and thankfully so – as it gave me an opportunity to examine why that belief was held and how to work on releasing it. » (présentation officielle pendant la campagne)
(photo officielle MJC)
Présentation : Il s’agit d’une édition en longueur (format paysage) avec une belle couverture en papier glacé. Les pages ne sont pas numérotées. Elles suivent l’ordre des majeures puis des mineurs, avec une double page pour chaque lame : à gauche une grande reproduction en couleurs de la carte, un petit paragraphe de texte et un encadré pour écrire une action du jour ; à droite des lignes pour prendre des notes personnelles. Il n’y a pas d’introduction ni d’explications, uniquement une petite page à la fin du livre pour remercier. A quoi sert-il ? A priori, l’auteure l’a conçu comme un livret d’accompagnement au quotidien, pour effectuer une méditation par jour. L’idée serait double: procéder à une introspection (thoughts) puis créer un mantra positif et trouver une action directe à réaliser à partir de la carte.
(photo officielle MJC)
Avis au premier abord : L’impression est vraiment satisfaisante en terme de qualité, pour la couverture comme pour les pages internes. Je suis juste un peu déçue de l’emballage rapide de l’envoi du jeu : une simple enveloppe à bulle, sans « mousse » à l’intérieur, le livre a été cogné de multiples fois ; seule la petite planche de carton au centre du paquet a évité que le livre soit trop plié ou tordu étant donné qu’il est entièrement souple. Le contenu est vraiment simple (le texte est court), mais il faudra que j’essaie la pratique en question pour en savoir plus. Si le texte est suffisamment inspirant, peu importe qu’il soit court (surtout qu’il accompagne un visuel), il devrait être efficace malgré tout. A titre personnel, j’ai du mal à écrire directement dans un livre, même un workbook… donc la page de droite sera un peu inutile, mais on verra si je tente.
Après observation, une petite déception : le petit texte accompagnateur n’est pas nouveau, c’est celui du « petit livret blanc » (little white book en anglais, abrégé souvent LWB). Donc il n’y a pas d’exclusivité du texte, ce ne sont pas des textes de méditation.

3°) Les cartes
L’édition backers comporte un dos unique, un motif presque géométrique, dans une dominante de tons bleus et jaune : au centre de la carte, plusieurs corbeaux sont représentés et assemblés pour former de loin un motif abstrait ; un cadre a été placé, également dans des figures abstraites, de type enjolivement / enluminure. La texture des cartes est magnifique je dois avouer. Bien qu’au départ leur finesse m’ait extrêmement surprise, les cartes sont très souples et très résistantes. Leur toucher est presque glacé sur le dos, et très soyeux. Cela donne des cartes qui glissent énormément, et sont faciles à étaler sur la table.


L’autre caractère unique du jeu original (édition backers) est le tour des cartes. MJ l’avait précisé, et cela a été confirmé par les premières images de chez US Games, les mineures possèdent un cadre coloré accordé à celui de la carte qu’elles représentent. Donc chaque carte mineure possède sa propre teinte, qui peut effectivement être grise, mais s’étend jusqu’au rose et à l’orange pour certaines. Le travail sur les arcanes majeurs est un peu moins marqué, cependant on retrouve une tentative pour teinter le cadre sur chacune. On obtient donc en étalant le jeu une palette assez variée et colorée (voir photo ci-après:)

Les mineures :
Niveau présentation, les mineures n’ont pas de titre inscrit sur la carte, seulement leur chiffre, en caractère romain, en haut. Je dois avouer qu’elle a réussi à le rendre visible tout en étant très discret, et cela permet de bien profiter de l’illustration, j’aime vraiment beaucoup. Les cartes de Cour, elles, comportent le titre en bas dans une bordure beige, à l’image des arcanes majeurs. En termes de travail esthétique et d’harmonie, je trouve que les mineures sont les plus réussies du jeu, au-dessus des majeures. J’ai du mal à me l’expliquer. C’est le mélange de l’esthétique réussie, dans la police, la bordure, les chiffres sans aucun accroc visuel… et la limpidité des illustrations. Elle a choisi de coller vraiment le plus possible au Rider Waite Smith d’ailleurs, ce qui rend le jeu accessible aux débutants à mon avis. Vraiment les mineures sont superbes. Ci-dessous deux photos de sélection : 4 exemples de couleurs de bordure personnalisées (gris clair, gris plus foncé, rose, et orange), sans titres donc ; puis un exemple des cartes de Cour avec titres et bordures.


Les majeures :
Il y a beaucoup plus de défauts sur les cartes majeures malheureusement. Côté symbolique, elles sont un peu calquées sur le Rider Waite Smith. Il y a de très belles réussites. Mais côté mise en page et graphisme, c’était un peu la débandade, et j’ai été un peu déçue en ouvrant (ce qui a vite été rattrapé par mon amour grandissant du jeu et de son thème). Voyons les exemples des problèmes principaux :
- certaines cartes sont presque floues, pixellisées ; à mon avis il ya eu une erreur de fichier ou quelque chose, c’est terriblement visible au milieu des autres lames, et terriblement laid à regard… La principale concernée est l’arcane de l’Empereur (IV), mais le hiérophant, xxxx sont également étranges. Observez la différence de netteté des textures entre les 3 cartes majeures suivantes (clic droit, « afficher l’image » pour voir en grand) :

- Comme vous le remarquerez également sur la photo qui précède, les majeures comportent des irrégularités dans l’utilisation des polices. La carte du Fou, par exemple, comprend une stylisation plus « floue », je pense en réalité « ombrée » (ombre du texte), que les autres cartes n’ont pas. La Haute Prêtresse et l’Empereur ont un texte « blanc », sans mise en forme, très informatique visuellement. Je pense qu’à l’usage je vais passer outre, mais au départ c’est très marquant, ça me sautait aux yeux d’une carte à l’autre. Ca me distrayait de l’image.
- En plus de problèmes esthétiques dans le bas des majeures (titres), le haut des cartes comportent également 3 gros défauts. D’abord, le motif central est coupé sur de nombreuses cartes, et on peut s’ôter facilement le doute en trouvant d’autres cartes où le motif demeure entier. Aussi, le style des chiffres romains est plein d’autres « bugs » : tantôt le motif n’est pas stylisé, il est apposé informatiquement sans ombres et sans flous, tantôt il est mis en forme. Les changements d’une carte à l’autre sont extrêmement visibles :

Par ailleurs, les bordures ne sont pas traitées également. Parfois, le côté de la carte et le haut de la carte voient l’ajout d’une texture harmonieuse et d’un fondu des couleurs. Parfois, les bordures côté et haut sont traitées indépendamment et cela donne un effet « paquet » / « empilement ». On se retrouve avec des sortes de « lignes » de démarcation claires.

Pour terminer, il y a eu cette carte terrible, celle du pendu (XII). Je me demande si MJ n’a pas également employé un fichier de travail (brouillon) au lieu de la version définitive, car laisser passer une telle erreur pour moi c’est incompréhensible. Le chiffre romain a été effacé à la main et réapposé ensuite, exactement comme un élève met du blanco (typex) pour effacer ses fautes. C’est tellement laid… je n’en revenais pas.

 
Après cette présentation technique, que retenir ?
Le Crow Tarot est le tout premier jeu d’une artiste qui a travaillé entièrement seule. Or être artiste, et être éditeur ou graphiste, ça n’est pas la même chose. Je me rappelle des heures que j’ai passé à mettre en page le jeu personnel que j’ai réalisé en 2012… la prise de tête que les photos ne soient pas toutes au même format, que les bordures ne soient pas de tailles égales, que je n’ai pas le même espace pour écrire un titre, que tout ne soit pas centré pareil… C’est long et fastidieux comme travail. C’est un métier après tout. Donc même s’il y a des erreurs qui me frappent, je me dis que cela reste attendu et compréhensible en connaissant le profil de la personne. Peut-être qu’à la longue je vais m’habituer à ces choses, et que je ne serais plus distraites du dessin à cause de ces irrégularités.
Le jeu a une magnifique énergie, la connaissance personnelle et approfondie que l’auteur a de l’oiseau en question se ressent à travers son travail. Les corbeaux sont vivants, les cartes portent clairement leur énergie et nous la délivre. Il est facile à lire, parce qu’il est clairement visuellement, et qu’il suit très bien le Rider Waite. Il est chaleureux aussi je trouve, dans ces couleurs (ce qui sera peut-être moins le cas pour la version suivante?), je l’ai trouvé positif et apaisant pour approcher des blocages. C’est une joie à prendre en main, à cause de la texture si soyeuse des cartes, un plaisir à mélanger. J’ai hâte de pouvoir me retourner d’ici un an, après avoir bien pratiqué avec lui, pour voir les richesses qu’il recèle, comment il réagit en méditation personnelle et avec les clients. Mais je n’en démords pas, malgré ses défauts, cela reste un magnifique jeu.
 

La revue en vidéo :



 

Qu’en est-il de la version grand public ?

Les photos officielles US Games nous confirment les premiers éléments de différence :
null

- Le dos a donc changé, il est sombre avec un motif géométrique / végétal, qui peut rappeler des plumes ;
- Les polices ont été modifiées et harmonisées sur les cartes, partout la même, de la même taille etc. (Je préfère néanmoins le choix de la cursive de l’originale, mais on ne peut nier que le titre en majuscule, avec leur police, ça fait très net, très propre)
- Les mineures et les majeurs auront bien partout la même couleur de bordure approximativement ;
 
Pour en voir plus, ça tombe bien, MJ a posté juste après ma review un « unboxing » (déballage) de l’édition US Games, qui a l’air réellement somptueuse ! Cela vient donner chair à nos attentes !
- Les cartes sont plus épaisses (pour ceux qui préfèrent) ;
- Une belle boîte rigide ;
- un livret blanc avec une couverture en couleur, une mini reliure brochée, et j’ai même cru voir une proposition de tirage qui n’apparaît pas dans celui de la version backers ; Les polices sont léchées, le tout est bien harmonisé ;
- Une correction des entêtes sur les majeures ! La mise en forme des chiffres romains est harmonisée, avec les mêmes ombres partout, et le même style ! Et la carte du pendu (XII) qui avait ud « blanco » laid a été corrigée. ^^’
- Elle confirme que l’Empereur (IV) avait eu un problème sur l’édition backers, et elle a retrouve le bon fichier pour la version US games! Du coup les pixels et le flou dont je me plaignais sont probablement partis (je vois mal sur la vidéo).

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